Football - Ligue 1
31/05/2009 - 04:30Paris reste à quai

Tenu en échec à domicile par Monaco (0-0), lors de la 38e et dernière journée de L1, le PSG ne s'est pas qualifié pour l'Europa League. Le club de la capitale, sixième du classement, est devancé à la différence de buts par Toulouse, neutralisé par Lyon (0-0), et Lille, vainqueur de Nancy (3-2).
PSG - MONACO : 0-0
Dimanche 15 mars 2009, Parc des Princes. Au coup d'envoi, le PSG est en passe de prendre la tête de la L1. Il lui faut pour cela venir à bout du grand rival marseillais. Quatre-vingt-dix minutes plus tard, l'OM repart avec un succès 3-1 de la capitale et Paris chute à la 3e place. Le début du déclin et la fin du rêve parisien de retrouver la Ligue des champions. Deux mois et demi plus tard, même lieu et nouvelle désillusion.
Avec des si, on mettrait Paris en bouteille, dit le dicton. Si le PSG n'avait pas perdu contre l'OM. Si le PSG n'avait pas annoncé si tôt le départ de Paul Le Guen et si le PSG n'avait pas perdu son buteur Guillaume Hoarau pour les derniers matches avant l'ultime journée, alors peut-être Paris serait en C1 voire champion. Mais dans la capitale, rien ne se passe jamais comme ailleurs. On ne saura jamais si l'incendie allumé par un entraîneur dépité et sur le départ a brulé les ailes de ses joueurs. Non, de l'aveu du fautif qui déclarait avant de jouer son va-tout face à une ASM démobilisée que le vestiaire n'était nullement perturbé par les propos acerbes de Le Guen à l'encontre d'Alain Roche, traité "d'incompétent et de médiocre".
Reste que sur le terrain, Landreau et les siens n'ont jamais montré une quelconque envie d'arracher ce ticket européen face à Monaco. Pour son dernier match à la barre, le tacticien breton avait choisi de laisser Hoarau sur le banc et de confier l'attaque au duo Kezman-Luyindula. Si le Serbe a peu pesé sur la défense adverse, l'ancien Marseillais a tout tenté pour déstabiliser une ligne arrière remaniée et rajeunie avec Mongongu et Nkoulou, 19 ans chacun. Le Congolais et le Camerounais ont, malgré leur manque d'expérience ensemble, parfaitement tenu la baraque, repoussant Luyindula et Giuly, parfois à la limite de la régularité. Mais ce sont surtout les approximations techniques qui ont coûté cher aux Parisiens, les privant de nombreuses opportunités dangereuses par l'accumulation de ballons perdus.
Un réveil trop tardif
En pole avant la dernière journée, titulaire de la 5e place avec deux points d'avance sur Lille et Rennes, Paris a rapidement su que la soirée serait difficile avec un LOSC qui menait déjà 2-0 au quart d'heure de jeu et s'emparait du siège pour l'Europa League à la différence de buts (+12 contre +11). Mais rien ne semblait inquiéter la bande à Rothen, apathique face à des joueurs du Rocher qui, comme bien souvent, entraient en douceur dans leur partie. Et c'est même le Colombien Pino qui se créait la meilleure occasion de la première période, obligeant Landreau à une intervention des deux poings (35e). Allégée de toute pression au terme d'une morne saison, l'ASM jouait libérée et, comme face à Bordeaux, se montrait d'autant plus dangereuse par l'entremise de Pino (49e) qui mettait la pression sur Traoré, tout près de dévier la balle dans son propre filet (59e). Mais le poteau venait à son secours avant que Landreau intervienne devant Meriem (64e).
Les entrées d'Hoarau et Pancrate apportaient du rythme, tout comme celle par la suite de Chantome. Mais bien trop tardivement pour que Paris dise oui à l'Europe. Et même si Nancy donnait un coup de pouce aux Franciliens, c'était à croire que le destin ne voulait pas basculer en faveur de joueurs qui prenaient conscience de la situation à dix minutes du coup de sifflet final. Hoarau réalisait un magnifique geste technique pour frapper... à côté (80e). Clément voyait son tir dévié par la défense (82e) avant que Makelele et Chantome n'allument la mèche à distance (84e). Ce dernier trouvait ensuite Ruffier (87e) tandis que la transversale sonnait le glas des espoirs parisiens en repoussant le tir d'Armand (90+1).
En deux mois, l'ange européen a délaissé les Parisiens, faisant oublier une saison qui aura été la meilleure depuis fort longtemps. Lille ayant réussi ce que le PSG n'aura pas su faire, à savoir s'imposer, l'Europa League débutera sans Paul Le Guen, parti et remplacé par Antoine Kombouaré, ni ses joueurs (6e au goal average) qui n'auront pas eu le temps de prendre goût aux virées européennes. Une page se tourne déjà après une saison qui fut longtemps celle de tous les espoirs.
LA DECLA : Sylvain Armand (défenseur du PSG)
"C'est évidemment une déception. On ne peut pas se satisfaire de passer si près du but, mais ce n'est pas ce soir qu'on perd l'Europe. On a raté des matches comme Auxerre et Valenciennes, on a fait trop de cadeaux. Il y a beaucoup de choses qui ont fragilisé le groupe, notamment tout ce qu'on a pu lire dans les journaux. Cela fait chier d'entendre qu'il y a un groupe désuni, qu'il y a des clans dans le vestiaire, qu'on attaque un tel ou un tel. Ce n'est pas ça qui nous a empêchés d'aller au bout, on ne cherche pas d'excuses, mais ça a lassé beaucoup de monde. Depuis un mois on ne parle plus de football. Oui j'en veux à la presse, j'en veux aussi à la communication des dirigeants. Peut-être aurait-il fallu attendre un peu. La Ligue des champions on n'était pas prêt pour aller la chercher. Dès qu'on a eu des possibilités pour passer premier ou passer devant Lyon à la 3e place, on s'est manqué. Dès qu'il y eu de la pression, on n'a pas su la surmonter."















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