Football - Euro 2008
21/06/2008 - 08:30Hiddink, prophète en ses pays

Guus Hiddink, l'entraîneur néerlandais de l'équipe de Russie s'apprête à affronter son pays d'origine en quart de finale de l'Euro 2008. Un cas de figure qui ne perturbe pas le technicien batave, véritable héros au sein des équipes nationales qu'il a diri
Guus Hiddink réfute l'appellation de mercenaire. Il préfère les termes d'aventurier, de voyageur. De même, il assure n'être ni un gourou, ni un sorcier. Pourtant, à bien y regarder, le parcours du Néerlandais est plutôt atypique. Joueur modeste, il ne quitta jamais le championnat des Pays-Bas, voyageant simplement de De Graafschap à Nimègue en passant par le PSV Eindhoven. C'est dans ce dernier club qu'il va débuter sa carrière d'entraîneur. D'abord adjoint, il prend la destinée du grand rival de l'Ajax en 1986. Les résultats ne tardent pas puisque deux ans plus tard, Hiddink brandit la Coupe des Champions ! Même si la finale face au Benfica se joue aux tirs aux buts, le "style Hiddink" est déjà bien défini. Un style qui se caractérise par un jeu souvent offensif, parfois inspiré, toujours physique.
Pourtant, au-delà de la science tactique du Batave, ce sont bien ses dons de meneur d'hommes qui forcent l'admiration. "Avec lui on se sent invincibles", avait dit un jour l'ancien international néerlandais Philipp Cocu. C'est dans le cadre des ses rendez-vous avec les équipes nationales que sa réputation de faiseur de miracles va trouver ses origines. Après des expériences en club en Turquie (Fenerbahçe) et en Espagne (Valence, Real Madrid, Betis Séville), la carrière de Guus Hiddink prend un tournant décisif quand il accepte la mission de guider la Corée du Sud lors de sa Coupe du Monde en 2002. A la surprise générale, Hiddink va faire preuve de remarquables facultés d'adaptation en amenant ses joueurs coréens jusqu'en demi-finale du Mondial.
L'arme slave
De retour au pays après ce succès inattendu, Hiddink s'assoit de nouveau sur le banc de touche du PSV mais la tentation des sirènes de l'étranger est trop forte. Homme de défis, il relève celui de coacher la sélection australienne. Là encore, le challenge est élevé mais il sera récompensé par une qualification historique des "Socceros" pour la Coupe du monde 2006 suivie d'une percée jusqu'en huitième de finale. Pour Roman Abramovitch, le boss de Chelsea, il ne fait aucun doute que Guus Hiddink est l'homme de la situation pour sortir la Russie de l'ornière. Le multimilliardaire moscovite va user de son influence et de son argent pour faire venir le Néerlandais au chevet de la Mère Patrie. Et le miracle a de nouveau lieu.
Qualifiée in extremis grâce à une victoire poussive sur Andorre (1-0), conjuguée avec le succès inespéré des Croates chez les Anglais (2-3), la Russie a retrouvé tout son allant sous la direction de Hiddink. Au point que ce dernier est désormais considéré comme une icône sur la Place Rouge où son portrait fleurit sur de nombreuses affiches publicitaires. Le Néerlandais ne s'enflamme pas pour autant. "Ma priorité avec cette équipe a été de redonner confiance aux joueurs. En Corée, j'avais eu plus de temps pour travailler en profondeur et en Australie les joueurs étaient plus expérimentés. Ici, il y a la qualité mais le mental est à construire", juge Hiddink. "Je suis vraiment soufflé par les progrès si rapides d'une équipe qui a été construite récemment. Mes joueurs sont impressionnants par leur capacité à écouter, et à comprendre. Ils ont aussi beaucoup de qualités de vitesse et de créativité".
Dans la foulée du Zénith Saint-Pétersbourg, vainqueur de la Coupe UEFA, et de son joyau Arshavin, la Russie redécouvre l'ambition. Les Pays-Bas, patrie de Guus Hiddink, peuvent-ils stopper la formation coachée par l'expatrié ? "Cela va être un match spécial pour moi, déclare l'intéressé. "Je connais tout le monde là-bas, l'entraîneur, les joueurs. Ce qui me réjouit le plus, c'est de voir deux équipes comme ça s'affronter. Il faut s'attendre à un grand match". Et à une victoire ? Même s'il est un grand voyageur, il y a fort à parier que Guus Hiddink aimerait ne pas refaire ses valises dès samedi.















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