Football - Ligue 1
29/05/2009 - 12:00Le Guen se lâche

Avant son départ du PSG, annoncé dès le 5 mai dernier, Paul Le Guen sort de sa réserve. Dans un entretien accordé à L'Equipe, l'entraîneur dévoile ses vérités sans mâcher ses mots. En première ligne, Sébastien Bazin et Alain Roche ne sont pas épargnés.
Depuis son départ annoncé du PSG, le 5 mai dernier, il était resté muré dans le silence. Il voulait attendre la fin de ses saisons avant de dévoiler ses "vérités" sur son passage sur le banc du club parisien. Mais, la 3e place désormais hors de portée, le futur ex-entraîneur est sorti de sa réserve dans une longue interview accordée à L'Equipe. Et le Breton n'a pas pour habitude de parler pour ne rien dire. Alors ça balance. Au club depuis deux ans et demi, il revient d'abord sur ses relations avec ses différents présidents. Si "il y avait un vrai respect" avec Charles Villeneuve, il reconnaît avoir eu une "relation courtoise mais sans affection" avec Sébastien Bazin.
Mais Le Guen a surtout la dent dure avec Alain Roche, responsable du recrutement. "Alain, je connaissais sa personnalité. Je savais que je ne pourrais pas compter sur lui pour m'aider à défendre au mieux les intérêts sportifs du club, explique-t-il. Il cherche constamment à faire allégeance avec l'autorité mais je ne mesurais pas à quel point son incompétence et sa médiocrité allaient me pénaliser". Il explique ainsi comment il a été poussé à recruter Mateja Kezman : "Un jour, Alain Roche m'appelle d'Istanbul où il discute le transfert de Kezman à la demande de Villeneuve. Nous n'en avions jamais parlé. Alors oui je lui ai dit : 'Je n'en veux pas'. Je n'avais rien contre le joueur mais on ne l'avait pas suivi de près, il n'était pas sur nos listes. Et je n'acceptais pas cette façon de faire".
"Mon bilan est positif"
Paul Le Guen revient également sur le cas Claude Makelele qui n'a pas caché dernièrement ses critiques à l'encontre de son entraîneur. "Je n'ai jamais été opposé à sa venue, un tel joueur ne se refuse pas. En revanche, je n'ai pas compris pourquoi on lui proposait quatre ans de contrat et je l'ai dit. Et ça s'est transformé en 'Il n'en veut pas'. C'est faux (...) Ensuite, il a dit que je n'étais pas le meilleur entraîneur qu'il ait connu. Il a raison. Et il a rajouté aussi qu'il n'était pas le meilleur joueur que j'ai entraîné. Il a raison", explique-t-il d'abord. L'ancien technicien du Stade Rennais se trouve même des points d'accord avec l'international qui avait notamment évoqué des "saletés" à nettoyer à tous les niveaux du club. "Je n'emploie pas ces mots-là mais il y a effectivement au club des rentes de situation" , a-t-il avoué.
Le Guen juge enfin comme une erreur le mot d'ordre "S'il y a des problèmes, voyez Claude (Makelele)", lancé par Bazin dans le vestiaire le jour de l'annonce officielle d'un changement d'entraîneur en fin de saison. "N'importe quel entraîneur aurait été désarmé en pareille situation. Le moment de l'annonce de mon départ était totalement inopportun (…) On peut me coller pas mal de choses sur le dos mais j'ai une conscience professionnelle. J'aurai jusqu'au bout assumé", dit-il. Reste qu'on sent qu'il vit son éviction comme une injustice et que la pilule a du mal à passer. "J'aurais adoré faire dix ans au PSG, c'est mon club. Mon bilan est positif. On m'a demandé de sauver le club de la relégation, et de le remonter dans les premières places du championnat, on l'a fait. Il y a une Coupe de la Ligue, une finale de Coupe de France, un quart de finale de Coupe d'Europe. Après, on peut toujours discuter...", laisse-t-il entendre avant de rebondir : "Ce n'est pas la première fois que je tourne une page, je sais les tourner".















Vous êtes authentifié comme journaliste :
Commentaires
Actualiser
26 Au 35 sur 35