A en croire la moue de Raymond Domenech, il aurait sans doute aimé éviter de croiser à nouveau la route de l'Italie que la France a affrontée à trois reprises depuis un an et demi. Depuis la finale du Mondial 2006, les deux pays ne se quittent plus. Alors que le coup de poignard de David Trezeguet en finale de l'édition 2000 est encore dans toutes les mémoires, la rivalité a été alimentée par la double confrontation lors des éliminatoires (victoire de la France 3-1 au Stade de France, 0-0 à Milan) émaillée de nombreuses polémiques. Cette rencontre France-Italie sera le dernier match des deux équipes au premier tour et pourrait donc être décisive dans l'optique de la qualification pour les quarts de finale.
L'Italie pour finir
Mais, tombés dans le chapeau 4, les Bleus ont logiquement hérité du groupe le plus relevé. Car il faudra également compter avec les Pays-Bas, tête de série, et leur jeune classe talentueuse emmenée par les van Persie, Sneijder, van der Vaart. D'autres retrouvailles en perspective face aux Néerlandais que l'équipe de France avait déjà affrontés lors du dernier match de la phase de poules de l'Euro 2000. Autant dire que les hommes de Domenech ne devront pas rater leur entrée en lice face à la Roumanie. Des débuts a priori en douceur mais les Roumains, qu'ils croiseront en qualifications pour le Mondial 2010, ont obtenu leur billet aisément pour l'Euro. Cette rencontre ne sera donc pas une formalité pour la France...
Dans les autres groupes, le Portugal, finaliste de la dernière édition et l'un des grands favoris de l'épreuve, devra se méfier des Tchèques, demi-finalistes en 2004, et surtout des Suisses, organisateurs et qui pourront compter sur le soutien de leur public (groupe A). La Turquie ne sera pas non plus une équipe à négliger. Le match Suisse-Turquie sentira d'ailleurs forcément le souffre après les graves incidents de novembre 2005 à Istanbul, lors d'un match de barrage des qualifications pour le Mondial 2006, et la bagarre générale qui avait émaillé la fin du match. Dans le groupe B, l'Allemagne a été plutôt ménagée avec l'Autriche, encore en pleine reconstruction malgré son statut d'organisateur et de tête de série, la Pologne et la Croatie. Enfin, le tenant du titre grec et l'Espagne devraient passer sans souci l'écueil du groupe D.
COMPOSITION DES GROUPES :
. Groupe A : Suisse, République tchèque, Portugal, Turquie
. Groupe B : Autriche, Croatie, Allemagne, Pologne
. Groupe C : Pays-Bas, Italie, Roumanie, France
. Groupe D : Grèce, Suède, Espagne, Russie
LES REACTIONS :
Jean-Pierre Escalettes (président de la FFF) : "Naturellement, tout le monde va d'abord parler d'un groupe de la mort, mais les 12 autres équipes qualifiées seront également très motivées. De ce point de vue, il n'est donc pas si important de jouer au 1er tour contre tel ou tel. C'est un tirage au sort, il en résulte ce qui en a résulté. Nous restons dans la continuité. Nous avons disputé la finale du Mondial 2006 contre l'Italie et elle a été notre adversaire en qualifications de l'Euro, tandis que pour la qualification au Mondial en Afrique du Sud nous retrouverons la Roumanie".
Marco Van Basten (sélectionneur des Pays-Bas) : "C'est lourd! Appelez ce groupe comme vous le voulez... J'entends parler de groupe de la mort. Concrètement, c'est effectivement le groupe le plus difficile de cet Euro. Nous retrouvons les Roumains qui nous ont posé de gros problèmes en qualifications. Il faudra mouiller le maillot pour battre cette équipe-là. Nous débutons face à l'Italie avant de croiser la France: nous savons à quoi nous attendre... La bonne nouvelle, c'est que ce tirage nous permet de jouer en Suisse alors que nous avions programmé notre camp de base près de Lausanne. C'est très bien. En février, nous avions programmé un match amical face à l'Italie. Il faudra reconsidérer cela et trouver un autre adversaire au style comparable.
Roberto Donadoni (sélectionneur de l'Italie) : "Ce n'était pas facile de se qualifier pour cet Euro et maintenant... J'avais ce pressentiment, je ne sais pas si c'est positif ou négatif pour la suite."
Victor Piturca (sélectionneur de la Roumanie) : "C'est un groupe facile (éclats de rires dans les rangs de la presse)... (Plus sérieux) Ca va nous permettre d'engranger de l'expérience. Et puis, après tout, pourquoi ne pourrions nous pas faire partie des deux qualifiés dans ce groupe."
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