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Football - Qualif. Euro 2012

31/08/2010 - 18:20 - Mis à jour le 02/09/2010 - 17:17

Lloris : "On en sort plus matures"


Hugo Lloris, qui ne sait toujours pas s'il sera numéro un vendredi, vit comme une bouffée d'oxygène son retour chez les Bleus pour les qualifications de l'Euro 2012. Plein de sa légendaire réserve, le Lyonnais espère que l'échec sud-africain a été médité.

HUGO LLORIS, vous retrouvez l'équipe de France pour la première fois depuis le Mondial...

H.L. : On est très heureux de retrouver le groupe France après tout ce qui s'est passé. Il y a de nouveaux challenges, de nouveaux défis qui nous attendent. On est très heureux d'être là et de pouvoir participer à cette nouvelle campagne qualificative pour l'Euro. C'est une nouvelle aventure.

Qu'est-ce qui a changé depuis le Mondial ?

H.L. : Le groupe a rajeuni. On se connaît pour la plupart parce qu'on s'est côtoyés chez les Espoirs. Il y a beaucoup d'enthousiasme, beaucoup d'envie, beaucoup de fraîcheur. Ils ont tous envie de prouver des choses sous le maillot de l'équipe de France.

Il y a de nouvelles règles de vie...
H. L. : Elles sont établies dans n'importe quel groupe de haut niveau. De toute façon, un sportif professionnel se doit d'avoir un comportement exemplaire envers ses coéquipiers. En l'occurrence, ça se passe très bien dans le groupe France.

L'envie peut-elle compenser le manque d'expérience de cette équipe ?

H.L. : C'est toujours intéressant d'avoir un groupe qui a de l'envie et de l'enthousiasme. Souvent, ça se traduit par une grosse débauche d'énergie sur le terrain. Donc oui, c'est bien. Mais il faut aussi avoir la lucidité nécessaire pour faire les bons choix, notamment avec le projet de jeu établi par le sélectionneur. Il a une certaine philosophie de jeu qui plaît aux joueurs. On se doit d'avoir le ballon, de créer des décalages et d'avoir une grosse maîtrise sur le plan du jeu. Donc il faut de l'envie mais il faut aussi faire les bons choix.

L'épisode de Knysna vous a-t-il appris quelque chose ?

H.L. : Oui. C'est vrai que ça a été une période vraiment très délicate mais on en ressort grandis, un peu plus matures. Des erreurs ont été faites. Aujourd'hui, on se doit de les rectifier. On se doit désormais de regarder devant parce que la page est tournée. On est en phase de reconstruction. On a une qualification pour le Championnat d'Europe à aller chercher.

Pensez-vous qu'il y a une rupture par rapport à l'avant-Coupe du monde ?

H.L. : Ce sont deux contextes complètement différents. Lorsque l'on prépare une Coupe du monde, on est concentré sur un seul et même but. En ce qui concerne la Coupe du monde 2010, on a un peu fait passer des problèmes extra-sportifs avant le terrain. Ça ne pardonne pas au haut niveau. Aujourd'hui, on se concentre sur le terrain. On est à la recherche de performances. Ça passe par ces deux premiers matches de poules. On est là pour avancer, pour progresser avec un nouveau staff qui a beaucoup d'expérience.

Entre vous, vous parlez encore ce qui s'est passé en Afrique du Sud ?

H.L. : On est de moins en moins si on regarde bien. Mais c'est vrai qu'on n'en parle pas forcement. Ça reste un échec. Et on n'aime pas parler des échecs lorsque l'on est un compétiteur. On regarde surtout devant, on regarde vers l'avenir. C'est le plus important.

Vous en avez assez que l'on vous parle de ça ?

H.L. : (Gêné) Je peux comprendre que les gens veulent savoir tout sur tout. Mais, à un moment donné, il faut aussi tourner la page. Aujourd'hui, le plus important pour la sélection nationale et les supporters de l'équipe de France, c'est l'Euro 2012. Cela passe par des qualifications dans un groupe qui sera difficile. Ce sera à nous de prendre le dessus sur toutes les équipes. Si possible avec la manière. On a tous les ingrédients pour la réussite de l'équipe de France. A nous de répondre sur le terrain.

L'équipe est reconstruction, notamment la défense...

