Football - Ligue 1
06/10/2008 - 16:30Le plaisir est pour Pagis

Dimanche, Mickaël Pagis a marqué de son empreinte la rencontre face à l'Olympique Lyonnais (3-0). Auteur d'un triplé, le Rennais a fait plier le leader du Championnat de France à lui tout seul. A 35 ans passés, l'ancien Sochalien savoure ces moments rares
En Ligue 1, il n'est pas celui qui court le plus vite. Ni celui qui saute le plus haut. Et sans doute encore moins le plus puissant. Mais Mickaël Pagis, du haut de ses 35 ans, reste un sacré joueur. Un drôle de technicien au port altier qui, dans un bon jour, est capable de changer le cours d'un match à lui seul. Le Stade Rennais et l'Olympique Lyonnais ne démentiront pas. Dimanche, l'ancien Sochalien a fait la différence en signant du triplé retentissant (3-0) face au leader du championnat. Pas mal pour quelqu'un qui ne se considère pas comme un buteur et qui, d'ailleurs, n'avait pas encore trouvé la faille depuis le début de la saison.

Face à Lyon, Mickaël Pagis, joueur classieux, a rattrapé le temps perdu. Le numéro 10 du Stade Rennais a frappé à trois reprises en cinquante minutes, profitant de l'apathie de la défense lyonnaise. Les deux premières fois sur deux actions similaires, deux centres en retrait, l'un repris du droit, l'autre du gauche. Son dernier but est en revanche un véritable chef d'oeuvre et restera à coup sûr parmi les plus beaux de la saison. Une reprise de demi-volée de vingt-cinq bons mètres que l'excellent Hugo Lloris n'a pu aller chercher malgré ses efforts. Une véritable perle. "Ce qui est étonnant, c'est que j'ai le temps de contrôler le ballon, ce qui fait que je réussis mon geste, se remémore-t-il. C'est rare d'avoir autant de temps pour ajuster son tir. C'est le ballon du K-O. Ce triplé, c'est une émotion assez forte."
"A mon âge, j'essaie d'apprécier..."
Une émotion d'autant plus forte que Mickaël Pagis n'a pas réussi des coups du chapeau à la pelle durant sa carrière. Arrivé sur le tard en Ligue 1 (27 ans), l'ancien Marseillais se remémore tout de même le dernier. Qui ne date pas vraiment d'hier. "Cela m'arrive de marquer des buts, mais trois d'un coup, c'est rare. La dernière fois, je crois que c'était avec Strasbourg, en 2004 contre Caen (ndlr : en 2005). Il faut profiter de ce moment." Profiter du moment présent alors que le joueur arrive au crépuscule de sa carrière de footballeur professionnel. Une situation qui travaille le joueur. "A mon âge, j'essaie d'apprécier les bons moments."

Un moment bien plus agréable que celui vécu jeudi soir sur la pelouse du FC Twente. Eliminé avec Rennes au premier tour de la Coupe de l'UEFA, l'attaquant, un temps mal aimé par le public de la Route de Lorient, s'est rendu compte qu'il avait peut-être effectué sa dernière sortie européenne. Une sensation qui lui a donné envie de se révolter. "Notre match à Twente nous était resté un peu en travers de la gorge. Nous n'avions pas été récompensés de nos efforts et on voulait se racheter. Je me suis dit que c'était peut-être mon dernier match européen. Au coup de sifflet final, j'ai eu cette réaction." Et Lyon en a payé les pots cassés. Peut-être le moment pour Rennes de lui proposer une petite prolongation de contrat.















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