Football - Ligue 1
17/01/2008 - 09:58"Cavé", Le taureau est lâché

Auteur d'un doublé face à Auxerre (4-1), Fernando Cavenaghi a prouvé à Laurent Blanc qu'il méritait mieux qu'un rôle d'intermittent du spectacle. L'absence de Marouane Chamakh, retenu avec le Maroc à la Coupe d'Afrique des Nations, pourrait d'ailleurs lui
"Moi, j'aimerais jouer tous les matches. En championnat, en Coupe de l'UEFA et en Coupe de France. C'est pourquoi je travaille avec ardeur à l'entraînement". Ces propos pourraient être ceux d'un miraculé du football. D'un joueur avide de tout prendre, de tout vivre, quitte à grappiller du temps de jeu ici ou là, juste pour le bonheur de refouler une pelouse. Finalement, ils ne sont que l'oeuvre de Fernando Cavenaghi dans les colonnes de Sud-Ouest. Ecarté des terrains durant près de deux mois en raison d'une pubalgie estivale, l'ex-joueur de River Plate, cantonné à jouer les utilités au sein de l'effectif bordelais, ronge son frein. A défaut de pouvoir exprimer ses qualités en Ligue 1. La faute notamment à l'indéboulonnable David Bellion, principal canon du dispositif mis en place cette saison par Laurent Blanc. A Marouane Chamakh également, peu prolifique mais diablement utile dans le jeu collectif grâce notamment à son jeu de tête.
Pourtant, celui que l'on surnommait "le petit Taureau" du temps de sa carrière argentine, ne manque pas de qualités. Finition, vision du jeu, sens du sacrifice, l'attaquant sud-américain a déjà eu tout le loisir d'afficher ses points forts sur la scène européenne. En UEFA précisément avec quatre buts en cinq sorties. Sauf qu'après deux apparitions sans lendemains rieurs face à Rennes et Toulouse, Cavenaghi a dû attendre la venue d'Auxerre pour démontrer son immense talent en Ligue 1. D'un doublé, il s'est offert à lui tout seul le scalp d'Auxerre. En variant les styles, s'il vous plaît. Un plat du pied droit de renard dans la surface, suite à un penalty manqué de Bellion et une frappe limpide des vingt mètres, côté gardien d'ailleurs, le tour est joué, fermez le ban. "Le but de "Cavé" est exceptionnel, s'est d'ailleurs extasié son partenaire David Bellion. Le contrôle et la frappe, tout le monde a cru qu'il allait enrouler au deuxième poteau, et boum au premier ! Cela a vraiment calmé le match."
Fan de Batistuta
Et pas que le match d'ailleurs. Désormais, Laurent Blanc va avoir bien du mal à expliquer ses choix et surtout "la mise au placard" que subit l'Argentin depuis cet été. "Ce qui me plaît dans ce garçon, c'est qu'il sert à faire jouer l'équipe. (...) Avoir une palette d'attaquants aux qualités différentes, c'est intéressant dans la mesure où on peut toujours surprendre l'adversaire. Mais je ne peux pas jouer avec cinq attaquants. Il va falloir faire des choix". Aujourd'hui, ces choix-là ne s'imposent-ils pas d'eux-mêmes ? N'y a-t-il pas une logique sportive qui est en train de s'affirmer du côté du domaine du Haillan ? Sur les trois attaquants à sa disposition, Blanc n'en a finalement que deux qui s'avèrent régulièrement décisifs dans la surface de vérité. Du moins quand ils jouent.
Surtout, Cavenaghi jouit d'une bonne cote auprès des supporters. Un phénomène de sympathie assez rare, surtout lorsque le sujet du débat a coûté une petite fortune (8 millions d'euros) et chauffe plus le banc de touche que les pelouses de Ligue 1. "Ils me soutiennent énormément et cela me touche. Quand ils chantent pour moi, j'en ai toujours la chair de poule !", exprimait il y a peu le petit buteur argentin. Une chanson à sa gloire, un public dans sa poche, une complicité évidente avec ses partenaires de jeu et une admiration sans bornes pour Batistuta ("pour moi, c'était le plus fort de tous"), ajoutez-y les buts inscrits depuis le début de saison et le CV de Cavenaghi est plutôt épais.
"Cavé est un très bon joueur de football, il aura peut-être davantage d'opportunités de montrer ses talents", se sent presque obligé de préciser Laurent Blanc. Avec le départ de Chamakh à la CAN et vu la prestation auxerroise de l'intéressé, il serait difficile - sauf blessure - de ne pas revoir rapidement l'Argentin sous le maillot au scapulaire. Laurent Blanc, inquiet en début de saison de ne pas avoir assez de cartouches à sa disposition, connaît désormais le bonheur des "nouveaux riches". Casse-tête à l'horizon...















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