Football - Ligue 1
10/11/2007 - 04:45Roussey, coach en questions

Laurent Roussey, entraîneur de l'ASSE, n'a pas échappé à la critique suite à la défaite des Verts, 8e de L1, à Lens (3-2). Pour sa première expérience à la tête d'une équipe de Ligue 1, Roussey surprend par certains de ses choix. Retour sur son début de s
La défaite de Saint-Etienne à Lens est-elle imputable au coach des Verts ?
En partie. Flash-back : dimanche dernier au stade Felix Bollaert, l'ASSE mène 2-0 face à Lens. 59e minute, Laurent Roussey décide de muscler son milieu de terrain. Il remplace Gigliotti par le Brésilien Nivaldo qui prend place en défense centrale. Baya Sall, impérial depuis plusieurs semaines au sein de l'arrière-garde des Verts, se repositionne en milieu de terrain. Chose rare, Roussey modifie sa charnière centrale en cours de jeu alors qu'elle avait plutôt bien résisté jusque-là. Conséquence directe (ou simple dommage collatéral ?), Lens revient au score et arrache les trois points. Nivaldo boit la tasse, enrhumé, sur l'ultime but lensois, par un Dindane sur une jambe car blessé à la cuisse. L'ASSE s'est elle-même torpillée en acceptant la pression lensoise.
Roussey, lucide, a reconnu son erreur au coup de sifflet final : "J'assume mes responsabilités. J'ai voulu muscler l'axe, et j'ai déséquilibré l'équipe. Je n'ai pas aidé l'équipe, je m'en veux. " Une erreur qui n'a pas manqué de faire réagir. "Quand tu mènes 2-0 et que ça marche bien, que tu as un système qui fonctionne bien, comment peux-tu faire cette erreur et leur donner la possibilité de revenir à la marque ? Lens est KO à ce moment. Tu prends un pistolet et tu te tires dessus", analysait Luis Fernandez sur RMC. Et Didier Deschamps de renchérir : " Changer sa charnière centrale, c'est rarissime sauf blessure parce que c'est la base et la sécurité d'une équipe."Il serait pourtant facile d'imputer la remontée des Lensois au seul Laurent Roussey. "Il faut être réaliste: on marque sur nos deux seules occasions mais on passe 70 minutes dans notre camp", notait ainsi Janot.
Quelle(s) conséquence(s) la déroute lensoise peut-elle avoir ?
L'an dernier, au mois de janvier, les Ligériens commettent la même erreur dans le Nord. Mené 3-0 par les Verts, Lens recolle finalement au score. Saint-Etienne aura du mal à s'en remettre. S'ensuivra une série de dix défaites en quinze matches et une dégringolade au classement (de la 5e à la 11e place). La position d'Ivan Hasek, alors aux manettes, s'en trouvera fragilisée, son coaching de plus en plus discuté. Onze mois plus tard, Roussey et les Verts ne sont pas à l'abri d'un bis repetita.
Roussey en est-il à sa première bourde ?
L'ancien adjoint de Claude Puel à Lille s'est déjà fait remarquer cette saison par quelques choix surprenants voire troublants. Notamment face à Nancy, lors de la 7e journée. Mécontent du rendement de Dimitri Payet, Roussey décide le remplacer à la 34e minute de jeu. Il récidive dix minutes plus tard, à une minute de la mi-temps, en sortant le Suédois Nilsson, qui étrennait sa première titularisation. Assurément déroutant. Des décisions sans effet puisque l'ASSE perd pied en Lorraine (2-0) et livre ce qui reste comme son plus mauvais match de la saison. Alors Roussey adepte du coaching impulsif ? Face à Strasbourg, Gigliotti en fait lui aussi les frais. L'ancien Monégasque n'aura passé que vingt minutes sur la pelouse de Geoffroy-Guichard avant de céder sa place. Pas idéal pour un joueur en manque de temps de jeu et de confiance. Par ses choix hâtifs, Roussey a peut-être voulu marquer son autorité, lui qui, au mois d'août, n'avait jamais dirigé une équipe de Ligue 1. Une nouvelle maladresse. Quant à Nilsson, Gigliotti et même PAyet, ils n'ont toujours pas confirmé les espoirs placés en eux. Nouveau dommage collatéral du coaching ?
L'ASSE est-elle en retard sur son tableau de marche ?
En bâtissant une équipe talentueuse mais très jeune, Roussey et ses présidents veulent se donner du temps. En ce début de saison, rien n'a vraiment changé au niveau comptable. L'ASSE semble, pour le moment, destinée au ventre mou. Les saisons se suivent et se ressemblent dans le Forez. Chaque fois que les Verts peuvent accrocher le wagon des places européennes, ils ratent le coche. Dernier exemple en date, face à Auxerre à domicile (0-0). Le jeu proposé, tourné vers l'offensif, est plutôt séduisant. Reste de nombreux points d'interrogations. Les recrues réclamées par le coach stéphanois n'ont pas toutes convaincu. Payet et Matuidi ont du mal à confirmer leur saison dernière et Nilsson, attaquant suédois désiré par Roussey, n'a encore rien montré. La principale trouvaille du coach forézien ? Baya Sall, LA satisfaction de ce début de saison. Pour le reste, Roussey doit encore faire ses preuves.















Vous êtes authentifié comme journaliste :
Commentaires
Actualiser
0 Au 0 sur 0