Il n'est pas facile de raconter une belle histoire sur l'OM depuis le début de la saison. Malgré un recrutement important, Marseille stagne en queue de peloton et n'a pu sortir de la zone de relégation qu'à la faveur de sa très belle victoire à Lyon (1-2) il y a dix jours. Un rayon de soleil attendu après un début de championnat des plus sombres. Enfin, pas pour tout le monde. Mathieu Valbuena est ainsi parvenu à se révéler aux yeux du grand public en dépit des errements de son club. Surtout depuis l'arrivée d'Eric Gerets, célébrée par le petit (1,63m) Marseillais d'un but victorieux et historique à Liverpool, puisqu'il a permis à un club français de s'imposer pour la première fois à Anfiled (0-1).
La belle histoire n'a pas été sans lendemain. Un mois et demi plus tard, Valbuena est devenu une pièce maîtresse du dispositif mis en place par le technicien belge. Grâce à la confiance placée en lui par l'ancien entraîneur du PSV Eindhoven, mais surtout à ses prestations sur le terrain. Après les départs à l'intersaison de Franck Ribéry et Toifilou Maoulida, l'OM manquait de forces vives sur le flanc droit de son attaque, où Karim Ziani, venu de Sochaux, n'a pas réussi à s'imposer.
Valbuena, lui, y est parvenu. Du haut de ses 23 ans, l'ancien pensionnaire du centre de formation de Bordeaux a su faire parler sa vitesse, sa technique et sa combativité pour compenser son manque d'expérience au plus haut niveau. S'il semble progresser à chaque match, à l'image d'une dernière prestation solide à Gerland, le Marseillais reste lucide sur les raisons qui lui permettent de briller aujourd'hui. "Je me suis toujours accroché. Actuellement, je traverse une période plutôt favorable. Je continue à me surpasser. Dans tout ça, l'important, c'est d'avoir un coach qui vous fait confiance. Ça vous met dans les meilleures dispositions" , explique Valbuena dans les colonnes du quotidien La Provence.
"Bats-toi"
Il aurait également pu ne jamais vivre une telle expérience. Bordeaux, son club formateur, avait en effet décidé de ne pas le conserver, alors que le joueur n'avait que 18 ans. Passé par Langon (CFA 2), puis Libourne (National), Valbuena, pas vraiment avantagé par son petit gabarit, a dû se battre pour passer professionnel. "Je n'ai jamais renoncé. J'ai vu des tas de jeunes, non retenus en pros comme moi après leur cycle de formation à Bordeaux, qui n'ont pas eu la patience pour se relancer et la mentalité nécessaire pour ne rien lâcher", affirme-t-il.
Le milieu de l'OM est parvenu à rebondir, grâce notamment au soutien de ses proches. "A 18 ans, on peut être touché moralement et si, contrairement à moi, on n'a pas un entourage familial sur lequel compter, on peut vite plonger. Mes parents ont toujours été là. Je les entends encore me dire: "Bats-toi", confie le jeune olympien. Cette expérience a endurci Valbuena, et elle contribue certainement à la pugnacité qu'il manifeste sur le terrain. Elle lui a surtout permis de gravir les échelons, jusqu'à devenir titulaire à Marseille. Il ne s'enflamme pas pour autant. "Vous savez, je sais d'où je viens. Je sais où j'étais il y a peu de temps. Je n'oublie rien. Je vis un rêve, mais je me suis aussi battu pour être là", insiste le milieu de l'OM. Qui espère que la belle histoire de son joueur en amènera d'autres pour le club.



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