Certes, la défaite laissera longtemps des traces. Cruelle, la séance des tirs au but perdue face à l'Italie a fait couler beaucoup de larmes sur les joues françaises. On n'oubliera évidemment pas l'image d'un Lilian Thuram pleurant comme un gosse sur la pelouse du Stade Olympique de Berlin. Mais on gardera aussi en mémoire le retour triomphal des désormais vice-champions du monde. Lundi, les Bleus, accompagnés de Djibril Cissé et de leurs compagnes, ont été accueillis comme des champions.
Par le président de la République dans un premier temps. Jacques Chirac a eu des mots de réconfort pour les battus de la veille. Et pour Zinédine Zidane. Des rumeurs avaient déjà renvoyé chez lui le capitaine des Bleus, il n'en fut rien puisque le néo-retraité était bien au palais de l'Elysée avec ses camarades. Le seul absent, Fabien Barthez, s'étant fait excuser pour des raisons familiales. Il n'a pu entendre Jacques Chirac rendre un vibrant hommage à l'équipe de France : "Ce que je veux vous dire au moment le plus intense, le plus dur peut-être de votre carrière, c'est l'admiration et l'affection de la nation toute entière, son respect aussi. "
Les larmes de Trezeguet
Pour en avoir la preuve, il a suffi de parcourir quelques hectomètres et de se rendre sur la place de la Concorde où quelques milliers de fans attendaient les Tricolores de pied ferme et sous un soleil de plomb. Du balcon de l'hôtel Crillon, là où ils avaient fêté la victoire de 2000, les joueurs de l'équipe de France se sont avancés et, chacun leur tour, ont eu le droit à une ovation mémorable. Zinédine Zidane, Franck Ribéry, Lilian Thuram, Thierry Henry, Pascal Chimbonda, tous ont reçu l'hommage de la Nation. Le plus émouvant fut sans doute celui réservé à David Trezeguet.
L'attaquant de la Juventus Turin, auteur du tir au but manqué face aux Italiens, a pourtant hésité à avancer au balcon. Thierry Henry l'a accompagné. Devant l'accueil des supporters, le héros de Rotterdam n'a pu contenir son émotion et ses larmes. "Titi" l'a pris dans ses bras et tenté de le réconforter. Des efforts vains. Même s'il assurait "garder la tête haute" à la sortie de la finale de la Coupe du monde, l'attaquant a été marqué par ce Mondial difficile. Laissé sur le banc pendant l'essentiel de la compétition, David Trezeguet a eu sa chance en finale. Malheureusement, la barre de Gigi Buffon a repoussé sa tentative. Personne ne lui en a tenu rigueur.
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