Football - Ligue Europa
09/03/2010 - 12:38Parle à ma main

Vingt ans après, Vata Garcia n'en démord pas et nie en bloc. L’Angolais, ex-joueur du Benfica Lisbonne, certifie que ce n’est pas de la main qu’il a marqué en demi-finale de la Coupe des champions face à Marseille. Les retrouvailles entre les deux clubs ont lieu ce soir, en 8e de la Ligue Europa.
C'est un temps que les moins de vingt ans peuvent ne pas connaître. Le 18 avril 1990, Benfica élimine Marseille en demi-finale de la Coupe des Champions. On joue la 83e minute et Marseille est toujours qualifié grâce à son succès au match aller (2-1). Mais sur un corner portugais, Vata surgit et marque (1-0). De la main, pour les Phocéens et toute la France qui crie au scandale. De l'épaule pour le joueur qui verra là résumée en une action toute sa carrière. La suite ? Pour Benfica, une défaite en finale face au Milan AC (1-0). Pour l'OM, une frustration immense. Bernard Tapie dira d'ailleurs: "Ce soir j'ai compris que le football ne se gagnait pas seulement sur le terrain".
Vingt ans plus tard, les deux formations se retrouvent enfin sur la scène européenne. L'occasion de ressortir de son formol l'attaquant angolais. Pour savoir (un peu) ce qu'il est devenu et (surtout) ce qui s'est vraiment passé lors de cette soirée au Stade de la Luz. Vata a beaucoup voyagé depuis cette rencontre. Son passage à Benfica n'a duré que trois ans (1988-1991), le temps de glaner un titre de meilleur buteur du championnat. Suivirent des formations de seconde zone, un passage par Malte et une préretraite dans un obscur club indonésien. Un détour par Bali puis l'Australie où il officie comme professeur dans une école de football avant de prendre en charge, jusqu'à aujourd'hui, un club de 2e division.
Vata : "La conscience tranquille"
Mais personne n'attend de Vata qu'il réécrive le guide du routard. Ce que tout le monde veut savoir aujourd'hui c'est si l'Angolais a, ce soir-là, marqué de la main. Evidemment, il y a prescription. Des aveux ne changeraient rien. Pour la forme et l'honneur, un semblant de culpabilité ? Même pas. "Je l'ai déjà dit il y a 20 ans et je le répète. Personne ne me croit mais j'ai marqué de la poitrine, martèle l'Angolais dans la presse lusitanienne. Valdo tire le corner, Magnusson met la tête au premier poteau et je dévie le ballon dans les buts. Il y avait du vent, tout allait très vite. Personne ne peut savoir ce qu'il s'est réellement passé, sauf moi".
Le bonhomme se perd un peu dans ses explications. But de la poitrine ? But de l'épaule ? Quoi qu'il en soit, c'est le TSM : tout sauf la main. "On n'arrête pas de parler de la main du diable mais je n'ai pas marqué avec la main, a-t-il expliqué sur RMC cette fois. Sur l'action, je me rappelle de Di Meco à côté de moi. Il me poussait, me tirait le maillot et j'ai marqué de l'épaule. D'ailleurs, tous ceux à qui j'en parle avouent qu'on ne voit pas bien ce qu'il se passe sur l'action. Alors comment être sûr que je marque de la main ? Mais les gens continuent d'en parler, inventent des histoires. Je respecte l'opinion de chacun mais, vingt après, j'ai la conscience tranquille".
Pourtant, vingt ans après, l'action - ou fait de jeu dirait-on aujourd'hui - fait toujours parler d'elle. Vata sera peut-être même là, quelque part, dans les travées de la Luz. A Marseille ? "Je viendrai si on m'invite", lance-t-il. Pas sûr. Même si Didier Deschamps, présent ce soir d'avril 1990 dans les rangs phocéens, rejette l'idée de revanche. "Cela fait partie des mauvais souvenirs, des choses injustes car on était à cinq minutes d'une place en finale. Mais c'était il y a très très longtemps... Ce n'est pas une revanche, on ne va pas refaire l'histoire, il n'y a qu'à en écrire une nouvelle". Pour effacer ? Non. Pour apaiser les esprits, plutôt.















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