Football - Ligue 1

30/11/2007 - 19:00

Garcia: "Une effervescence nouvelle"


Rudi Garcia est un entraîneur heureux. Le Mans, actuel sixième de Ligue 1, connaît un très bon début de saison. L'ancien coach de Dijon regrette malgré tout la fragilité défensive de son équipe et un effectif un peu léger. S'il affirme jouer le maintien, il sent que le club est en train de grandir.

RUDI GARCIA, Le Mans, sixième de Ligue 1, on vous imagine comblé par votre début de saison.

R.G. : Dans l'ensemble oui, mais on a encore tellement de points à travailler. D'abord on encaisse beaucoup trop de buts. Mais aussi et surtout, il y a un travail à faire au niveau de l'état d'esprit. Mon équipe ne doit pas penser qu'à bien jouer ou qu'à marquer. Elle manque parfois de combativité, d'esprit de corps. Quand elle entre sur le terrain sans avoir cela en tête, elle devient une équipe très moyenne. C'est le revers de la médaille même si évidemment je suis satisfait de ce début de saison.

A l'intersaison, Le Mans perd Bangoura et Grafite, ses deux meilleurs buteurs. La réussite offensive actuelle vous surprend-elle ?

R.G. : Nous avons l'ambition de faire du jeu et d'avoir la possession du ballon. Avec cette philosophie de jeu, nous avons tout de même gagné la moitié de nos matchs. Oui, nous avons perdu nos deux attaquants les plus efficaces mais nous avons des ressources. Sessegnon a été repositionné milieu offensif droit, Gervinho s'est révélé et on connaît Romaric, joueur clé. Sans parler de De Melo, très efficace. Ce qui me réjouit, ce sont les coups de pieds arrêtés où nous sommes très performants.

Revers de la médaille, Le Mans est la deuxième plus mauvaise défense de l'Hexagone ?

R.G. : C'est effectivement notre gros point noir. L'équipe souffre d'un gros déséquilibre qui se retrouve dans ces chiffres. Nous sommes trop joueurs au détriment de l'aspect défensif. Ca vient aussi de l'inexpérience de notre effectif, à sa jeunesse. Nous sommes par exemple incapables de tenir un score. A Lyon, nous menons 2-0 avant de perdre 3-2. A Monaco, nous menons 1-0 avant de perdre 3-1. Nous devons apprendre à gérer ces situations. Nos intentions de jeu et notre inexpérience sont à la base de notre fragilité défensive.

Elle vient aussi de la baisse de forme de deux valeurs sûres : Mako Basa et Yohann Pelé.

R.G. : C'est plutôt rassurant d'ailleurs. Nos deux meilleurs joueurs ne sont pas à leur meilleur niveau, alors imaginez quand ils le seront. Ces deux joueurs ont été perturbés dans leur préparation avec pas mal de pépins physiques et ils l'ont payé en ce début de saison. Je ne pouvais pas m'en penser car on touche là à un autre problème : le manque de profondeur de notre banc. Notre effectif est vraiment juste, pas assez étoffé. Il n'y a pas assez de concurrence. Face à Nancy, mon groupe de 18 joueurs correspond aux 18 joueurs valides de l'effectif...

Comment appréhendez-vous justement la CAN qui va vous priver de 4 titulaires (Sessegnon, Romaric, Camara et Gervinho) ?

R.G. : C'est simple, il nous faut recruter au moins trois joueurs lors du mercato. Un par ligne voire deux défenseurs car c'est un secteur où nous ne disposons que de six joueurs pour quatre postes.

Est-ce qu'aujourd'hui Le Mans a les moyens de recruter de bons joueurs de Ligue 1 mais aussi de garder De Melo ou Romaric ?

R.G. : Oui, pour la simple et bonne raison que le transfert de Grafite (estimé à 8 millions d'euros) a bien rempli les caisses.

Est-ce que le MUC 72 n'a pas l'impression de construire sur du sable en révélant des joueurs sans pouvoir les garder ?

R.G. : C'est notre philosophie effectivement : révéler des joueurs inconnus du grand public ou des jeunes. Si on veut regarder plus haut, on doit pouvoir les garder. Aujourd'hui, Le Mans a un vrai projet de club avec son nouveau stade, un nouveau centre d'entraînement. C'est ce qui fait que je me sens bien ici : quelque chose se construit autour d'une équipe en devenir, il y a ici une effervescence nouvelle.

Et des ambitions en hausse ?

R.G. : Aujourd'hui nous visons le maintien car nous avons connu d'impressionnants trous d'air avec une série de trois défaites consécutives. Je le dis sans langue de bois, l'objectif : les 42 points. Le championnat est très serré, si aujourd'hui je vous dis que nous visons l'Europe et qu'on se retrouve 14e à la trêve, j'aurais l'air de quoi ?

Samedi, vous rencontrez Nancy, que vous inspire le parcours des Lorrains ?

R.G. : C'est un modèle de régularité. Un exemple à suivre surtout au niveau de l'esprit collectif, de la solidarité qui se dégage de cette équipe. Ils termineront l'année dans les trois premiers car ils sont solides dans toutes les lignes.

Eurosport - Propos recueillis par Martin MOSNIER
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