CROATIE - AUSTRALIE : 2-2
Buts : Srna (2e) et Kovac (57e) pour la Croatie - Moore (38e, sp) et Kewell (78e) pour l'Australie
Première période : La Croatie étouffée
Maladroits face au Brésil, malchanceux contre le Japon... Malgré une qualité de jeu évidente, les Croates présentaient à l'orée de la dernière journée des phases de poules un bilan négatif. Avec un seul point au compteur, ils étaient obligés de disposer des Australiens lors de la dernière journée de la phase de poule pour espérer passer le cap des poules. Dos au mur, les hommes de Kranjcar attaquaient le match par le bon bout, s'efforçant de jouer très haut afin de gêner la relance adverse et obtenaient après quelques secondes un coup franc que Srna se chargeait de transformer victorieusement (1-0, 2e).
Une formidable frappe sous la barre qui lançait les Croates sur la voie des huitièmes de finale. Après cette entame idéale, les joueurs des Balkans allaient cependant subir de plein fouet la réaction australe. Un temps abattus par l'ouverture du score, les Aussies retrouvaient bien vite leurs esprits, monopolisant le ballon tout au long de la première période. Dans le sillage de Sterjovski et de Kewell, maîtres du couloir droit, les Socceroos s'installaient dans la moitié de terrain adverse. Chaque centre se transformait en occasions. Culina (17e), Chipperfield (18e) et Cahill (29e) étaient ainsi tout près de convertir cette domination avant de trouver la faille sur penalty à la suite d'une faute de main de Tomas (1-1, 38e).
Seconde période : Kewell porte l'Australie
Virtuellement qualifiés à la pause, les Australiens laissaient aux vestiaires leur esprit offensif, cédant le contrôle du jeu aux Croates. Profitant de la torpeur qui avait gagné les rangs adverses, les hommes de Kranjcar poussaient d'entrée et trouvaient le chemin des filets à la suite d'une surréaliste faute de main de Kalac. Sur une frappe peu appuyée de Kovac, le portier australien laissait filer le ballon au fond de son but (2-1, 57e).
La peur de vaincre changeait alors de camp. Dos au mur, les Australiens repartaient du bon pied, en s'appuyant notamment sur un Kewell intraitable à la récupération et formidable organisateur. Comme lors des 45 premières minutes, les Socceroos faisaient le siège du but de Pletikosa. Les centres s'accumulaient, les frappes lointaines pleuvaient... Sur un énième service de Bresciano, Kewell, comme un symbole, crucifiait le portier adverse d'une demi-volée à bout portant (2-2, 78e). Un but historique pour l'Australie qui se hisse pour la première fois de son histoire en huitièmes de finale en Coupe du monde.
L'HOMME DU MATCH : Harry Kewell (Australie)
L'Australie n'a jamais été une nation majeure sur la planète football et pourtant les Socceroos possèdent dans leurs rangs des joueurs de niveau mondial. Harry Kewell, le milieu de terrain de Liverpool, a démontré une nouvelle fois que sa formation avait les moyens de faire déjouer les meilleurs. Présent aux quatre coins du terrain, intraitable à la récupération mais aussi dans la construction offensive, il distillait 4 frappes au but avant de d'offrir d'une demi-volée une qualification historique à son pays. Avec sa rage de vaincre, sa qualité technique et son sens du but, Kewell pourrait bel et bien faire souffrir les Italiens en huitièmes de finale.
LA DECLA : Guus Hiddink (sélectionneur de l'Australie) :
Nous avons tout vu dans ce match. C'était génial, excitant, avec beaucoup de belles actions, de belles réactions des joueurs. C'est difficile à analyser. Le score est idéal pour le suspense. On était endormis au début. On a perdu la possession de balle trop facilement dans les premières minutes, et puis le coup franc croate était magnifique. On devait égaliser, on l'a fait et à partir de là on a bien joué. En jouant comme ça, on pouvait y arriver. En seconde période, on a encore été un peu en dedans au début. On a fait entrer du sang neuf, et les joueurs ont lutté jusqu'au bout. On est très heureux, mais demain, on analysera à froid nos erreurs. On n'a malheureusement pas le temps d'aller en avion fêter ça en Australie et de revenir pour l'entraînement dans deux jours, dommage !
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Reuters























