Liga : On prend les mêmes...

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De retour ce week-end, la Liga sera encore le théâtre d'un duel entre le Real et le Barça, deux équipes qui n'ont presque pas bougé cet été.

L'heure attendue par tous les aficionados a sonné. Un peu moins de deux mois après avoir confirmé sa suprématie internationale en remportant l'Euro 2012, l'Espagne est prête à s'enflammer pour son feuilleton préféré. Mais le coup d'envoi ce week-end de cette nouvelle édition de la Liga a d'ores et déjà un air de rediffusion. Ce sera encore une lutte entre le Real Madrid et le FC Barcelone pour le titre. Et les deux géants de la péninsule débuteront de duel avec des équipes quasiment identiques à celles de l'an passé. On prend donc les mêmes et on recommence. La seule incertitude, c'est l'issue finale.

Ce mano a mano dure depuis maintenant huit ans. Champion en 2004, Valence est la dernière équipe à avoir contrecarré la suprématie de Barcelone et de Madrid. Depuis, le Barça et le Real trustent systématiquement les deux premières places de la Liga, ou presque. Seul Villarreal, deuxième en 2008, était parvenu à s'immiscer entre les deux cadors ibériques. Une exception en forme de point de départ. Depuis quatre ans, l'écart n'a fait que s'accroître entre le duo de tête et le "reste" de la Liga. Troisième en 2009, Séville avait déjà huit points de retard sur la deuxième place. Depuis trois saisons, c'est Valence qui complète le podium, toujours plus loin des deux leaders : le VCF a terminé respectivement à 25 et 21 points du Real en 2009/2010 et 2010/2011, et à 30 points de Barcelone la saison passée. Ce n'est même plus un écart qui sépare le tandem Madrid-Barça de ses concurrents, c'est un gouffre.

Barcelone change sans changer

Ceux qui voudraient parier sur un changement de scénario en 2012/2013 risquent fort d'en être pour leurs frais. Les effectifs des deux locomotives de la Liga n'ont quasiment pas bougé et vont logiquement dominer encore les débats. Pour trouver du changement, c'est du côté du Barça qu'il faut regarder. Et encore, tout est relatif. Les Blaugranas ont rapatrié Jordi Alba, formé au club et révélation de l'Euro 2012 au poste d'arrière gauche, et ont récupéré David Villa, de retour d'une longue blessure. Tito Vilanova, adjoint de Guardiola ces quatre dernières saisons, a pris la place de "Pep" sur le banc catalan. Il n'a pas la notoriété de joueur qu'avait son prédécesseur. Il n'a pas non plus cette tentation chronique à faire jouer son équipe avec trois défenseurs. A part ça, il est difficile de trouver des différences entre les deux hommes. Le 4-3-3 barcelonais sera une copie conforme de celui de ces dernières années. Son efficacité sera donc probablement la même.

Le constat sera vraisemblablement identique du côté de Madrid. Jusqu'ici, le Real n'a pas bougé ou presque sur le marché des transferts. Des jeunes de la Castilla comme Joselu et Carvajal ont quitté le club, mais l'équipe première est restée en l'état. Seul Hamit Altintop est parti, mais sans que cela ne change vraiment quelque chose compte tenu du temps de jeu famélique du Turc la saison passée. L'arrivée de Luka Modric, évoquée depuis l'ouverture du marché des transferts, n'a toujours pas été actée, pas plus que les départs annoncés de Nuri Sahin, Kaka ou Lassana Diarra. Certains mouvements devraient avoir lieu d'ici la fin du mois d'août, mais José Mourinho n'a jamais manifesté la volonté de bouleverser son effectif, comparé aux deux saisons précédentes. Logique, puisque c'est avec cette équipe que le Real a mis fin à la domination barcelonaise en remportant le 32e titre de champion de son histoire la saison passée.

C'est d'ailleurs une chance pour le Barça. Après avoir reconquis le titre, battu le record du nombre de points (100) et du nombre de buts marqués (121), Madrid visera surtout l'Europe cette saison. José Mourinho n'a jamais caché son ambition d'apporter la "Decima", le dixième sacre en Ligue des champions du club merengue, qui sera le principal objectif des Madrilènes en 2012/2013. Le Real pourrait laisser quelques plumes en championnat et il appartiendra à Barcelone d'en profiter, même si les Catalans voudront aussi reprendre la coupe aux grandes oreilles qu'ils ont abandonné à Chelsea au printemps dernier. La lutte entre les deux grands d'Espagne se fera aussi sur le terrain européen. Sur le sol national, elle risque de réduire une Liga touchée de plein fouet par la crise économique à simple duel. C'est devenu une habitude depuis quelques temps déjà.