DJIBRIL CISSE, vous avez été très critiqué ces derniers temps. Quel jugement portez-vous sur vos performances ?
D.C. : Cette saison, l'OM a réalisé trois bons matches. Et, à chaque fois, je n'étais pas là. Je commence à me demander si je ne suis pas le chat noir de l'équipe. Mais il ne faut pas être égoïste : ça m'embête de ne pas pouvoir jouer, mais je fais passer mon cas personnel après l'équipe. Contre Lyon, c'est sûr que j'aurais aimé rentrer, même un petit quart d'heure... Mais la victoire est au bout et Mamad (Niang) a réalisé un super match.
L'OM semble plus performant avec Mamadou Niang seul en pointe.
D.C. : Pour l'instant, on est meilleur avec Mamad qu'avec moi. C'est une évidence. Mais la roue tourne vite en football. Peut-être que dans pas longtemps, ce sera le contraire... Ceux qui ont débuté contre Lyon ne seront peut-être pas les mêmes que ceux qui vont évoluer contre Metz en championnat dans 10 jours. En tout cas, je travaille pour faire partie du onze titulaire.
L'an passé, vous avez aussi connu une période délicate.
D.C. : Effectivement, pendant cinq ou six matches, je me suis retrouvé sur le banc. Mais j'ai travaillé et surmonté tout ça pour revenir à mon meilleur niveau. Je le ferai encore cette saison même si c'est plus difficile.
Que répondez-vous à ceux qui pensent que vos contre-performances sont dues à de trop nombreuses sorties nocturnes ?
D.C. : On m'a reproché d'avoir fait une soirée à Paris ! Mais c'est des conneries tout ça. Après le match d'Auxerre, je n'ai jamais demandé à José Anigo de partir sur Paris pour faire la fête. Personne ne sait pourquoi je voulais aller à Paris. Mais cette rumeur est partie et, pour les gens, je suis un fêtard. Ils se disent : "Cissé il sort. Cissé il fait ça..." Mais je ne sors pas ! Je vous mets au défi de me voir dehors un soir ! Je vais à l'entraînement, je travaille et je rentre chez moi. C'est tout. Je bosse et ça payera. Je ne fais rien de mauvais donc il n'y pas de raison pour que la forme ne revienne pas. Moi, j'ai la foi. Dieu m'aidera, il n'y a pas de problème.
On vous sent particulièrement remonté.
D.C. : J'en ai vraiment assez d'être critiqué ! Je sais ce que je peux faire. Je ne suis pas venu à l'OM pour être sur le banc. Mais ce n'est pas la peine de répéter tous les jours dans les journaux que je ne suis pas bon. Une fois, ça suffit. Le lendemain de la victoire à Lyon, on parlait presque autant de mon absence sur la pelouse que de la performance de Niang. Et le surlendemain, j'étais à la Une de l'Equipe qui posait la question de savoir qui il fallait choisir pour jouer en pointe. Mais qu'on arrête de me harceler et qu'on me laisse tranquille !
Mais vous êtes international français et vos contre-performances peuvent inquiéter...
D.C. : (Il coupe). Il suffit de le dire une bonne fois pour toute, mais pas tous les jours ! Ça commence à devenir très pesant. Je ne comprends pas pourquoi on ne parle pas plus de Valbuena, Nasri ou Niang. Pourquoi faire tout un plat de la méforme de Cissé et ne pas insister sur la forme de Niang par exemple ? Je sais que les journalistes font tout pour que je paraisse aux yeux des gens comme quelqu'un dont on parle plus pour ses sorties extra-sportives que pour ses performances sur le terrain. Mais je ne suis pas celui que l'on veut bien décrire !
Ces attaques vous déstabilisent-elles ?
D. C. : Je n'ai jamais subi de telles critiques, même quand je jouais à Liverpool. Deux jours après la victoire à Lyon, quand je suis revenu me reposer un peu en Angleterre, j'ai lu la presse française et on parlait de "Cissé : divorce à la marseillaise". Mais c'est quoi ces conneries ? Laissez-moi tranquille !
Avez-vous pensez à quitter l'OM ?
D. C. : Si je vous dis non, je suis un menteur... Oui, ça m'est passé par la tête.
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