La présence de Raul sur le banc face à l'Ukraine (4-0) a fait du bruit en Espagne. Pourtant il ne marque plus, court souvent en pure perte sur le terrain et une image de perdant lui colle à la peau depuis maintenant trois ans, à l'instar du club dont il est le capitaine, le Real Madrid. Cette saison Raul a eu une excuse : une blessure au genou gauche, qui l'a tenu écarté des terrains pendant trois mois. Mais avant cette blessure, la plus grave de sa carrière, Raul n'incitait déjà pas les supporteurs du Real Madrid à beaucoup d'optimisme quant à la probabilité de le voir retrouver son meilleur niveau.
Raul Gonzalez Blanco, qui aura 29 ans le 27 juin, joue au plus haut niveau depuis qu'il a 17 ans et comme le titrait le journal sportif AS il y a quelques semaines : "Les années pèsent" . Le joueur, qui a marqué son dernier but en Liga le 26 octobre 2005 (défaite 3-1 à La Corogne), a été le premier à atteindre la barre des 50 buts en Ligue des champions. Mais il s'est ensuite fait doubler par l'Ukrainien Andrei Shevchenko. Les statistiques de Raul en Liga sont également en chute libre. Seize buts en 2002-2003, 11 en 2003-2004, 9 en 2004-2005 et 5 en 2005-2006.
"Les années pèsent"
Le joueur a une explication : "Ces dernières saisons, je suis plus loin du but et personne ne se rend compte du travail que je fais. Si tu es attaquant, tu as plus de possibilités de marquer" . Mais en cette fin de saison, avec la blessure de Ronaldo, Raul s'est retrouvé en pointe. Son inefficacité devant le but est restée toujours aussi criante. "Je ne suis pas fini, clame-t-il, et avec le temps tout rentrera dans l'ordre." Mais le temps presse alors la Coupe du monde a déjà débuté.
Le sélectionneur Luis Aragones disait début avril avoir pleine confiance en son joueur : "Je sais qui est Raul et je sais qu'il va jouer. Les statistiques, les buts et tout, suffisent pour dire que Raul est le meilleur". Aragones, surnommé le "sage", atténuait son éloge en ajoutant alors que si le match Ukraine - Espagne avait eu lieu le lendemain, Raul n'aurait pas été titulaire. Un mois plus tard, le sélectionneur a tenu parole et le N.7 a pris place sur le banc malgré ses 92 sélections et ses 42 buts (record national) en équipe d'Espagne.
Tensions avec Aragones ?
Pourtant, les joueurs le plébiscitent. "C'est une pièce maîtresse au Real Madrid et en sélection", soulignait il y a quelques semaines le défenseur Sergio Ramos, équipier de Raul au sein du club merengue et sous le maillot rouge et jaune. "En plus de l'apport de son jeu, c'est le capitaine et je suis sûr qu'il transmettra sa grande expérience". "Notre leader est Raul", renchérissait Fernando Torres, l'attaquant vedette de l'Atletico Madrid qui a finalement été choisi par Aragones pour faire la paire avec David Villa à la pointe de la "Furia" espagnole.
"Il n'y a aucun doute là-dessus, ajoute Torres. Depuis le temps qu'il joue, parce que c'est le capitaine et parce qu'il a toujours montré que quand les choses n'allaient pas et qu'arrivaient les matches importants, il était là." Aragones, friand de statistiques, n'a toutefois pas occulter celle-là : David Villa, le plus souvent remplaçant avant le Mondial, derrière Raul et Torres, a marqué 24 buts en Liga avec Valence cette saison. Soit six de plus que ses deux concurrents réunis (5 et 13) et seulement un de moins que le Pichichi Samuel Eto'o.
"Raul est notre leader"
Un statut de remplaçant que Raul semble avoir du mal à accepter. Selon les quotidiens As et Marca, l'Espagnol aurait eu une discussion "tendue" avec Luis Aragones lors de l'entraînement, samedi. "Je suis meilleur que beaucoup ne le croient", aurait-il marmonné en rentrant au vestiaire après plusieurs remarques du sélectionneur. "Durant les deux années que nous avons passées ensemble, nous avons souvent parlé. C'est normal qu'un joueur de sa qualité et son rang vienne me parler. Il a joué 40 minutes et je comprends le joueur. J'aurais fait la même chose. Nous avons une bonne relation. Je ne comprends pas que l'on cherche des malentendus", a toutefois dédramatisé Aragones.
Car, de l'avis de tous, Raul, entré en jeu à la 54e minute, a conservé un comportement exemplaire. "Je le vois égal à lui-même, témoigne Iker Casillas. C'est sûr qu'un joueur de la trempe de Raul n'est pas habitué à ne pas débuter les matches. Mais ça ne l'empêche pas de continuer à aider l'équipe. C'est un exemple". Aragones clos ainsi la polémique : "Raul est un garçon humble et je ne parlais pas une minute de plus de cela. Il fait tout son possible pour que cette équipe grandisse" . Car son expérience reste un atout majeur pour aider la jeune garde espagnole à aller le plus loin possible en Allemagne.
LES EQUIPES PROBABLES
Espagne : Casillas (cap) - Sergio Ramos, Pablo, Puyol, Pernia - Senna, Xabi Alonso, Xavi - Luis Garcia - Torres, Villa
Tunisie : Boumnijel - Trabelsi, Jaidi, Haggui, Ayari - Mnari, Bouazizi (cap), Chedli - Namouchi - Jaziri, Guemamdia
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