Football - Ligue 1
21/01/2006 - 08:00Eydelie accuse l'OM
L'ex-joueur Jean-Jacques Eydelie affirme que "tricher était devenu une seconde nature" à Marseille quand il y évoluait (1992-93), dans un entretien à L'Equipe Mag. Condamné en 1995 dans l'affaire de corruption OM-Valenciennes, il parle également abondamment du dopage.
Jean-Jacques Eydelie, qui publiera un livre de témoignages le 1er mars, revient notamment dans cet entretien sur son rôle lors du match arrangé contre Valenciennes, le 20 mai 1993. Il explique avoir pris contact avec des joueurs de VA (Christophe Robert, Jorge Burruchaga et Jacques Glassmann) avec la promesse d'obtenir de la part de Marseille, en retour, un "nouveau contrat" de "cinq ans à 250.000 francs (38.000 euros) par mois".

L'ancien joueur, titulaire lors de la finale de la Ligue des champions 1993 remportée par Marseille, affirme que l'arrangement de matches ne s'est pas limité à cette seule rencontre : "Pour les dirigeants de l'OM, tricher était devenu une seconde nature. Il fallait que les choses leur échappent le moins possible. Pendant des années, quasiment tous les joueurs qui venaient à l'OM avaient participé à des arrangements de match".
"Tous les joueurs de l'OM savaient"
Sans citer les noms des "dirigeants de l'OM" ou de ses ex-coéquipiers éventuellement impliqués dans ces arrangements présumés, il continue: "Nous étions tous sollicités à un moment ou à un autre pour passer un coup de fil à un ancien coéquipier ou à un copain pour s'+arranger+". "Tous les joueurs de l'OM savaient, certains ont même participé à des +arrangements+. En la fermant, j'ai respecté leur carrière. Certains se sont constitués de très, très beaux palmarès. Ces titres, ils les ont mérités sur le terrain, mais en dehors..." , poursuit Eydelie qui, aujourd'hui au chômage, regrette ainsi de ne jamais avoir eu de soutien de la part de ses ex-coéquipiers, comme Marcel Desailly ou Didier Deschamps.

Eydelie raconte aussi un épisode survenu selon lui avant le match de Ligue des champions contre le CSKA Moscou, le 3 mars 1993 à Berlin: "Nos dirigeants avaient récupéré les packs d'eau des joueurs moscovites. Devant nous, avec un large sourire, ils se sont servis d'une seringue avec une aiguille très fine pour injecter je ne sais quoi à travers le bouchon", raconte-t-il, toujours sans citer de noms.
RMI et allocations familiales
S'il cite l'ex-directeur général Jean-Pierre Bernès, condamné dans le cadre de l'affaire OM-VA, Eydelie n'accuse pas l'ex-président Bernard Tapie de malversations, lui reprochant surtout d'avoir récupéré à son seul profit la victoire de 1993: "Ce n'est pas lui qui a gagné la Coupe d'Europe comme il a voulu le faire croire à tout Marseille. Non, ce sont les joueurs qui étaient sur le terrain qui l'ont gagnée cette coupe."

Evoquant aussi l'ensemble de sa carrière, Eydelie assure que le dopage était très répandu. "Le dopage, je l'ai vu dans tous les clubs où je suis passé, sauf à Bastia. Dans les années 1980-90, beaucoup de choses traînaient. On nous donnait des cachetons. C'était de la folie, en particulier autour du Captagon (un stimulant)". Jean-Jacques Eydelie, 39 ans, avait rejoint Marseille en 1992 en provenance de Nantes, où il avait débuté.
Ecroué dix-sept jours en juin 1993, suspendu de septembre 1993 à janvier 1995 par les instances sportives et condamné à un an de prison avec sursis par la justice en mai 1995, il ne parvint jamais à retrouver le très haut niveau, ballotté de Bastia à Zurich en passant par Sion. "Oui, si j'avais su, jamais je n'aurais fait ça. Parce qu'une victoire, même prestigieuse, ne justifie pas que tu mettes en péril ta vie et celle des tiens", note celui qui, selon L'Equipe magazine, vit aujourd'hui avec "le RMI et les 600 euros d'allocations familiales que touche la famille".















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