Football - Ligue 1
12/12/2008 - 14:00Ben Arfa met le feu

Trois jours avant ses retrouvailles avec Lyon, Hatem Ben Arfa a lancé les hostilités dans les colonnes du Progrès. S'il tente de jouer les conciliateurs et fait volontiers son autocritique, le Marseillais réserve quelques piques à son ancien club et notam
Hatem Ben Arfa est un joueur atypique dans le football français. Une chose est sûre : il ne laisse pas insensible. A la fois brillant et instable, on l'adore ou on le déteste. Les premiers pour ses gestes de génie. Les seconds pour ses écarts. Arrivé à Marseille cet été, il retrouve le club de ses exploits inachevés. Mais quel accueil lui réservera Gerland, dimanche ? Sans doute mitigé, lui aussi. Et ses dernières déclarations ne feront certainement pas grimper sa côte de popularité. Rien de bien méchant mais des petites piques qui égratignent l'image de l'OL et lui permettent au passage de régler certains comptes, avec Aulas notamment. "L'engouement autour du club est extraordinaire. C'est un autre monde par rapport à Lyon. Je ressens l'attente des gens et je veux rendre cette confiance. Il y a de belles choses à faire et moi je suis en train de prendre mes racines ici", confie-t-il dans une interview accordée au Progrès. Les Gones apprécieront...
Le Marseillais balance également quelques anecdotes sur son passage à l'OL. "C'est leur spécialité d'être un peu mesquins. Dans les vestiaires, tous les joueurs se plaignaient qu'il leur manquait toujours quelque chose sur leur fiche de paie. Là, je peux vous dire qu'il n'y avait pas de conflit de génération ! On râlait tous, il fallait réclamer. Par rapport à cela, l'OL manque de classe et n'est pas un grand club. Depuis que je suis à l'OM, les chiffres sont justes, c'est bizarre" , raconte-t-il. A l'écouter, il n'est donc pas mécontent d'avoir quitté le Rhône. Même s'il estime que les supporters lyonnais ont compris son choix. "Ils voyaient bien que je ne jouais plus beaucoup", ajoute-t-il, en se rappelant cette période où, "après une première partie de saison où (il avait) fait pas mal d'efforts, Kader Keita revenait en forme et (il a) un peu lâché".
"Lyon n'est pas un grand club"
Oublié en fin de saison dernière par Perrin, fâché avec Squillaci, Coupet ou Cris... le natif de Clamart n'a pas laissé un souvenir impérissable. Ses relations avec Jean-Michel Aulas n'étaient d'ailleurs pas au beau fixe. "Je respecte ce qu'il a fait pour l'OL parce qu'on ne gagne pas sept titres de champion comme ça. C'est un grand homme d'affaires, qui ne pense que business. Certains détaillent agacent, déstabilisent. Pape Diouf est plus humain", glisse-t-il. S'il pèse ses mots, le gaucher n'épargne pas non plus Karim Benzema. "On se parlait, on ne se parlait plus, c'est comme ça (...) C'est un joueur très doué, qui apporte beaucoup à l'OL. Ce n'est pas un ami mais je le respecte. Là, on va jouer pour la première fois l'un contre l'autre, et c'est un match qui donne envie" , déclare-t-il.
Ben Arfa réagit également dans cet entretien aux récentes critiques de ses anciens coéquipiers Cris et Grégory Coupet et reconnaît avoir fait "des conneries". "Mais j'étais jeune, affirme-t-il immédiatement. Je n'aime pas l'injustice et ça m'a fait réagir, c'est tout". Revenant sur les déclarations de l'ancien gardien de l'équipe de France, qui avait évoqué début décembre "un trop grand décalage" entre les générations à l'OL, Ben Arfa, 21 ans, reste mesuré. "Coupet est exigeant avec lui-même et donc aussi avec les autres" , souligne-t-il. "Il appartient à l'ancienne génération qui a un peu du mal à comprendre que les jeunes comme Karim (Benzema) ou moi soient médiatisés aussi vite aujourd'hui", explique-t-il, lâchant : "si on agace, ce n'est pas de notre faute, c'est le système".
Le mal aimé
Dimanche, tous les yeux seront rivés sur lui. "Un match particulier et aussi un match à six points". "Je suis serein , assure-t-il pourtant. J'espère juste être fort parce que c'est naturel pour un être humain de vouloir se surpasser dans des occasions comme celles-ci". De son côté, Eric Gerets "souhaite juste qu'il ne soit pas surmotivé parce que, quand on l'est, on perd en lucidité...". Mais Ben Arfa, six buts et deux passes cette saison, sait qu'on attend plus de lui sur la Canebière et qu'il a beaucoup à gagner. Mal aimé à Lyon, il l'est encore un peu à Marseille. Arrivé avec une image de joueur ingérable, son caprice face au PSG, lorsqu'il a refusé d'entrer en jeu, et la facilité avec laquelle on lui a pardonné, n'ont rien fait pour redorer son blason. Le Vélodrome, prompt à s'enflammer sur ses accélérations, sait aussi grogner lorsqu'il s'enlise dans ses numéros de soliste, comme face à l'Atletico ou Nice. Mais l'OM est prêt à tout lui pardonner pour un coup d'éclat face à l'ogre lyonnais.















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