Chez les Smolarek, le football est une affaire de famille. Et une fierté. Vingt-quatre ans après son père Wlodzimierz, troisième du mondial espagnol avec la sélection polonaise, Euzebius Smolarek part à sont tour à la conquête de la planète. En Allemagne, son pays d'adoption (puisqu'il joue au Borussia Dortmund), le milieu de terrain va tenter de se révéler aux yeux du monde et redonner des couleurs à la Pologne, quatre ans après l'échec asiatique.
Etoile montante du football polonais, l'attaquant du Borussia Dortmund a terminé sixième buteur de la Bundesliga, avec 13 buts marqués. Le même total qu'un certain Michael Ballack. Proclamé "meilleur joueur polonais en 2005" par l'hebdomadaire spécialisé Pilka Nozna, "Ebi" Smolarek est un des atouts incontestables de la sélection nationale qui va tenter de bien réussir son entrée en lice face à l'Equateur.
Euzebiusz pour Eusebio
Nommé Euzebiusz par son père en hommage au grand Eusebio, Smoralek souhaite marcher sur les pas de son père. Ce qu'il a fait depuis sa naissance. Né le 9 janvier 1981, le milieu de terrain a quitté sa Pologne natale à l'âge de 6 ans pour suivre son père, l'un des meilleurs buteurs de l'histoire du football polonais lancé dans une carrière internationale à l'Eintracht Francfort, au FC Utrecht et au Feyenoord Rotterdam.
C'est chez les poussins néerlandais qu'Ebi a fait ses classes et commence à développer ses dons de vitesse, d'intelligence et d'endurance. Ses idoles sont Diego Maradona et... son père. "Les autres ne sont que de bons joueurs", estime-t-il. Jouissant de la double nationalité polonaise et néerlandaise, il rejette la proposition d'entrer dans la sélection des moins de 17 ans des Pays-Bas. "Mon père m'a dit que je devrais représenter la Pologne, comme lui. Je l'ai fait pour lui, par respect pour ma famille et parce que je me sens Polonais", explique-t-il.
"Un scénario de rêve"
Certains médias polonais ont regretté que d'autres Polonais d'origine n'aient pas suivi son exemple. Ainsi Miroslav Klose (Werder Brême), le meilleur buteur de la Bundesliga, né en 1978 à Opole dans le sud-ouest de la Pologne, a préféré représenter son pays d'adoption. Ebi parle le néerlandais, l'allemand et l'anglais. En polonais, il doit chercher ses mots. "J'ai toujours eu honte de ça", avoue-t-il. Le 13 février 2002, il est pour la première fois titulaire à l'occasion d'un match de la sélection face à l'Irlande du Nord, dans le cadre des préparatifs pour le Mondial asiatique.
Deux mois plus tard, une blessure l'exclut non seulement de la finale de la Coupe de l'UEFA, remportée par son club de l'époque, le Feyenoord Rotterdam, mais aussi de la participation au Mondial. Parallèlement, des tests font état de traces d'un produit dopant dans son sang, ce qui lui vaut l'exclusion pour trois mois de toute compétition. Le 14 juin, la Pologne rencontrera l'Allemagne à Dortmund. "Un match contre les Allemands dans un stade que je connais parfaitement: un scénario de rêve", se réjouit-il. "J'ai l'intention de jouer sans complexe, d'être joyeux, content de pouvoir affronter les meilleurs. Un Mondial, ça peut n'arriver qu'une fois dans la vie. Tout le monde nous regarde, pas seulement la Pologne". Et Papa Smolarek aussi.
L'ENJEU :
Logiquement, la première place du groupe A devrait revenir à l'Allemagne. Derrière la Mannschaft, la Pologne et l'Equateur seront donc certainement les deux clients principaux à la deuxième place qualificative pour les huitièmes de finale. La rencontre qui les oppose à Gelsenkirchen a donc d'ores et déjà des allures de match décisif. Etonnante durant les qualifications, la Pologne part avec les faveurs des pronostics. D'autant qu'elle joue en Allemagne presque à domicile. Cependant, la majeure partie de son collectif manque d'expérience.
Pour preuve, quatre joueurs seulement ont disputé le Mondial 2002 (Zewlakow, Bak, Krzynowek et Zurawski). L'Equateur, lui, s'appuie sur une base un peu plus expérimentée. Pour l'anecdote, les deux formations se sont rencontrées une fois lors de leur histoire : c'était en novembre 2005 et la Pologne l'avait emporté 3-0.
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