Tous les touristes vous le diront. A Saint-Denis, il y a deux monuments à visiter. La basilique où sont inhumés une bonne partie des monarques ayant régné sur la France. Et, depuis 1998, le Stade de France où, rassurez-vous, personne n'est enterré (sinon quelques souvenirs) mais où vingt-deux souverains ont régné le temps d'un été. Passée à la postérité le 12 juillet 1998, l'enceinte dionysienne est le repaire officiel de l'équipe de France. Depuis douze ans, le lien est tout autant sentimental que contractuel*. Laurent Blanc aimerait qu'il devienne charnel. Et cela ne coule pas de source. Le mois dernier face à la Biélorussie (0-1), le patron des Bleus s'en est bien rendu compte. Son équipe y a concédé sa première défaite officielle depuis 1999 (France - Russie : 2-3). Le Stade de France (80 000 places assises) n'est pas une enceinte comme les autres. En prendre la mesure n'a rien d'automatique.
"Il est important pour les joueurs de découvrir et mieux connaitre ce stade-là. Histoire de mieux le maîtriser. Il faut que ça devienne LE stade de l'équipe de France", a insisté Laurent Blanc lundi. Pour faciliter l'appropriation de l'enceinte par les joueurs, le sélectionneur a décidé de délocaliser à Saint-Denis le dernier entraînement de ses hommes, vendredi. Il y dirigera également le décrassage juste après le match. Dans un monde idéal, Blanc aimerait y ajouter quelques séances supplémentaires. Mais aller de Clairefontaine à Saint-Denis en pleine semaine n'a rien d'une sinécure. Alors, il emploie les grands moyens. Les Bleus passeront trois jours loin de Clairefontaine, dès vendredi, uniquement pour ne rien négliger sur cet aspect-là. "Les joueurs, j'espère, vont prendre l'habitude de jouer dans ce stade, que ça ne devienne pas difficile d'y évoluer. Ça doit être un plaisir. On ne va pas se cacher derrière ce facteur, mais il est possible que face à la Biélorussie, l'environnement ait joué, analyse-t-il. Des fois, des stades chargés d'histoire peuvent décupler vos forces. Ou vous affaiblir. Les joueurs ne sont pas loin de prendre des photos quand ils y viennent pour la première fois. Il faut arrêter ça."
"On peut être moins stressés"
Les joueurs, premiers concernés, qu'en pensent-ils ? Globalement, tout le monde est sur la ligne du patron. Surtout les petits bleus. Pas par opportunisme. Mais parce que cela coule de source. Benoit Trémoulinas, convoqué en attente d'une première sélection, juge qu'il est "important de prendre ses repères par rapport à ce stade", même s'il a déjà joué deux finales de Coupe de la Ligue à Saint-Denis. Dimitri Payet, le bizut, a lui aussi déjà foulé la pelouse du Stade de France. C'était le 18 juin 1998 en lever de rideau de France - Arabie Saoudite (4-0). Impressionnant pour un gamin de onze ans. Et pourtant, les Bleus n'étaient encore que champions des matches amicaux. Lui aussi adhère : "C'est une bonne idée de s'y habituer, ça peut aussi nous aider, les nouveaux comme moi. On peut être moins stressé."
Stressé, Samir Nasri ne l'est pas. Il faut dire que le Gunner, s'il n'est pas plus vieux que ses nouveaux petits copains, évolue régulièrement dans des stades d'un calibre équivalent à celui du SDF. "Je n'ai pas d'appréhension à y jouer, au contraire, c'est toujours plein. On représente son pays, ça doit être galvanisant et on ne doit pas avoir le frein à main quand on joue. A nous de faire en sorte que le public soit avec nous." Et pour ce faire, rien de mieux que du jeu, de l'enthousiasme et, surtout, des résultats. Cocktail idéal mais dont la recette est difficile à maîtriser. Même lorsqu'on s'appelle Laurent Blanc et que cela fait bien longtemps que le Stade de France ne vous intimide plus.
* La Fédération française de football et le Consortium du Stade de France ont renouvelé jusqu'en 2025 le contrat qui les liait. Les Bleus doivent y jouer trois rencontres par an au minimum.



DPPI























Mouaiii, pas encore, mais faudrait que ça le devienne ..Le 05/10/2010 à 09:09