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Real Madrid - Zidane a-t-il la carrure pour devenir un grand entraîneur ?

Zidane a-t-il la carrure pour devenir un grand entraîneur ?

Mis à jourLe 05/01/2016 à 18:44

Publiéle 05/01/2016 à 18:42

Mis à jourLe 05/01/2016 à 18:44

Publiéle 05/01/2016 à 18:42

Article de Martin Mosnier

LIGA - Zinédine Zidane entraîneur d'un grand club, voilà qui n'avait rien d'évident pour un joueur qui n'a jamais brillé par son leadership. Un faux problème pour deux hommes qui ont accompagné son éclosion : Rolland Courbis et Luis Fernandez.

"Je ne l'imaginais pas entraîneur." Rolland Courbis résume un sentiment général sauf que lui connaît Zinédine Zidane sur le bout des doigts pour l'avoir entraîné deux saisons à Bordeaux. Et si Zidane est devenu Zizou, c'est grâce à Courbis qui détient la paternité du surnom le plus célèbre du football français. Quand il l'avait sous ses ordres, jamais Courbis n'aurait pu croire que son meneur de jeu devienne le coach de l'un des plus grands clubs du monde : "Je ne le voyais pas sur le terrain pour manager une équipe", note aujourd'hui l'ancien entraîneur de Montpellier. "Il était trop timide et pas franchement passionné. Je l'imaginais dans le rôle d'un Bernard Lacombe à Lyon, celui de conseiller d'un président."

Pour Courbis, comme pour ceux qui ont suivi l'immense carrière de Zidane de près ou de loin, le voir embrasser une carrière d'entraîneur n'avait rien d'évident. L'ancien numéro 10 des Bleus n'avait pas le leadership d'un Didier Deschamps, programmé pour devenir ce qu'il est aujourd'hui. Zidane, le mutique, le discret, l'introverti, va devoir se faire écouter et respecter au sein d'un vestiaire qui a usé 20 coaches lors des 20 dernières années. Voilà l'un de ses plus grands défis : dégager une autorité suffisante pour mener le Real sur le chemin qu'il a choisi.

Zinedine Zidane durant son premier entraînement à la tête du Real Madrid
Zinedine Zidane durant son premier entraînement à la tête du Real Madrid - Eurosport

56% des internautes de Marca doutent de lui

Mais ne comptez pas sur lui pour mener son vestiaire à la baguette. Cela n'a jamais été sa marque de fabrique même lorsqu'il fut capitaine de l'équipe de France. De toute manière, il ne faut pas confondre autorité et autoritarisme. "Je ne suis pas quelqu'un qui parle beaucoup, et je ne vais pas me mettre à parler beaucoup parce que je suis devenu entraîneur", avait-il déjà prévenu en juin dernier dans les colonnes de So Foot. "J'entends dire : il faut être sévère, il faut être sans pitié (…) Moi, je crois qu'il ne faut pas chercher à être quelqu'un qu'on n'est pas." Lui est "quelqu'un de réservé", admet-il volontiers : "Je sais que c'est dans ce domaine, de la communication des idées, qu'il faut que je progresse, que je travaille."

La communication tout court d'ailleurs. La vie d'un entraineur de grand club européen, c'est entre deux et quatre conférences de presse par semaine. Maîtriser sa parole et celle du club, faire passer des messages aux médias et à ses hommes : Zidane va devoir forcer sa nature. "Il a énormément progressé depuis 10 ans", note malgré tout Courbis. "Quand je vois ses interviews aujourd'hui, je remarque qu'il a fait du chemin." "Il n'est pas timide", rectifie un Luis Fernandez qui a accompagné les premiers pas du prodige chez les professionnels à Cannes. L’ancien coach du PSG a noté les progrès de ZZ lors de sa présentation lundi. "Il prend le micro et parle. Pas dix minutes mais c'était suffisant pour faire passer un message."

Zinédine Zidane, à la tête du Castilla du Real Madrid le 19 décembre 2015
Zinédine Zidane, à la tête du Castilla du Real Madrid le 19 décembre 2015 - AFP

Du charisme plutôt que de l'autorité

Contrairement aux apparences, Zidane n'arrive pas en terrain conquis. 56% des internautes de Marca doute de sa capacité à être l'homme qu'il faut au Real Madrid. La presse espagnole est, elle aussi, très prudente. Pour deux raisons : d'abord son manque totale d'expérience d'abord mais aussi, on y revient, sa capacité à maîtriser le vestiaire merengue.

"C'est un défi d'imposer mon autorité", a-t-il avoué ce mardi lors d'une conférence de presse où il fut égal à lui-même : calme et consensuel. Il n'a pas la verve d'un Mourinho et ne dégage pas le même magnétisme qu'un Pep Guardiola. Mais pour Courbis comme pour Luis Fernandez, ce n'est pas un problème. "Quand on parle de Zizou, on est admiratif", rappelle Fernandez. "Les joueurs sont fascinés par le personnage et son charisme. Ils vont faire en sorte d'aider l'entraîneur. Il peut être différent et apporter quelque chose d'autre."

"On sous-estime énormément une qualité essentielle pour être un bon entraîneur : être capable de créer une atmosphère joyeuse et faire adhérer tous les joueurs à un projet", explique Courbis. "Et ça, Zizou sait faire." Il paraît clair que si Zidane devait se référer à l'un de ses anciens mentors, il choisirait Carlo Ancelotti et son management tout en douceur. Zidane est dans la même veine. L'ancien coach du Real et du PSG n'est pas connu pour ses grosses colères ou ses coups de sang, davantage pour sa proximité avec ses joueurs. C'est cette voie que va suivre son ancien joueur à la Juve.

Avec Maxime DUPUIS

Luis Fernandez avec Zinédine Zidane lors du jubilé de Laurent Fournier
Luis Fernandez avec Zinédine Zidane lors du jubilé de Laurent Fournier - AFP

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