Zidane lors de France - Brésil (1998) - DPPI
 
Football > Coupe du monde

ZZ, une carrière majuscule

ZZ, une carrière majuscule

Par Maxime Dupuis
Dans cet article
Dernière mise à jour Le 28/04/2014 à 12:44 -
Par Maxime Dupuis - Le 28/04/2014 à 12:44
Même si l'affaire Materazzi a gâché sa sortie de scène, Zinédine Zidane restera comme un géant du football français et mondial. Génie du jeu et véritable enchantement pour les spectateurs, Zidane a tout gagné et porté l'équipe de France au sommet. Retour
 

Jusqu'au bout, Zidane sera resté Zinédine. De la première à la dernière seconde de sa carrière, le Marseillais aura fait étalage de son talent, de sa personnalité et de son caractère. La Coupe du monde 2006 en a offert un condensé saisissant. On ne reviendra pas sur l'épilogue, le coup de tête final ponctuant une vie footballistique majestueuse et qui méritait évidemment mieux qu'une telle sortie. Il faudra effacer Materazzi mais ne pas oublier que, pour l'ensemble de son oeuvre, Zinédine Zidane mérite une place aux côtés des plus grands footballeurs de l'histoire.

De Marseille à Berlin, Zinédine Zidane aura marqué l'histoire du football français. Arrivé à Cannes en provenance de la Castellane en janvier 1986, le futur Ballon d'Or étonne tout de suite par sa facilité technique. Gilles Rampillon, qui l'entraînera au centre de formation, remarque immédiatement que le jeunot a du ballon : "Ma première rencontre avec lui, c'était en 1987. Jean Fernandez était entraîneur et moi directeur technique. Jean Varraud me dit de venir voir un des joueurs qu'il a repéré en cadets. Je vais le superviser. Il n'avait pas été extraordinaire, mais ce que j'avais vu, déjà, c'était son toucher de balle. " Un toucher de balle couplé à une générosité et à une abnégation de tous les instants. "Il était plus talentueux que les autres, explique Jean Fernandez. Mais il travaillait aussi plus que les autres."

Zizou est né

La récompense de ce travail, elle arrive le 20 mai 1989. Celui que Rolland Courbis surnommera Zizou fait ses débuts en Division 1. Un Nantes-Cannes conclu sur le score de 1-1. Le Cannois touche alors 700 francs par mois et va rapidement taper dans l'oeil des meilleures écuries françaises. Il y a bien évidemment l'Olympique de Marseille, mais le club de coeur du futur international le laissera filer à Bordeaux. Bardé de stars, l'OM n'a pas besoin d'un jeune Zidane. Dommage pour Marseille. Tant mieux pour le Parc Lescure. De 1992 à 1996, le numéro 7 grimpe les échelons en Gironde et fait déjà preuve d'un caractère bien trempé. Victime d'une bonne mandale lors d'un Marseille-Bordeaux, Marcel Desailly pourrait en témoigner.

Ses coups d'éclat, ses coups francs et ses arabesques ne permettront pas à Bordeaux de remporter le moindre titre. Pour autant, le club girondin atteint la finale de la Coupe de l'UEFA en 1996. Battu en finale par le Bayern, Zinédine Zidane ne remportera pas tout de suite sa première coupe d'Europe. Avec ses partenaires et amis, Bixente Lizarazu et Christophe Dugarry, Zinédine Zidane a tout de même éclaté aux yeux de l'Europe entière. Amoureuse des meneurs de jeu français, la Juventus Turin s'offre celui qui est devenu international français il y a près de deux ans.

La voie est tracée

Le 17 août 1994, Zinédine Zidane a fait sa première apparition en équipe de France. Chez lui, à Bordeaux. Une première réussie. Entré alors que les Bleus étaient menés 0-2 par la République tchèque, le Marseillais marque deux fois. Une frappe monumentale du gauche et un coup de tête mettent au supplice Kouba. Zinédine Zidane ne sortira plus de cette équipe jusqu'en 2004. Avec les Bleus et Aimé Jacquet, il participe au plan de reconstruction des Bleus. La Bulgarie est passée par là et le traumatisme est grand. La France va pourtant se qualifier pour l'Euro 1996, où elle échouera en demi-finale. Sans Cantona, Ginola ni Papin. La voie vers 1998 est tracée.

Numéro 21 de la Juve, Zinédine Zidane gagne ses galons de grand joueur et arrive à la Coupe du monde en bonne forme. A la différence de 1996, ZZ n'a pas eu d'accident de voiture à l'orée de la compétition. L'apothéose est en vue. Et arrive le 12 juillet. Après un Mondial de qualité moyenne et marqué par une expulsion face à l'Arabie Saoudite, l'enfant de la Castellane met un point d'honneur à réussir sa finale. Il marque deux buts de la tête. Deux réalisations qui l'envoient au paradis et offrent à l'équipe de France sa première Coupe du monde. Devenu une icone, il remporte le Ballon d'Or. La suite est encore plus belle. L'Euro 2000 est son chef d'oeuvre. Zidane est sur un nuage et éclabousse la planète. La victoire finale est au bout d'une folle nuit à Rotterdam. Exceptionnel.

Enfin la C1 !

En club, les succès succèdent aux succès. Malheureusement, la Ligue des Champions se refuse au champion. Deux finales perdues avec la Juve (1997, 1998) et le Turinois cède aux sirènes du club le plus prestigieux de la planète, le Real Madrid. Acheté pour 500 millions de francs - un record - le Français rejoint Figo, Raul et compagnie. L'armada fait peur. Et va décrocher la C1 à la fin de la saison 2001/2002 grâce à une volée du gauche de Zizou. Le Bayern Leverkusen est à terre (2-1). Zidane au sommet. Avec cette Ligue des Champions, le meneur des Bleus a tout gagné.

C'est son dernier grand titre puisque, mis à part une deuxième Coupe intercontinentale et une Liga, aucune autre victoire supranationale ne garnira plus son palmarès. La Mondial 2002, quasiment terminé avant même d'avoir commencé, est cauchemardesque. La faute à une blessure à la cuisse contractée face à la Corée du Sud en match amical. ZZ ne jouera qu'un match, face au Danemark (0-2). La France est éliminée au premier tour. L'Euro 2004 n'est guère plus convaincant malgré un premier match incroyable face à l'Angleterre. Menée au score à la fin du temps réglementaire, la France profite de deux coups de patte de Zidane pour s'imposer (2-1). La suite est plus triste. Sorti par la Grèce en quarts (0-1), Zizou quitte les Bleus. Fatigué.

Il reviendra un an après. Avec la réussite que l'on connait. Avec ses compères Makelele et Thuram, il envoie la France en Allemagne. Il la propulsera même en finale de la Coupe du monde. Mais là, après un penalty transformé d'une Panenka déjà historique, on préfère oublier la fin. Et rester sur des images bien plus heureuses. "L'immensité de l'oeuvre de Zizou : son arrivée en équipe de France à Bordeaux, et 1998 avec deux buts et la Coupe du monde." Aimé Jacquet a retenu ces deux moments. Majestueux. Comme Zidane.

 
  commentaire(s)
Ajoutez le vôtre !
  commentaire(s)
Ajoutez le vôtre !
 
×