H.L. : On essaye de se connaître mieux et de trouver des automatismes. Que ce soit pour les défenseurs ou pour les autres joueurs. C'est vrai qu'une grande équipe se doit d'avoir une base défensive très solide. On espère être au point le plus rapidement possible. Et pourquoi pas dès vendredi au Stade de France.

Redoutez-vous l'accueil du Stade de France face à la Biélorussie, vendredi ?

H.L. : On espère que le public du Stade de France sera derrière nous. En tout cas, nous, on essayera de faire en sorte que ce soit le cas. On va essayer de redonner du plaisir aux gens et de repartir sur une nouvelle dynamique en essayant de gagner dès notre premier match. Pour cela, il faudra donner le meilleur de nous-mêmes.

Le classement FIFA, où la France pointe désormais au 21e rang, reflète-t-il le vrai niveau de l'équipe de France aujourd'hui ?

H.L. : Le classement de FIFA veut dire beaucoup de choses. Ça fait un moment que la sélection n'a pas enchaîné des grandes performances. Même lors des campagnes qualificatives. La dernière a été très difficile puisque ça s'est joué lors des barrages. Maintenant, on se doit d'améliorer beaucoup de choses, surtout dans le contenu. Mais ce sont deux philosophies différentes. Aujourd'hui, avec un nouveau sélectionneur et beaucoup de jeunes joueurs, on va reconstruire cette équipe petit à petit. Il faudra le démontrer sur le terrain mais je suis persuadé qu'il y aura un bel avenir pour cette équipe.

Avec l'arrivée d'Anthony Réveillère, vous étiez le seul Lyonnais sélectionné. C'est aussi une nouveauté...

H.L. : C'est vrai que ça n'est pas dans les habitudes du club. Anthony (Réveillère) m'a rejoint. Mais il reste tout de même beaucoup de joueurs potentiellement sélectionnables à Lyon. J'espère pour le club qu'ils seront bientôt là.

Au sujet de
Jérémy Toulalan, Jean-Michel Aulas a plaisanté en disant qu'il avait recruté Pape Diakhaté à cause de Laurent Blanc...

H.L. : (Il réfléchit) Forcement, on se pose des questions... Mais Jérémy est un joueur qui a été très important pour l'équipe de France et encore plus avec l'Olympique Lyonnais. Connaissant son caractère et son esprit de compétiteur, il va très vite rebondir. Je suis persuadé qu'il va très vite retrouver l'équipe de France, quel que soit son poste. Concernant son positionnement, je suis joueur donc je ne suis pas bien placé pour en parler.

Comment se passe la collaboration avec Fabien Barthez ?

H.L. : Très bien. Ça fait maintenant un an qu'il nous rejoint régulièrement à Clairefontaine. C'est toujours un plaisir de pouvoir partager ces moments avec lui. Il nous fait partager toute son expérience du haut niveau. Parfois, on se retrouve aussi sur le terrain. C'est toujours agréable. C'est un privilège. En plus, il a beaucoup de similitudes entre ce qu'il a vécu et ce qu'on a vécu.

Mercredi, ce sera au tour de Zinedine Zidane de vous rendre visite...

H.L. : Ce sera un grand plaisir de le rencontrer et de le côtoyer un petit peu. Ca reste Zinedine Zidane. On ne le présente plus. C'est un personnage légendaire.

Laurent Blanc n'a toujours pas choisi son capitaine. Vous sentez-vous prêt à prendre le brassard ?

H.L. : C'est la décision de l'entraîneur. Elle ne m'appartient pas. En tout cas, je n'ai jamais pensé avoir le brassard. Pas du tout. Je ne me sens pas prétendant. Que ce soit moi ou un autre, on est plusieurs à avoir vécu le Mondial. Il y a d'autres joueurs qui ont beaucoup de sélections et donc d'expérience. Je pense notamment à Louis Saha, Alou Diarra ou Philippe Mexès qui sont des joueurs importants dans le groupe. Après, quel que soit le capitaine, cela ne change rien à notre rôle dans le sens où on doit vraiment tirer tous les joueurs vers le haut. Il faut être performant et rendre service à notre équipe. Le capitaine, ça doit être un joueur exemplaire. Tout simplement.

Eurosport - Propos recueillis par Anthony PROCUREUR, à Clairefontaine
 
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