Il y a de la revanche dans l'air. En demi-finale de l'Euro, la Russie retrouve l'Espagne pour un remake de son premier match de la compétition. La Roja n'avait alors pas fait de détail. Un terrible 4 à 1 infligé à la sélection russe littéralement dépassée par la vitesse du jeu espagnol et le réalisme de David Villa, auteur d'un triplé... Aujourd'hui pourtant, la rencontre disputée sur la pelouse du Stadion Tivoli Neu le 10 juin dernier semble être d'un autre siècle. Depuis, l'Espagne a baissé un peu de rythme. Et à l'inverse, les hommes de Guus Hiddink sont montés en puissance jusqu'à séduire l'Europe.
Un homme est d'ailleurs à l'origine de cette éclosion. Un homme qui avait manqué le premier match. Tout le monde l'aura reconnu. Il s'agit d'Andrei Arshavin. Suspendu lors des deux premières parties du tournoi, la pépite de Saint-Pétersbourg a transformé la formation russe. En deux matches, le numéro 10 a éclaboussé de toute sa classe la compétition. Ses accélérations, sa conduite de balle et son sens du collectif ont donné une autre dimension à son équipe et le tournis à la Suède (2-0) puis aux Pays-Bas. (1-3 a.p.).
Les Espagnols le savent bien : le petit magicien russe (1,73 m, 70 kg), auteur de deux buts et une passe en juste deux petits matches, sera à surveiller. Pour eux, Arshavin, qui a avoué son désir de rejoindre la Liga et plus exactement la Barça, sera tout simplement la cible à abattre. "Il n'y a pas besoin de s'éterniser dessus, il faudra juste être très, très prudent face à lui", explique Senna, qui l'a rencontré cette année avec Villarreal. Mais Arshavin n'est pas tout seul. Si l'absence de Denis Kolodin (suspendu) pourrait peser en défense, la Russie a des talents à revendre. Sur son côté gauche, Yuri Zhirkov peut faire des ravages avec son activité débordante. Sergei Semak fait figure de chef d'orchestre du milieu de terrain de la sélection. Et Roman Pavlyuchenko se montre désormais redoutable devant le but.
Et surtout, Guus Hiddink, "faiseur de miracle", sera encore sur le banc. Lui qui connait bien l'Espagne pour y avoir exercé sa science à trois reprises (Valence de 1991 à 1993, Real Madrid de 1998 à février 1999 et au Betis Séville de février à mai 2000). Luis Aragones se veut prudent : "Physiquement, la Russie, c'est l'équipe la plus forte des demi-finalistes. Nous devrons faire en sorte de les empêcher de jouer et de développer leurs contre-attaques. Il faudra les presser et réduire les espaces ". Et d'ajouter: "Surprendre Guus Hiddink ne sera pas chose aisée. " Surtout que le sélectionneur turc a déjà pris tous les renseignements nécessaires lors du premier match...





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