SAINT-ETIENNE - MARSEILLE : 1-0
But : Dernis (90+3)
En trois jours, Eric Gerets a déjà mesuré toute l'étendue du travail qui l'attend sur le banc marseillais. En effet, en un laps de temps aussi court, le nouveau technicien phocéen a pu apprécier les deux visages que présente sa formation depuis quelques semaines. Impressionnant de maîtrise mercredi soir malgré la terrible ambiance d'Anfield face à Liverpool (0-1), le club olympien s'est montré emprunté, fébrile aussi et enfin (trop) souvent mal inspiré pour espérer déséquilibrer le bloc stéphanois samedi en championnat (1-0). Fringant en Ligue des Champions, compétition où pour le moment la bande à Djibril Cissé collectionne les succès, Marseille reprend ses habits de petite bête fragile une fois la Ligue 1 de nouveau couchée en gras sur son planning.
Pourtant, les Olympiens abordaient avec beaucoup de confiance leur déplacement dans le Forez. Autrefois terrain inhospitalier pour les ambitions phocéennes, Geoffroy-Guichard s'était mué en billet direct pour la C1 la saison dernière, suite à un but décisif de Valbuena. De quoi décomplexer des Olympiens longtemps sevrés de bonheur sur le sol des Verts. L'OM, malgré une belle occasion d'entrée pour Valbuena (4e), voit très vite les vagues vertes affluer sur son but. La sortie sur blessure de Varrault (8e) n'entrave pas la montée en puissance des Foréziens. Son suppléant, Diawara, multiplie les montées sur son flanc droit, offrant un appui certain au duo Ilan-Gomis. C'est lui d'ailleurs qui permet au second de se mettre en position de frappe. Mandanda, déjà sollicité par Ilan quelques instants auparavant (25e), s'envole bien pour repousser la frappe enroulée du joueur stéphanois aux dreadlocks (30e).
Dernis répond à Valbuena
Marseille n'a pas le choix et tente de réagir. Individuellement notamment, une solution imposée par le manque de mobilité du jeu phocéen. Ainsi, Niang s'essaie bien de loin mais Janot veille (32e). Les hommes d'Eric Gerets, bien que malmenés par des Verts bien plus tranchants qu'eux, pensent être délivrés mais M. Auriac ne bronche pas lorsque Dabo tacle irrégulièrement Niang dans la surface (45e). La partie s'anime alors. Les mauvais gestes pleuvent sur la pelouse de Geoffroy-Guichard, en parfaite synchronisation avec la pluie d'ailleurs. Le corps arbitral, peu inspiré, est à la peine. Des hors-jeu imaginaires à l'encontre de Gomis, des contacts dans la surface non sifflés et même une agression de Taiwo sur Diawara juste sanctionnée d'un carton jaune (45+3): on a déjà vu un arbitrage plus net, c'est certain, sur les pelouses de L1.
Rythmée, la partie a beau être plaisante, son intérêt a du mal à décoller. La faute également à un manque criant de précision de la part des Stéphanois et de Gomis surtout. Sa tête à bout portant, sur corner, trouve le moyen de filer en tribunes (49e). La tension monte encore d'un cran lorsque Givet met à terre Gomis, dans le même registre quasiment que Dabo en première période (60e). Les minutes filent et le match nul, frustrant pour Saint-Etienne mais encourageant pour l'OM, semble sérieusement se dessiner. Les Marseillais, passablement émoussés, n'ont plus la lucidité pour faire la différence malgré les efforts répétés de Niang sur le flanc droit. Pis, c'est à dix contre onze que les Olympiens terminent la rencontre, Taiwo commettant une faute d'antijeu en position de dernier défenseur sur Feindouno (88e). Il n'en faut pas plus pour donner à cette partie un épilogue spectaculaire.
Dernis, entré en toute fin de partie, prouve très vite sa loyauté envers son coach, malgré un temps de jeu réduit à la portion congrue. D'une frappe que n'aurait pas renié mercredi un certain Mathieu Valbuena, l'ancien Lillois place une frappe terrible dans le but de Mandanda, heurtant au passage la transversale marseillaise (0-1, 90+3). Comme quoi, il n'y a pas que du côté de l'OM qu'on peut se laisser porter par un petit vent de folie. Une qualité que les Phocéens devront vite exporter en championnat, quitte à en mettre moins en C1. La zone rouge est provisoirement d'actualité pour des Marseillais finalement bien "lunatiques".
LA DECLA : Eric Gerets (entraîneur de Marseille)
"Après le bon match à Liverpool, j'étais sr que l'équipe évoluerait en confiance. En première période, je regrette que l'on n'ait pas profité de la liberté dont a profité par exemple M'Bami dans les 45 première minutes. J'ai dit à Rodriguez qu'il y avait moyen de profiter du surnombre mais nous n'avons pas su l'exploiter. Beaucoup de joueurs n'étaient pas dans un bon jour et nous avons perdu beaucoup de ballons. Je suis déçu et les joueurs aussi. La seule excuse que l'on peut invoquer, c'est le terrain difficile. La preuve, avec les nombreuses glissades de part et d'autre".
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