SLAVEN BILIC, cette victoire est-elle plus grande que celle sur l'Angleterre à Wembley?
S.B. : "Oui. Wembley est un endroit spécial. Mais c'était du tout ou rien pour les Anglais, pas pour nous. On avait notre ticket (pour l'Euro) dans la poche depuis trois jours. C'est bien plus grand."
Peut-on comparer cette équipe à celle qui avait terminé 3e du Mondial-1998 et y avait déjà battu l'Allemagne?
S.B. : "Il y a des similarités. D'abord, nous sommes Croates. Même si on n'est pas la seule équipe animée de ce patriotisme, on a un lien très fort avec nos supporteurs. C'était vrai en 1998, ça l'est encore maintenant. Beaucoup disent que l'équipe d'il y a dix ans était la plus technique de l'histoire du football croate avec Asanovic, Boban. Mais nous avons Modric, Srna. Les deux équipes savent aussi être dures, avec des professionnels de haut niveau qui apportent chacun quelque chose individuellement."
Après ce match, peut-on compter l'Allemagne parmi les favoris?
S.B. : "On a bien joué. C'est d'ailleurs la seule manière de battre les Allemands, qui restent parmi les favoris. Tu ne peux pas leur laisser d'espace, nulle part. On l'a bien fait, en les bloquant notamment sur les côtés. On savait où ils étaient dangereux. Mais nous, on été dangereux tout le temps, même à 1-0, même à 2-0. Et quand ils prenaient le dessus, notre défense restait forte. Et quand elle faillissait, il y avait Pletikosa."
N'êtes-vous pas surpris par votre grand nombre d'occasions?
S.B. : "Non. On a été en mouvement en permanence. Quand on parvient à jouer comme ça, on est toujours dangereux. Contre n'importe qui."
Luka Modric a été étincelant. Ce tournoi peut-il faire de lui une star?
S.B. : "Luka est déjà une star. Même sans ce tournoi. Je ne cesse de lui dire qu'il est le meilleur joueur en Europe. Mais il n'est pas le seul grand joueur. Nous avons des joueurs de classe mondiale à tous les postes."
Sur la touche, vous avez été expansif...
S.B. : "Les Croates sont des gens très émotifs. Même si on voulait changer, on ne pourrait pas. Mais on ne veut pas. Des entraîneurs restent pensifs sur leur banc, d'autres restent debout, figés. Et il y a des bancs plus vivants. J'aime participer à un match en étant aussi près que possible du terrain."
Avez-vous été aiguillonnés par les critiques après votre match médiocre face aux Autrichiens?
S.B. : "Non. On est assez grand pour ne pas s'enflammer. Mais on ne va pas non plus douter de nous après une mauvaise performance."



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