Il est des valeurs sûres sur lesquelles un club peut s'appuyer, le genre de joueur aux prestations toujours égales. Ulrich Ramé est de cette trempe, véritable taulier de la défense girondine. Dix ans qu'il garde les cages de Bordeaux soit 386 matches toutes compétitions confondues. Une décennie durant laquelle il ne fut que très rarement discuté au sein du club au Scapulaire. Autant dire que la période de turbulences qu'il traverse ces derniers jours est sinon inédite au moins assez exceptionnelle pour ne pas l'évoquer.
Bordeaux a sombré face à Caen. Une correction 5-0 à laquelle Ramé n'est pas étranger. Deux boulettes du gardien ont précipité la chute girondine. Sur le premier but caennais, une grossière mésentente avec Planus offrait un caviar à Gouffran. Sur le deuxième, une mauvaise appréciation du ballon surprenait le portier bordelais. Deux erreurs que le gardien assumait pleinement. "Sur le premier, une mésentente tout simplement. Sur un ballon anodin avec aucun attaquant&hellip Sur le deuxième but, comme je suis sur mon deuxième appui, je suis mal positionné, donc déséquilibré. Du coup je n'ai pu qu'effleurer le ballon plutôt que de le dégager du poing comme je souhaitais le faire. On peut avancer n'importe quelle excuse, mais on prend deux buts en début de match, donc on ne peut pas parler de fatigue. C'est un match humiliant et difficile à encaisser."
Déjà fautif au Mans
Ramé n'en est pas à sa première soirée cauchemar cette saison. Mi-août, au stade Chaban-Delmas, les Girondins subissent leur première défaite de la saison face au Mans (1-2). Alors que Bordeaux mène 1-0, Ramé se fait expulser sur une grossière erreur. Et Bordeaux de perdre pied. Pourtant Laurent Blanc ne veut pas accabler son portier, conscient qu'il s'agit davantage d'une mauvaise passe que d'une réelle baisse de niveau : "Il ne faut pas enfoncer Ramé. Il nous a sauvés des points par le passé mais c'est vrai qu'il a une responsabilité dans ces deux premiers buts. " Jean-Louis Triaud, président bordelais, s'est attaché à prendre la défense de son gardien : "Ramé ne commet pas beaucoup d'erreurs. Là, il y a une erreur de communication avec son défenseur puis une faute de main. Voilà, cela fait deux buts. Habituellement, il fait très peu de fautes, c'est plutôt lui qui soulage l'équipe par la qualité de son jeu."
Effectivement, il est difficile pour le staff ou les dirigeants bordelais de blâmer le meilleur girondin de ces quatre dernières, le plus régulier. A 35 ans, il a toujours été exemplaire. Reste que l'ancien gardien d'Angers a coûté deux défaites à son équipe cette saison. Ramé tient aussi sa force à sa capacité à ne jamais douter et toujours s'être relevé. L'occasion est belle de se racheter dès ce dimanche face à Toulouse. Une nouvelle contre-performance fragiliserait sans doute sa position. Car le poste de gardien est ainsi que chaque passage à vide à des conséquences souvent fatales. Un poste particulier donc car forcément plus exposé à l'erreur. Et ce n'est pas Sébastien Frey, irréprochable en club mais auteur d'une seule erreur en équipe de France, qui dira le contraire.
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