HRISTO STOICHKOV, que représente pour vous ce Ballon d'Or décerné à Ronaldinho ?
H.S. : Tout le monde est content de voir un tel joueur remporter un trophée aussi important. Aujourd'hui, c'est le numéro 1. C'est un cadeau incroyable. Ronaldinho a été ému de le recevoir parce qu'il a vu les gens qu'il y avait dans le public : que des cracks, l'histoire du football, qui ont tous remporté le Ballon d'Or et qui se sont levés pour l'applaudir... c'est peut-être mieux que lorsque les 100 000 personnes du Camp Nou t'applaudissent. C'est une famille. Il a craqué devant la pression.
Comment expliquez-vous son éclosion fulgurante ?
H.S. : Ronaldinho joue à un tel niveau grâce au président du Barça qui l'a recruté, grâce à Frank Rijkaard qui le fait jouer et grâce à toutes les personnes qui ont fait en sorte qu'il fasse aujourd'hui partie de notre maison. Le Barça est un plus qu'un club, c'est une maison de champions. On a eu dans nos rangs des joueurs comme Luis Suarez, Johan Cruyff ou Rivaldo. Aujourd'hui, c'est au tour de Ronaldinho. Et j'en suis très heureux car il rend Barcelone beaucoup plus fort.
Le fait qu'il évolue à Barcelone l'a donc aidé à remporter ce trophée ?
H.S. : Je ne pense pas qu'il y ait d'autres clubs dans le monde à avoir autant de joueurs qui aient gagné le Ballon d'Or (la Juventus en a gagné huit, ndlr). Combien en a gagné le Barça ? Cinq ou Six ? Si on en compte ceux de Ronaldo et de Figo qui avaient joué la moitié de l'année à Barcelone (avant de partir à l'Inter Milan et au Real Madrid, ndlr), ce sont aussi nos Ballons d'Or. Donc, vous voyez, ça fait beaucoup !
Aujourd'hui, est-il est vraiment le meilleur joueur du monde ?
H.S. : S'il a gagné le Ballon d'Or, c'est qu'il est un crack ! C'est un joueur de niveau mondial. Aujourd'hui, il n'y en a qu'un qui sache faire autant de choses sur un terrain et qui procurer autant de plaisir à tant de personnes, non ? Il était en concurrence avec de grands joueurs comme Shevchenko ou Lampard. Mais il y a un peu qui suscitent autant de passion que Ronaldinho. Pour gagner le Ballon d'Or, il faut bien jouer en sélection mais aussi être très bon en club. Cette année, Ronaldinho a réussi des choses incroyables avec le Brésil et avec Barcelone. Honnêtement, qui est meilleur que lui aujourd'hui ?
Ronaldinho peut-il gagner d'autres Ballons d'Or ?
H.S. : Bien sûr qu'il le peut. Il est très jeune. Nous autres, nous avions gagné le Ballon d'Or vers la fin de notre carrière. Ronaldinho, lui, a encore tout le temps pour jouer, s'amuser et rendre beaucoup de gens heureux. Quand je jouais encore, il était très jeune. C'est dommage qu'on n'ait pas pu jouer ensemble.
Qu'aviez-vous ressenti en recevant votre Ballon d'Or en 1994 ?
H.S. : C'est mon meilleur souvenir, sans aucun doute. J'avais gagné avec un gros avantage sur le deuxième (74 points sur Roberto Baggio et 101 sur Paolo Maldini, ndlr). Pour moi, ça a été un très grand honneur. D'abord, parce que j'étais bulgare et que je jouais pour Barcelone. Je l'ai considéré comme une récompense après tant d'années de travail et de sacrifices. C'était une référence par rapport à tous ceux qui avaient déjà reçu ce trophée. J'y suis arrivé grâce à l'aide de tous mes coéquipiers et tous mes entraîneurs. Pour moi, 1994 restera une année inoubliable.
Avec Ronaldinho, le Barça est-il meilleur aujourd'hui que la "Dream Team" que vous formiez au début des années 90 ?
H.S. : Moi, je n'aime pas comparer. Le temps le dira. Mais cette équipe peut sûrement faire de grandes choses. Je crois en cette équipe et dans ce projet. Le Barça a un grand entraîneur. Cette saison sera une saison magnifique au cours de laquelle Barcelone peut gagner la Ligue des Champions. Si cette équipe peut faire aussi bien que nous (victoire 1-0 face à la Sampdoria en 1992 et défaite 0-4 en finale face au Milan AC en 1994, ndlr), elle est la bienvenue.

























