Toujours outsider, sinon favorite, jamais placée et encore moins gagnante. Ainsi pourrait-on résumer l'histoire de l'Espagne dans les compétitions internationales depuis son titre de championne d'Europe en 1964. Le seul jamais remportée par la Seleccion, souvent voire toujours brillante en qualifications, mais incapable de confirmer en phase finale. Pendant que les clubs de la péninsule ibérique trustaient les coupes européennes, l'équipe nationale enchaînait les désillusions. La dernière en date ? Un huitième de finale perdu face à la France lors de la Coupe du monde 2006 (3-1). Forte d'un premier tour bien réussi, l'Espagne se voyait déjà "envoyer Zinédine Zidane à la retraite", comme l'annonçait les médias espagnols le matin du match. C'est finalement l'Italien Marco Materazzi qui s'est chargé de la mission.
Coïncidence ou pas, les Ibériques n'ont rarement été aussi discrets qu'à l'entame de cet Euro 2008. Pas de discours fracassant, ils ont décidé de la jouer modeste. Enfin, si on peut dire. Car le génial Luis Aragones, qui s'était déjà fendu d'une sortie haute en couleur il y a deux ans avant Espagne-France, a une nouvelle fois fait parler de lui en écartant Raùl et Guti de son équipe. Personne n'imaginait la Seleccion se passer des services du meilleur joueur de la Liga et de son meilleur passeur pour aller à l'Euro. Sauf son sélectionneur, malgré les critiques de la presse espagnole qui a fait tout ce qui était en son pouvoir pour le faire changer d'avis. En vain.
16 matches sans défaite
Il est cependant difficile de donner tort à Aragones, fort d'un joli bilan avant ce premier rendez-vous austro-suisse face à la Russie. L'Espagne reste en effet sur 16 matches consécutifs sans défaite, une série au cours de laquelle elle a signé pas moins de 14 victoires. Le tout sans Guti et Raùl... Le sélectionneur espagnol a préféré se baser sur un effectif très jeune (26 ans de moyenne d'âge), mais pas forcément inexpérimenté puisque la majorité de ses titulaires étaient déjà de la campagne allemande en 2006. Avant de tomber face à la France, son équipe avait brillé par sa qualité de jeu.
Avec des créateurs comme Iniesta, Xavi, Fabregas ou David Silva, et des finisseurs comme Fernando Torres ou David Villa, elle a peut-être un potentiel encore plus important dans un secteur offensif qui avait déjà prouvé sa valeur. Aragones sait qu'il n'a aucun souci à se faire en attaque. Mais il sait aussi qu'elle ne suffira pas à emmener son équipe jusqu'au sacre. "On doit mieux défendre. Cela ne veut pas dire qu'il faut reculer, mais que le repli doit être plus rapide. Chaque défenseur doit être vigilant et nous devrons repartir le plus vite possible vers le but adverse. De toute façon, nous ne savons pas jouer autrement" , affirme le sélectionneur espagnol. Qui devra cependant apporter une touche supplémentaire à sa formation. Capable de bien jouer, elle doit désormais gagner. C'est du moins ce que tout un peuple attend depuis 44 ans...



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