Football - Ligue 1
13/01/2009 - 13:47Lyon, ton football fout le camp

Lyon n'a décroché que six points lors des six dernières journées. Avec un fond de jeu en berne, un coaching discutable et des latéraux branchés sur courant alternatif, les septuples champions de France s'exposent au retour de leurs poursuivants.
UN RECRUTEMENT RATE ?
Des six recrues estivales, Hugo Lloris est la seule qui a justifié son statut. Décisif à de nombreuses reprises, l'ancien Niçois a assuré avec brio la succession de Grégory Coupet. Ederson surnage et semble avoir trouvé son rythme de croisière ces derniers mois. Il assure même avec un talent certain les absences répétées de Juninho. Pour le reste, le recrutement lyonnais n'est pas aussi rentable que les saisons précédentes. Si Claude Puel ne cesse de lui faire confiance, Jean II Makoun déçoit depuis le début de saison. Le Camerounais n'a pas le même volume de jeu qu'à Lille ni les mêmes intentions offensives. Pis, Makoun connaît un déchet constant dans son jeu notamment dans ses transmissions de balle. Soit blessé, soit employé à contre-emploi, John Mensah est approximatif parfois et bien souvent trop prudent. Miralem Pjanic, blessé lui-aussi en fin d'année, semble encore un peu tendre pour répondre aux exigences du septuple champion de France. Quant à Frédéric Piquionne, ses rares apparitions le condamnent à un statut de remplaçant.
UN MANQUE DE LIANT ET D'INSPIRATION OFFENSIVE

Lors de ses dernières sorties à Gerland, Lyon a semblé étrangement emprunté. Depuis la victoire convaincante face à Bordeaux (2-1), les hommes de Claude Puel se sont montrés incapables de dicter leur loi sur leurs terres. Quelques bribes de matchs ont entretenu l'illusion. Telle la seconde période face au Bayern Munich. Mais face à Valenciennes (0-0), sur un terrain détrempé certes, face à Marseille (0-0) et face à Lorient (1-1), l'OL a décroché trois nuls affligeants parfois, tristes souvent. Une première depuis la saison 1995-96. Résultat, un seul petit but marqué et un manque de liant évident sur les phases offensives. Les absences de Juninho n'expliquent pas tout d'autant qu'Ederson n'a pas eu à rougir de ses prestations. Plus qu'un individu, il semblerait que ce soit une question d'état d'esprit et d'intentions. Lyon n'a pas quantité d'occasions à se mettre sous la dent. Face à l'OM, l'impuissance lyonnaise était criante. "Nous avons été insuffisants en seconde période pour prétendre gagner. Il faut se remettre dans le coup, retrouver du physique et du liant dans le jeu. Il y a du travail", a admis Puel à l'issue du nul face à Lorient (1-1).
DES AILES COUPEES
Lyon a des circonstances atténuantes, des blessés à la pelle. Son côté droit est amputé de ses deux défenseurs latéraux (Anthony Réveillère et François Clerc). Résultat, John Mensah se soustrait à un contre-emploi et ne donne pas la pleine mesure de son talent. Le Ghanéen n'apporte que très rarement le surnombre offensivement. A gauche, Fabio Grosso souffre toujours des mêmes maux. Un placement approximatif et une tendance à quelques oublis fautifs. Dernier en date, face à Lorient, où Marama Vahirua a bénéficié du laxisme de l'Italien pour délivrer un caviar à Fabrice Abriel. Et quand les bases arrières tancent, c'est tout le collectif qui boit la tasse.
UN COACHING EN QUESTION
Pourquoi s'entêter à titulariser un Jean II Makoun trop brouillon ? Pourquoi s'évertuer à faire confiance à Kader Keita ou Fred ? Sur le banc trépignent quelques seconds couteaux qui ont démontré qu'ils avaient les capacités à réveiller un OL trop souvent apathique. Cesar Delgado, en nets progrès depuis l'automne, et Kim Källström, lui aussi souvent bon, mériteraient sans doute un peu plus qu'un statut de remplaçant. Quant au coaching de Puel, comme à Lille, il vise avant tout à mettre en place un bloc solide et hermétique. Moins de prise de risque donc et une philosophie à l'origine de la disette offensive actuelle.
















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