MONACO - BORDEAUX : 0-6
Buts : Cavenaghi (51e, 60e), Micoud (60e, 87e), Chamakh (81e) et Obertan (90e+1)
La Ligue 1 a désormais sa réponse. Oui, le championnat de France sera indécis jusqu'au bout. Oui, Bordeaux a l'étoffe, notamment en ce moment, pour aller chercher l'Olympique Lyonnais en tête du classement. Et oui enfin, Fernando Cavenaghi est bien parti pour devenir l'une des têtes d'affiche à venir de la Ligue 1, si cela n'était pas déjà fait. Un score suffit pour rassembler toutes ces données : 6-0, un résultat sec et net, largement suffisant au bonheur des Girondins sur la pelouse de Monaco. Un score qui ouvre toute grande les portes de l'ambition aux hommes de Laurent Blanc.
On savait Monaco inconstant cette saison mais qu'a-t-il bien pu se passer dans les têtes monégasques pour craquer de la sorte ? A en croire les joueurs du Rocher à l'issue de la partie, " tout allait bien en première période". En cela, difficile de les contredire. Bordeaux, asphyxié durant quarante-cinq minutes, peine à entrevoir la surface de Flavio Roma. Les protégés de Ricardo tiennent le ballon mais ne l'exploitent guère mieux que leurs invités. Alors, le public de Louis II manque de prendre froid, se cherche une motivation. Pourtant, sur le terrain, les deux équipes s'en donnent à coeur joie. Pas aux abords des surfaces de réparation mais au niveau des mollets adverses. Les fautes pleuvent, pas les buts. Compliqué alors d'imaginer le scénario complètement fou de la seconde période.
Cavenaghi, on ne s'en lasse plus
Pourtant, l'ASM le sait. Dominer n'est pas gagner, encore moins face à un adversaire de la qualité offensive de Bordeaux, toujours capable sur un malentendu d'inverser la vapeur. Diarra se charge de le rappeler, malgré la belle claquette de Roma (44e). Avertissement suffisant ? Il faut croire que non. Pis, Monaco baisse un peu le pied au retour des vestiaires. Toujours aussi agressif mais moins percutant en phase offensive. Bordeaux choisit alors son moment pour frapper. Cavenaghi, quasiment milieu récupérateur en première période, retrouve sa zone de prédilection : la surface adverse. C'est juste devant celle-ci d'ailleurs qu'il ouvre le score, concluant un magnifique mouvement collectif côté gauche (51e, 0-1). A peine le temps pour l'ASM de reprendre ses esprits que moins de dix minutes plus tard, Micoud transforme un ballon perdu en cours de route dans la surface en une frappe lumineuse et victorieuse (60e, 0-2).
Dès lors, le match bascule dans une autre dimension. Un peu d'excès pour les joueurs du Rocher, qui vont perdre Diego Perez, complètement dépassé par les événements et renvoyé illico presto aux vestiaires(67e) et qui manqueront de voir Jerko Leko le rejoindre dans la douche... un peu de bonheur pour les Girondins qui ont été littéralement touché par la grâce en seconde période. C'est bien simple, hormis une tête de Cavenaghi au-dessus (70e) et un duel perdu par Chamakh (80e), venu s'inviter à la fête, Bordeaux concrétise tout ce qu'il tente. Un ajustement lobé de Cavégol (66e, 0-3), un tacle rageur de Chamakh (81e, 0-4)... puis un jeté de Micoud au-devant de Roma (87e, 0-5) et un solo magnifique d'Obertan (90e+1, 0-6) terminent de creuser les tracés du cercueil monégasque. Marqué, l'ASM va en effet devoir faire le deuil de cette soirée déjà à bannir. Tandis qu'un géant de la Ligue 1 s'offre une fin de saison plutôt compliquée, Bordeaux peut serrer le poing. A un point de l'OL, désormais, tout est permis. La Ligue 1, désormais nantie de 668 millions d'euros pour assurer sa survie, sourit aussi.
LA DECLA : Laurent Blanc (entraîneur Bordeaux)
On frappe un bon coup. On connaissait les résultats des autres. On avait tout à gagner. Il ne fallait pas se mettre de pression sur ce match. Ce n'était que du bonheur. On regarde derrière mais aussi devant. Plus on chassera derrière, plus on aura de chance de rattraper ceux qui sont devant. On est pleinement satisfait. (...) On est dans une meilleure dynamique que Lyon qui vient de perdre. Maintenant, il y a des échéances européennes et je souhaite voir Lyon passer.
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