Football - Ligue 1
08/03/2010 - 10:30Carrasso, héros frustré

Il a arrêté deux penalties, il a commis une erreur de main qui coûte deux points à Bordeaux : Cédric Carrasso a vécu un match exceptionnel face à Montpellier (1-1) lors de la dernière rencontre de la 27e journée. Le gardien du leader a été incontestablement l'homme d'un match étonnant.
Un gardien se juge au nombre de buts qu'il encaisse, pas à ceux qu'il arrête. C'est ce que disent les caciques du Championnat. Cédric Carrasso, héroïque pendant 94 minutes dans les cages des Girondins de Bordeaux assiégées par Montpellier dimanche soir, prouve que l'on peut connaître l'outrage d'un but encaissé sur une boulette à la dernière seconde des arrêts de jeu et rester digne. Frustré mais digne.
Excellent pendant toute la rencontre au sommet de la Ligue, auteur de deux arrêts autoritaire sur deux penalties, le Bordelais a offert l'image de cette 27e journée. Après l'égalisation de Costa, l'international a lentement posé sa tête contre son poteau, le regard dans le vague, offrant une mélancolie rare à ce niveau de compétition. A l'horizon ce sont deux points qui s'envolaient...
Carrasso et les buts rétrécis
Carrasso ne se plaindra pourtant pas. Le scénario de la rencontre a fait de lui le joueur du match. Il est le premier gardien à arrêter deux penalties dans la même rencontre en Ligue 1 depuis Nicolas Puydebois (avec Strasbourg contre Marseille le 17 mais 2008). Le scénario de la saison a fait de lui un gardien incontournable en France : il dirige la meilleure défense du championnat (20 buts encaissés seulement, devant Auxerre et Toulouse, 21). Le scénario de sa carrière a fait de lui un homme fort, sur le terrain et dans la tête. Gravement blessé au genou avec l'OM, il avait perdu sa place au profit de Steve Mandanda avant de rebondir à Toulouse et à Bordeaux. Ce qu'il vient de vivre dimanche correspond d'ailleurs aux performances de deux autres gardiens de l'équipe, Lloris et Mandanda, entre exploits et une pointe de fébrilité à corriger.
Au coeur d'une défense qui a commis trop de fautes, où Ciani a visiblement payé les efforts fournis lors de sa première titularisation en équipe de France (le défenseur central se fait expulser à la 32e et provoque le premier penalty), mais derrière un bloc défensif "réhaussé" grâce au travail des milieux Fernando et Plasil, Carrasso a eu trois plongeons côtés gauche à réaliser. Deux fois, sur les deux penalties (un troisième, réussi par Montaño mais annulée par M.Bré), et une fois sur le dernier coup franc de la partie. Les deux premiers ont été à la hauteur de son talent car contrairement à ce que peut laisser croire la boutade de René Girard, les tireurs héraultais avaient frappé avec détermination. Le dernier a vu le portier s'écrouler, poings et bras tordus sur un ballon flottant qui venait sur lui. Tout le poids d'une rencontre subie par son équipe a pesé dans ce geste hésitant. Si Bordeaux n'a toujours pas encaissé de buts sur penalty à domicile (aucun pour 4 penalties sifflés), les Girondins ont perdu deux points face un adversaire direct pour le titre. De quoi satisfaire l'autre Carrasso, Johan, qui poursuit sa convalescence (genou) au sein de l'effectif de... Montpellier.
LA REACTION DE LAURENT BLANC (entraîneur de Bordeaux) :
"Il (Cédric Carrasso) peut être satisfait de sa production, comme l'ensemble des joueurs. Il aurait été fantastique de prendre les trois points, mais il faut être honnête, après analyse du match, Montpellier aurait pu gagner. "
LA REACTION DE RENE GIRARD (entraîneur de Montpellier) :
A propos des penalties : "Il s'agit d'un exercice de maîtrise.C 'est toujours difficile dans des matches au sommet comme celui-là, les buts se mettent à rétricir."















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