PATRICK VIEIRA, est-ce que vous ressentez des similitudes entre ce que vous vivez actuellement et les blessures qui vous avaient empêché de jouer et de bien préparer le Mondial 2006 ?
P.V. : Oui, il y a certaines similitudes. Mais cela ne veut pas dire que je vais être aussi bon que j'avais pu l'être à la Coupe du monde. Mais c'est vrai que par rapport à la longue blessure que j'ai eue, de revenir, de jouer, de m'arrêter encore, c'est quand même un pas en arrière sur ce que j'avais prévu.
Est-ce que ces blessures à répétition qui plombent votre saison vous inquiètent ?
P.V. : Non pas du tout. Je me dis que c'est comme ça. C'est frustrant parce que ça me manque, le terrain me manque, mais voilà. Je ne me pose pas 36.000 questions parce que je n'ai pas envie de me retourner le cerveau. Alors je travaille et je fais attention.
Cette saison n'est tout de même pas évidente à gérer pour vous...
P.V. : Le fait d'avoir été absent aussi longtemps, revenir, jouer, ce n'est pas évident parce qu'il faut trouver le rythme. Je suis un peu déçu de louper les quelques matches qui arrivent parce que je commençais à me sentir de mieux en mieux. Sur les derniers matches que j'ai joué avec l'Inter Milan, je me suis senti vraiment bien. Je pouvais jouer sans me poser de question.
A deux mois de l'Euro, est-ce qu'il n'y a pas une urgence à jouer et enchaîner enfin des matches ?
P.V. : Non. C'est vrai que ce qui est important pour moi c'est de jouer. Mais là il reste 8, 9 matches en championnat, les 3 matches de préparation avec l'équipe de France (après l'annonce de la liste, ndlr). C'est sûr que plus je joue, mieux ce sera pour moi.
Vous êtes presque dans une problématique inverse de certains joueurs dont le principal souci sera de récupérer avant l'Euro ?
P.V. : Voilà, c'est l'inverse. Il y en a qui auront beaucoup joué, d'autres beaucoup moins. La chose la plus importante c'est que ceux qui ont joué récupèrent bien et d'autres, comme moi, travaillent dur pour essayer d'être au même niveau.
Vous ne pensez pas que cela peut être un atout d'arriver frais à l'Euro ?
P.V. : Je ne sais pas. Etre plus frais cela peut aussi dire être en manque de rythme, en manque de matches. Cela dépend du travail que je vais effectuer d'ici l'Euro.
Raymond Domenech doit faire face pour ce rassemblement à une avalanche de blessés, cela vous inquiète-t-il ?
P.V. : Je ne pense pas, parce qu'on est tous des compétiteurs, on est tous des gagneurs. Et on est tous prêt à faire des sacrifices pour arriver à notre niveau. On sait que ce ne sera pas facile, mais on se prépare. Moi je sais qu'il faut que je travaille dur pour être au niveau où je veux être. Et je suis prêt à le faire. J'ai déjà commencé à parler avec Robert Duverne (le préparateur physique des Bleus, ndlr) pour retrouver mon niveau. Et pour ça, je ne me fais pas d'inquiétudes, parce que j'ai ce désir de faire une belle compétition. Je suis sûr que j'arriverais au niveau que je voudrais à la compétition.
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