JERÔME ROTHEN, la victoire face à Metz a-t-elle confirmé qu'il n'y a plus de "syndrome Parc des Princes" ?
J.R. : Elle nous fait du bien car elle nous permet de rester au-dessus de la ligne de flottaison. On a fait le métier car tout le monde nous voyait gagnants avant de jouer le match. On a su éviter le piège et offrir au public une belle victoire. La confiance est au beau fixe, on a retrouvé notre jardin, mais il ne faut surtout pas s'enflammer.
Une victoire, un but, une passe décisive, la soirée a été bien remplie...
J.R. : C'est vrai que mercredi soir, c'était un vrai kif. Quand on a la chance de jouer dans un stade rempli, de gagner, de marquer et d'offrir du spectacle aux spectateurs, on se rend compte qu'on fait un métier fantastique.
Qu'avez-vous ressenti au moment de votre sortie du terrain sous l'ovation du public ?
J.R. : Ça m'a vraiment touché. On est joueurs pour connaître des moments de joie comme ça. Communier avec le public, il n'y a pas plus beau. A la fin du match, j'ai entamé un tour d'honneur pour remercier les supporters de leur soutien, ils le méritent. Sylvain Armand est venu avec moi. Ce serait bien que d'autres joueurs nous suivent à l'avenir.
Tous ces moments de tension avec les supporters sont-ils définitivement oubliés ?
J.R. : Oubliés, non, je ne peux pas oublier ce qui s'est passé mais j'ai mis ça de côté. J'ai fait une bêtise avec le tract, eux en ont fait une belle aussi. Le tout c'est de reconnaître ses erreurs. On a un objectif commun: que Paris gagne. Alors autant qu'on soit ensemble.
Qu'avez-vous ressenti au plus fort de la tempête ?
J.R. : Mentalement, ça a été dur. Des moments comme ça, ça mine forcément. Il a fallu s'accrocher. J'espérais beaucoup de ce début d'année pour gagner à nouveau au Parc et, du coup, arranger ma relation avec le public. C'est fait et j'en suis ravi.
Avez-vous songé quitter le club à un moment ?
J.R. : Honnêtement, si les menaces avaient continué, je me serais posé des questions. Le foot, c'est mon métier et ma passion. Mais quand ma passion met en danger mes proches, quand ça dépasse le cadre sportif, il faut savoir dire stop. Si j'avais senti mes enfants dans l'insécurité, j'aurais pris mes cliques et mes claques. Mais cela n'a pas été le cas.
Pensez-vous réaliser votre saison la plus aboutie depuis que vous êtes au Paris Saint-Germain ?
J.R. : Oui, au niveau des statistiques, c'est certainement ma saison la plus complète. Mais c'est la première fois que je peux enchaîner les matches sans être blessé; cela fait un an que je joue presque tous les matches. Forcément, ça compte. J'ai retrouvé la confiance, je me sens bien mais le plus important, c'est l'équipe. Si j'ai un coup de moins bien mais que l'équipe remonte en championnat et remporte une des deux coupes nationales, ça m'ira très bien.
Et l'équipe de France ?
J.R. : Ça c'est un objectif personnel. Je suis resté presque deux ans sans avoir été convoqué chez les Bleus. Là, j'y ai regoûté. Maintenant, je n'ai plus envie de lâcher. L'Euro est encore loin, il peut se passer plein de choses. D'ici là, j'espère enchaîner les sélections, à commencer par le match contre l'Espagne.
La concurrence va être rude sur le flanc gauche entre Malouda, Ben Arfa et vous...
J.R. : Oui mais je pense qu'on a tous des profils différents. "Flo" percute beaucoup, c'est plus un attaquant gauche. Hatem est capable de jouer en soutien de deux attaquants, à droite. Moi, je suis plus un milieu de terrain qui peut jouer à gauche ou dans l'axe en récupération.
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