Le doute n'est plus permis. Les sceptiques n'ont plus voix au chapitre en Gironde. Et pour cause, la démonstration fut totale. Dimanche, Bordeaux a infligé à Monaco la plus lourde défaite de son histoire à Louis II. 0-6, excusez du peu. Le tout en 45 minutes. Personne n'avait fait mieux en Principauté : une statistique qui vous pose...un prétendant au titre. Car Bordeaux ne peut plus fuir un statut qui le poursuit depuis quelques mois déjà. Blanc et ses hommes se posent comme une alternative crédible au règne lyonnais. Et c'est bien un duel entre Rhodaniens et Girondins qui devrait animer la fin de saison. Les champions de France sont, en effet, à portée de fusil : un seul petit point les sépare désormais de Bordelais de plus en plus ambitieux.
LA DYNAMIQUE EST BORDELAISE
Et comment ne pas l'être ? Le comparatif entre les deux formations sur les dix derniers matchs de Ligue 1 souligne où se situe la dynamique. Lyon, depuis la 16e journée, n'a pris que 15 points sur 30 possibles, Bordeaux 23 soit sept victoires, un nul et une seule défaite. Un rythme de champion évidemment. Même si du côté des Marine et Blanc, on refuse de verser dans l'euphorie. Bordeaux pense-t-il au titre ? "Cela vous ferait plaisir mais je ne le dirai pas. C'est comme ça. C'est une approche. Les effets d'annonce, je les laisse pour les politiques. Nous, on fait du sport de haut niveau. On est dans une position confortable. Mais ma ligne directrice, partagée par mes joueurs est la même", tempère Laurent Blanc avec le flegme qui le caractérise.
BENZEMA VS CAVENAGHI
Les pensionnaires du Haillan présentent la parfaite panoplie du champion en puissance. Une attaque à têtes multiples menée par LE joueur en forme du moment, Fernando Cavenaghi. L'Argentin, auteur de huit buts en six matchs, mène une avant garde où Bellion, Micoud, Wendel, Chamakh voire Obertan sont autant de dangers potentiels. Côté olympien, le rendement offensif semble dépendant de Karim Benzema. Mais avec déjà 48 matchs toutes compétitions confondues, le jeune prodige pourrait s'user. Face au Mans samedi, les champions de France, sans leur jeune prodige, ont semblé manquer de solution. Delgado, arrivé cet hiver, n'a rien montré. Si le trio Ben Arfa- Benzema-Govou n'a pas d'équivalent en France, le banc girondin semble plus étoffé. Keita en pleine crise de confiance, Fred au physique fragile, Baros parti à Portsmouth, les titulaires à la pointe du onze lyonnais devront éviter la blessure ou c'est bien l'OL qui risque de boîter.
L'EXPERIENCE, L'ATOUT LYONNAIS
Face aux difficultés, Lyon a toujours su réagir. Cette année comme lors des six dernières saisons. Ainsi, après un départ laborieux en août (2 défaites lors des trois premières journées), les hommes d'Alain Perrin ont aligné neuf victoires en dix matchs. Habitués aux finishs tonitruants, ils ont pour eux le poids de l'expérience. D'autant que Lyon, après avoir retrouvé son emblématique portier Grégory Coupet, devrait bientôt enregistrer le retour de Cris. Un come-back qui devrait soulager l'arrière-garde olympienne, talon d'Achille d'un collectif rendu fébrile.
Lyon semble encore avoir les cartes en main. La clé de cette fin de saison réside peut-être dans la capacité des Rhodaniens à résister à la pression d'un adversaire direct. Car depuis l'exercice 2003-04, Lyon a toujours eu l'habitude de finir ses saisons en roue libre. Plus préoccupé par l'ambition de battre des records que par un adversaire direct potentiel. Cette année, alors que le collectif de Lyon est moins impressionant, Bordeaux se dresse sur sa route. Le Roi est en danger, sa septième couronne menacée.
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