Victor Piturca a jeté un pavé dans la mare. Lundi soir en conférence de presse, l'air de ne pas y toucher, le sélectionneur roumain s'est payé les Bleus. "La France n'est plus au même niveau qu'auparavant. Elle a certes de l'expérience et de bons joueurs, mais certains commencent à vieillir." Tout heureux d'avoir tenu en respect l'équipe de France, l'ancien joueur de Lens - où il avait fini sa carrière - pouvait fanfaronner. Il a cependant soulevé un point crucial lié à l'état physique des hommes de Raymond Domenech. A l'heure qu'il est, ceux-ci ne sont globalement pas encore prêts à en découdre face aux meilleures nations du continent. Mais ce n'est pas une question d'âge.
Lundi soir, les vétérans Claude Makelele et Lilian Thuram n'ont pas paru les plus à la traîne sur le plan physique. Il serait d'ailleurs malaisé de pointer un joueur en particulier tant la performance collective a été décevante. Comme le dit William Gallas, les Bleus ont joué avec "le frein à main" en raison des "consignes". Mais pas seulement. Jamais ils n'ont été en mesure de donner le coup de rein qui aurait déstabilisé le bloc roumain. Rapidement, le souffle a été court. Willy Sagnol le reconnait volontiers : "Comme tout le monde, j'ai ressenti un petit manque d'air au bout de vingt minutes." Ces Tricolores-là n'avaient pas un grand match dans les jambes. Une évidence que tente pourtant de nier Eric Abidal. Mardi en conférence de presse, le défenseur barcelonais a balayé cette hypothèse du revers de la main. "Emoussés ? Je ne vois pas pourquoi on ne serait pas prêt. Sinon, on a rien à faire là."
Les "coiffeurs" rassurent
A deux pas de là et quelques minutes plus tard, William Gallas disait, en substance, le contraire et abondait dans le sens de Willy Sagnol. Le joueur d'Arsenal a jugé n'être qu'à "80%" de son potentiel physique habituel. N'ayant joué qu'un match (ndlr : contre la Colombie) entre sa fin de saison avec Arsenal et l'ouverture de l'Euro face à la Roumanie, l'ancien Marseillais n'est pas encore au top et ne veut pas se prononcer sur la préparation physique des Bleus. Pas encore. "Je pourrai répondre à cette question après l'Italie. Si on est qualifié ou pas..." La jurisprudence de 2006 reste en vigueur. En Allemagne, l'équipe de France avait été programmée par Robert Duverne pour donner le meilleur d'elle-même sur le long terme. Elle était montée petit à petit en puissance et avait réussi son premier match plein en huitièmes de finale face à l'Espagne (3-1).
Deux ans plus tard, l'équipe de France ne peut pas s'offrir le luxe d'attendre son quatrième match pour briller. En Suisse, ce ne sont pas la Corée du Sud et le Togo qui pointent à l'horizon. La suite de la compétition, c'est l'Italie et surtout un rendez-vous primordial face aux Pays-Bas, vendredi. Cette fois, les Bleus joueront en soirée et ne souffriront pas, comme ils l'ont laissé entendre lundi, des premières chaleurs suisses. Mais seront-ils au point ? Ou tout du moins un peu mieux dans leurs baskets ? William Gallas en est persuadé : "On verra bien mais je vais monter en puissance. Lundi, j'étais bien mais je peux être encore mieux. J'ai encore quelques jours pour me préparer." Même chose pour ses partenaires et notamment la paire Henry-Vieira, qui a participé au match des "coiffeurs" face à une sélection de jeunes de Neuchâtel Xamas et Fribourg. Les deux hommes ont disputé l'intégralité de la partie (quarante-cinq minutes). Vendredi, ils seront peut-être sur la pelouse de Berne pour donner un coup de main aux copains. Ils seront les bienvenus.



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