MICKAEL LANDREAU, sur quelles forces le PSG peut-il s'appuyer ?
M.L : A travers l'hostilité que l'on ressent et toutes les pressions que l'on subit de partout, le groupe se resserre et gagne en solidarité. Aujourd'hui, chacun se sent concerné par la fin de saison.
Comment le club peut-il en arriver là deux années de suite?
M.L : Je ne pense pas que le mal date seulement de deux ans. Ce n'est pas d'aujourd'hui que Paris... (il ne finit pas sa phrase). Dans notre situation, on a deux mois. Deux mois pour donner le maximum et faire tout ce qu'on peut pour sauver le club. Après, on ne maîtrise pas tout.
C'est-à-dire ?
M.L : ... (Il sourit mais reste silencieux)
Ne faut-il pas que quelqu'un tape du poing sur la table?
M.L : Qui vous dit que cela n'a pas été fait? Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de déclarations chocs qu'on ne se parle pas dans le vestiaire. Je le répète, on est tous unis pour donner le maximum.
Cela va-t-il suffire?
M.L : Alors on fait quoi? (silence) Ça va être compliqué parce que quand on revit une deuxième fois la même fin de saison avec la même pression, c'est forcément plus dur. A deux mois de la fin l'année dernière, on sentait une mobilisation et un engouement derrière l'équipe. Là, on sent un climat beaucoup moins favorable. Mais moi, j'y crois. Je pense qu'on a les moyens d'y arriver.
La grogne des supporters vous fait-elle peur?
M.L : Je peux comprendre qu'ils soient déçus et usés par toutes ces dernières années. Mais à deux mois de la fin du championnat, je ne pense pas qu'il y ait une mauvaise volonté de notre part. Au contraire. Qu'ils veuillent du changement, je peux le concevoir, mais il y a d'abord le maintien à jouer. Et l'avenir du club à assurer.
La Ligue 2, vous en parlez ou c'est un sujet tabou?
M.L : Il ne faut pas se mettre dans cet état d'esprit. En parler, c'est déjà l'accepter un peu. Non. On a deux mois capitaux, où on va jouer des finales jusqu'au bout.
Pendant votre mauvaise passe, les mots de réconfort de Raymond Domenech vous ont-ils touché?
M.L : Je ne commenterai pas son propos, comme je n'ai pas commenté celui de Peguy auparavant. Ici, tout est à commenter... mais tu ne peux rien commenter sans que cela prenne des proportions démesurées. On fera le point en fin de saison, là on parlera de tel ou tel moment. Mais aujourd'hui, on prépare Valenciennes.
Que pensez-vous de Steve Mandanda?
M.L : Moi aussi à 17 ans, j'ai connu une saison où j'arrêtais tout, j'ai eu une campagne (ndlr: médiatique). Je suis content franchement de ce qui lui arrive. Que Steve profite. Mais la route est encore très longue, sa carrière aussi.
Avez-vous été affecté par ce battage médiatique vous concernant?
M.L : Quand on est international à Paris dans le contexte actuel, médiatiquement, c'est très difficile à gérer. Mais je ne demande rien. Je donne, je m'investis, je continue à être le même, je ne cherche pas à me donner un style. C'est la seule manière de durer. Ma carrière fait que je dois vivre avec cette pression, ce tapage, cette agressivité permanente. Soit. J'espère que j'en sortirai encore plus fort.
Est-ce votre saison la plus difficile sur un plan personnel?
M.L : Je vous le dirai au mois de juin, on ne peut pas juger maintenant. Si ça se trouve, on va faire une très belle fin de saison avec Paris, se maintenir et remporter une Coupe, et on va faire un bel Euro avec l'équipe de France. Sur un plan personnel, j'ai eu un petit moment de moins bien mais je n'ai pas manqué un match, j'ai la santé. Pourquoi toujours chercher à voir le négatif?
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