Ah... un match de foot, décidément, ça ne tient pas à grand-chose. Ce ne sont pas les Marseillais, pas toujours gâtés par le sort, qui pourront dire le contraire. Et ce ne sont pas non plus les Caennais, leurs victimes au Vélodrome samedi (6-1), qui iront contester cette vérité désormais bien établie. Pour un but injustement refusé, Caen a eu droit en échange à, une véritable petite volée de bois vert. Et le Vélodrome, lui, a une soirée de gala comme il en attendait tant. Elliot Grandin, ancien caennais et futur... marseillais, a dû apprécier.
Le malheur des uns a donc fait le bonheur des autres sur la verte pelouse du stade Vélodrome. Pourtant, l'affaire n'était pas gagnée en tout début de rencontre. Loin de là même. Peu vigilante, un de ses péchés mignons d'ailleurs cette saison, la défense marseillaise boit la tasse. Si Toudic en profite dès les premières secondes de la partie (0-1, 2e), Gouffran a droit à un petit solo de Mandanda sur sa ligne (10e). Krupoviesa, passé au travers, appréciera... tout comme Sorbon, un peu juste devant Cissé auparavant (8e). Le match est ouvert, très ouvert entre deux équipes vouées à jouer la carte de l'offensive à outrance. A ce petit jeu, c'est pourtant Caen qui se distingue le mieux. Jusqu'à la 12e minute, jusqu'à ce but de Toudic, mis sur orbite par Gouffran, injustement refusé par le corps arbitral alors que le ballon avait franchi la ligne.
Le Vélodrome debout
Car derrière, plus rien n'est pareil. Marseille bascule dans une autre dimension. Le Vélodrome retient son souffle, certes, sur une tête hors cadre de l'intenable Toudic (18e)... mais le Mistral, plutôt discret en début de partie, s'est levé au-dessus de l'enceinte phocéenne. Il a pour nom Djibril Cissé. L'international français, pas vraiment à la fête cette saison, réhausse son niveau de jeu, comme celui de ses partenaires d'ailleurs. La sanction ne tarde pas à tomber. C'est du bout du pied que l'ancien joueur de Liverpool remet les siens dans le bon sens (1-1, 28e). Forcément, cela agace Caen. D'autant que le but de l'attaquant péroxydé de l'OM ressemble presque comme deux gouttes d'eau à celui refusé à Toudic.
Sur son banc de touche, Franck Dumas est donc consterné?. Il le peut. Mais le technicien normand doit vite se rendre à l'évidence. Injustice ou pas, son équipe ne parvient plus, mentalement comme physiquement, à sortir la tête de l'eau. Le ballon se transforme en or dans les pieds des joueurs phocéens. Valbuena le prouve. A deux reprises, le chouchou d'Eric Gerets place autant de coups de canon en direction du but normand, deux frappes - dont un lob, superbe - sorties d'ailleurs ayant un lien de parenté direct avec son chef-d'oeuvre inscrit en Ligue des Champions devant Liverpool (41e, 2-1, 44e, 3-1). Costil, à chaque fois, est impuissant. Tandis que le Vélodrome se (re)découvre des héros, le jeune portier normand plonge en plein cauchemar. Le Mistral passe une nouvelle fois au-dessus de son but et meurtrit un peu plus le portier malherbiste dans sa chair.
Cissé s'offre même le luxe de varier les genres : un pétard d'abord (54e, 4-1) pour gratifier une belle passe décisive de Nasri (54e, 4-1) puis un plat du pied fin et efficace pour finir, après une longue ouverture de Krupoviesa (56e, 5-1)... L'artiste peut quitter la scène, sous les rappels, presque du public. Une réconciliation serait-elle au programme ? Trop tôt pour le dire même si le principal intéressé semble avoir tourné la page. Franck Dumas et ses hommes auront du mal eux à le faire. Flouée et surtout complètement déstabilisée par une erreur arbitrale, c'est sur un solo de Nasri, ponctué d'une frappe victorieuse, que sa petite troupe quitte le stade Vélodrome (81e, 6-1). En catimini, dans leurs petits souliers. En revanche, ceux de Cissé, Valbuena et de Nasri, samedi, ressemblaient fort à des chaussures de géants...
LA DECLA : Eric Gerets (entraîneur de Marseille)
"On a marqué des buts d'une beauté exceptionnelle et ce qui me procure beaucoup de plaisir, c'est de voir l'équipe revenir après avoir encaissé un but. Cependant, il ne faut pas rester dans l'euphorie jusqu'à la semaine prochaine, parce qu'on a vu aujourd'hui que la défense a complètement raté sa première mi-temps. Heureusement que l'entrejeu et l'attaque étaient là ce soir (samedi). Je suis satisfait que le public aime de nouveau les joueurs, en particulier l'un d'entre eux (ndlr: Cissé), qu'il n'aimait pas il y a encore quelques temps et qu'il a maintenant repris dans ses bras."
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