1964 - 2008. Entre ces deux dates, le néant. Ou presque. Depuis quarante-quatre ans, l'Espagne attend un deuxième titre majeur et est allée de désillusions en désillusions, malgré une finale disputée et perdue en 1984. Souvent attendue, jamais gagnante, la Furia Roja a toujours été décrite comme une sélection talentueuse mais mentalement défaillante. Jusqu'à cette année où la bande de Luis Aragones a enfin réussi à tirer son épingle du jeu. Dimanche, elle tentera de concrétiser un parcours accompli par un sacre viennois. Il faudra se débarrasser de l'éternelle Allemagne. Loin d'être une sinécure.
Néanmoins, les Espagnols ont les moyens de décrocher leur deuxième sacre continental. Depuis son entrée en lice, l'Espagne survole les obstacles avec aisance. Lorsqu'elle est accrochée, comme ce fut le cas face à Italie, elle sait trouver les ressources mentales pour s'en sortir. Si bien que tout un pays est désormais persuadé que l'Allemagne ne pèsera pas lourd. "Luis a construit un groupe très fort, uni, se réjouit Fernando Torres. Quand un joueur vient à manquer, le niveau ne baisse pas. C'est le secret de cette sélection." Le joueur de Liverpool n'a pas tort. Face à la Russie, quand David Villa a quitté ses partenaires, l'Espagne n'a pas baissé de pied. Mieux, elle a passé trois buts aux hommes d'Hiddink.
Il faudra en faire autant dimanche puisque Villa, meilleur buteur de l'Euro (4 buts), est forfait pour la lutte finale. Cesc Fabregas, qui l'avait suppléé au bout de trente-cinq minutes contre la Russie, devrait être reconduit dans l'entrejeu. La Furia Roja évoluerait donc en 4-5-1 avec Fernando Torres en seul attaquant de pointe. Pour le reste, Luis Aragones devrait faire confiance à ses titulaires habituels et laisser Daniel Güiza, meilleur buteur de la Liga, sur le banc. S'il entre en jeu, le Majorquin sera doublement concerné par l'enjeu. Avant la compétition, il avait promis à sa compagne de l'épouser s'il remportait l'Euro. Comme l'Espagne, la demoiselle croise les doigts.





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