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Football - Euro 2008

Le champion au tapis

Battue par la Russie (0-1) pour son deuxième match de la compétition, la Grèce est déjà éliminée de l'Euro 2008. Avec deux défaites lors des deux premiers matches, le champion en titre tombe de haut et va rentrer à la maison tête basse. Les Russes joueron

 
Le champion au tapis - Football - Euro 2008AFP
 

GRÈCE - RUSSIE : 0-1
But : Zyryanov (32e)

Finalement, Otto Rehhagel, le guide de la Grèce, n'avait pas tort lorsque ce dernier s'obstinait à dire qu'il ne pouvait pas jouer autrement qu'avec le même état d'esprit et le même schéma tactique que celui employé lors du dernier championnat d'Europe. D'abord, parce que celui-ci avait fait des merveilles, écoeurant au passage une grande partie du monde du ballon rond. Ensuite parce que selon le même homme, la Grèce n'avait pas les moyens de jouer autrement. Comprenez par là, pas les joueurs ou le talent suffisant pour se permettre ce genre de luxe. Le scénario du match livré par les Hellènes face à la Russie (0-1) aura finalement donné raison au sélectionneur allemand.

En effet, sur la pelouse du Wals-Slezenheim Stadion, le spectacle proposé par le tenant du titre était loin de la pseudo-fièvre que l'on était en droit d'attendre d'un samedi soir d'Euro. Pourtant, après avoir fait le forcing auprès de leur coach pour jouer plus offensif, quitter un schéma de jeu rigide et opter pour un 4-3-3 audacieux, les Grecs semblaient emprunts d'une bonne volonté. Un état d'esprit matérialisé par des montées régulières de Torosidis, actif sur son flanc gauche, la générosité d'Amanatidis, toujours prêt à aller au combat, de Charisteas également, pas toujours à la fête dans son rôle d'ailier droit mais toujours aussi important dans l'équilibre collectif de son équipe.

L'audace grecque n'a pas suffi

De l'envie, de l'envie, de l'envie. Oui, mais tout cela ne pèse finalement pas bien lourd lorsque vous n'avez pas l'habitude de monter aussi haut, de combiner autant, bref, de déployer un jeu collectif aux résonnances offensives intéressantes. Cela, les Grecs vont le faire par séquences, tutoyant de très près le parfait comme sur une frappe de Basinas dans la surface (55e), le très dangereux surtout sur des essais de Charisteas, étrangement seul dans le rectangle de vérité (47e) ou de Karagounis des vingt-cinq mètres (53e). Suffisante pour tordre le coup à l'étiquette de formation ultra-défensive qui lui colle désormais à la peau, toute cette débauche d'énergie se révèle peu efficace en faveur de la sélection grecque au tableau d'affichage. En effet, le scoreboard du stade a, depuis la demi-heure de jeu, déjà affiché en gras la vérité de la soirée. Un avantage mérité pour les Russes, définitif d'ailleurs, Zyryanov venant sanctionner de près avec la complicité de Semak une mauvaise appréciation de Nikopolidis (32e, 0-1).

Les dés étaient donc déjà pipés pour les champions d'Europe 2004. Au grand dam d'Otto Rehhagel, qui aura finalement eu raison sur toute la ligne. Certes, ce dernier pourra affirmer en conférence de presse que sa sélection a été privée d'un but (Charisteas, 87e) pour une position de hors-jeu de Gekas. Il dira également que la chance n'était pas vraiment avec sa petite troupe lorsque Semshov balbutia son football et manqua de scorer contre son camp (21e). Il ne parlera peut-être pas en revanche du paquet de situations favorables manquées par la bande à Pavlyuchenko... lui-même d'ailleurs (35, 48e, 49e, 73e, 90e+1) quand ce dernier n'a pas joué les passeurs presque décisifs pour Bilyaletdinov (58e).

De quoi satisfaire Guus Hiddink, passablement remonté après la défaite des siens face à l'Espagne. Si tout n'a pas toujours été parfait, si son équipe n'a pas su concrétiser toutes les opportunités qu'elle a eues et si elle n'a pas toujours affiché un rythme et une domination constante dans ce match, voilà la Russie encore en course pour les quarts de finale. Une victoire face à la Suède et le tour serait joué, ce qui promet une dernière journée d'enfer pour les deux pensionnaires du groupe D. La Grèce, elle, figure de proue d'une Olympe désormais déchue, n'aura le droit d'assister à cette explication de texte... qu'en tant que spectatrice. Samedi soir, le champion sortant n'a pas perdu que son rôle d'acteur. Il a également vu voler en éclats bon nombre de ces convictions acquises lors du dernier championnat d'Europe. L'heure de la remise en question a sonné et des changements s'imposent. Ceux-là même que jugeaient impossibles Otto Rehhagel quelques heures plus tôt.

LA DECLA : Otto Rehhagel (Sélectionneur de la Grèce)

"C'était un match très engagé et nous avons mieux joué que contre la Suède. Mais malheureusement, et ce n'est pas nouveau, on ne marque pas de but. Nous sommes évidemment venus pour obtenir un meilleur résultat. Mais nous sommes dans le groupe de l'Espagne et de la Suède. Nous savions que ce serait dur. Mais nous avons participé à ce tournoi. Et nous ne serons pas les seuls à sortir dès la phase de poules. La France et l'Italie pourraient ne pas être des quarts de finale. En 2004, un miracle s'est passé. Un miracle se répète peut-être tous les 30 ans, pas plus. C'est pour ça que cela s'appelle un miracle."

 
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1 Commentaires
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  • 1.
    chelskiC'est peut-etre une equipe de m****, mais ils sont champions d'Europe!Le 15/06/2008 à 01:07
     
     
     
 
 
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