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Catalogne: entre foot et "castellers", la fière Gérone fait sa fête au Real

Entre foot et "castellers", la fière Gérone fait sa fête au Real
Par AFP

Le 29/10/2017 à 20:49

LIGA - Alors que Girone a réussi à faire tomber le Real Madrid ce dimanche (2-1) dans un contexte politique tendu depuis l'annonce unilatérale de l'indépendance de la Catalogne, reportage au stade de Montilivi, épicentre de l'évènement politico-sportif du jour.

On peut vivre dans un bastion indépendantiste et apprécier la visite du Real Madrid, club emblématique de l'Espagne: l'équipe de Zinédine Zidane a été bien reçue dimanche à Gérone. Et elle a été battue 2-1 dans une ambiance festive, malgré la crise politique en Catalogne. "Parlons de football, laissons de côté la politique, on est saturés", implore d'entrée Daniel Rimbau, un supporter de 21 ans revêtu du maillot rouge et blanc du Gérone FC.

A côté de lui, son ami David arbore pourtant autour cou une "estelada", le drapeau indépendantiste catalan, mais les deux étudiants veulent avant tout retenir la portée sportive de la rencontre du jour: c'est le tout premier match officiel entre le modeste club catalan, promu cette saison en 1re division du Championnat d'Espagne, et la multinationale Real Madrid.

"Ce matin, quand je me suis levé, je ne me rendais pas compte que Cristiano Ronaldo ou Zidane allaient vraiment venir. C'est un jour spécial", souligne Daniel. Le jeune homme se rappelle de l'époque, pas si lointaine, où Gérone jouait dans les catégories inférieures et où lui et ses amis pouvaient aller échanger quelques passes sur le terrain à la mi-temps. Dans les tribunes du stade de Montilivi (13.500 places), à la périphérie de cette ville de 100.000 habitants considérée comme un fief séparatiste, les drapeaux catalans sont nombreux.

Des fans catalans dans le Montilivi à Gérone - 2017

Des fans catalans dans le Montilivi à Gérone - 2017Getty Images

Historique

Et soudain, le public se met à scander "Independencia" puis "Llibertat", comme un inévitable rappel de la situation politique après la déclaration unilatérale d'indépendance prononcée vendredi, suivie d'une reprise en main de la région par le gouvernement de Madrid. Pourtant, on dénombre aussi dans les gradins des maillots blancs du Real, voire une poignée de drapeaux espagnols. Et le premier but madrilène, signé Isco (12e), fait se lever un bon quart du stade.

Pour beaucoup de supporters de Gérone, le Real Madrid n'est pas l'adversaire honni, c'est d'abord une équipe de gala. Et "le rival du grand frère"... à savoir le FC Barcelone. "Ce qui se passe ici est une fête. Il faut séparer ce qu'est la Catalogne et ce que sont ses clubs, Gérone, Barça et Espanyol", fait valoir Daniel Rimbau.

Même opinion pour David Cespedes (49 ans), venu au stade avec sa fille Laura: ce supporter, casquette de Gérone vissée sur la tête, tient à ce que "la politique reste en marge du sport" afin de savourer "un match historique". Pour lui, la menace d'une exclusion des clubs catalans du Championnat d'Espagne en cas d'indépendance effective ne tient pas. "Je ne pense pas que la Liga ait intérêt à perdre le Barça", relève-t-il.

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" Qu'ils nous virent"

Le Real Madrid non plus, vu l'importance de la manne des droits télévisés et vu la répercussion de sa rivalité avec le Barça. "S'ils ne veulent plus de nous (en Liga), qu'ils nous virent", assène Lluis Torrent, prêt à accepter que son cher Gérone FC quitte la compétition... Tout en disant espérer que le club décroche son maintien en Liga.

Quelques heures avant le début du match, cet ingénieur de 56 ans s'est rendu sur la place de la mairie, où les festivités de la Saint-Narcisse, patron de la ville, battent leur plein. Sous le regard de la maire Marta Madrenas, qui a succédé à ce poste au dirigeant indépendantiste Carles Puigdemont, les "castellers", ces spécialistes des pyramides humaines, construisent leurs édifices précaires défiant la gravité.

"C'est une construction haut de gamme", s'enthousiasme Lluis Torrent devant un "castell" de huit étages où culmine une petite fille. "Nous sommes très nerveux depuis vendredi, nous attendions l'indépendance", commente-t-il, même si rien ne semble avoir changé dans la ville ces dernières heures. "Pas de violences, pas d'histoires", s'enorgueillit-il.

Et en attendant une éventuelle séparation entre la Catalogne et l'Espagne, il a cette phrase prophétique: "Ce serait un beau cadeau de battre le Real." Chose accomplie quelques heures plus tard à Montilivi, où un public bouillant a poussé Gérone vers l'exploit: vaincre le grand Real, double champion d'Europe en titre.

"Le public était avide de fête. Parce que le sport est une chose, et ce qui se passe actuellement en est une autre", résume Pablo Machin, entraîneur du club catalan, radieux après la rencontre. "Je crois que les gens en ont assez de tout ça, ils espèrent que cela se règle enfin. Je suis fier que nous leur ayons offert deux belles heures de football", conclut le technicien.

La joie des joueurs de Girone, tombeur du Real

La joie des joueurs de Girone, tombeur du RealGetty Images

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