Football - Ligue 1
08/02/2010 - 11:57Montpellier a réponse à tout

Montpellier a réussi la très bonne affaire du week-end en gagnant pendant que tous ses rivaux étaient au ralenti, voire à l'arrêt. Solide dauphin du leader bordelais, le promu héraultais a su éviter le piège à Boulogne samedi, une semaine après sa victoire de prestige face à l'OM.
Il y a d'abord eu le fameux "on joue le maintien". Normal, pour un promu. Puis le "tôt ou tard, les gros reprendront leur place". Soit, mais les gros sont tous, sauf un, derrière, voire très loin derrière. Et enfin le "on verra quand on aura 42 points", cap traditionnel du maintien. Or voilà Montpellier nanti aujourd'hui de 45 points. On peut donc voir. Le maintien, c'est donc réglé. Et à force d'enchainer les victoires (quatre de suite désormais en Ligue 1) et de cumuler les points, le gentil promu qui ne fait plus rire personne va bien devoir finir par se dévoiler.
Le plus impressionnant dans le parcours actuel des Héraultais, c'est leur faculté à s'adapter à toutes les situations. Il y a une semaine, ils s'imposaient à domicile, en costaud, face à un gros bras, l'Olympique de Marseille. Un succès grisant, euphorisant, qui rendait d'autant plus difficile le déplacement à Boulogne, nettement moins flashy, mais tellement plus piégeux. En vieux briscard, René Girard redoutait donc particulièrement le voyage dans le Pas-de-Calais. Mais son équipe, après un début de match laborieux, a fini par imposer sa supériorité. "Je craignais sincèrement ce match, explique l'entraîneur languedocien. En première période, on a eu de la réussite. On ne vient que deux-trois fois dans leur camp et on marque. Notre équipe est bien dans sa peau et on est sur une dynamique très favorable."
"On ne va pas tomber dans la connerie"
C'est le moins que l'on puisse dire et c'est plus vrai que jamais au terme de ce week-end. Montpellier est la seule équipe parmi les six premiers du classement à avoir gagné lors de cette 23e journée. Le club du président Nicollin a pris des points à tout le monde. Résultat, le voilà solidement ancré à cette deuxième place et s'impose comme un sérieux candidat à la Ligue des champions. Même le leader bordelais, sur lequel le MHSC a réduit de moitié son handicap (de 6 à 3 points) n'est plus si loin. A lors, où s'arrêtera Montpellier? "On ne peut pas dire, avance prudemment Girard. J'ai dit à mes joueurs que ce qu'ils font, c'est bien et qu'à chaque match il faut s'adapter. On essaie de pratiquer du jeu avec des joueurs qui n'ont que 19-20 ans. Ils enregistrent, ils apprennent et ont même pris quelques claques cette saison. On fait ce qu'il faut sans en faire trop. C'est plus facile de travailler dans de bonnes conditions. On est aux anges même s'il reste encore du boulot. Mais on ne va pas se poser trop de questions."
Girard a raison. Aujourd'hui, ce sont les autres qui posent les questions, en lui demandant, par exemple, s'il est raisonnable d'émettre la simple hypothèse d'un Montpellier champion de France en fin de saison. "Viser le titre? Non, pas du tout, a-t-il confié dimanche à l'AFP. Je n'y pense même pas. Il n'en a jamais été question, on ne va pas tomber dans la connerie parce qu'on est là aujourd'hui, il y a du monde derrière nous, des équipes mieux armées". L'ancien entraîneur des espoirs n'oublie pas que Bordeaux a déjà eu des dauphins inattendus cette saison, avec Auxerre puis Lille. Sauf qu'être deuxième après 23 journées, ça donne forcément une légitimité. "On a 45 points et on ne doit rien à personne. On n'a rien volé, rappelle Cyril Jeunechamp. Plus que notre classement, c'est notre total de points qui m'impressionne."
Montpellier s'agaçait qu'on ne parle pas assez de lui. Mais il se hérisse tout autant quand on l'installe dans un rôle qu'il réfute, celui de prétendant à quelque chose jugé inaccessible. "Ça sert à quoi de parler?, poursuit René Girard. A remplir des papiers. L'important, c'est le terrain. On ne s'est pas pris tête jusqu'à présent, on ne va pas se la prendre maintenant. On n'aura pas plus de points si je vous dit qu'on va être champion ou pas. La pression, on n'a besoin de personne pour se la mettre, on sait ce que c'est". Que de chemin parcouru en tout cas depuis l'été dernier. Quand Louis Nicollin affichait son ambition de terminer dans les 10 premiers, il passait pour un idéaliste. Les faits lui ont donné raison, mais bien au-delà de ses espérances. Jusqu'ici, tout le monde avait laissé le MHSC avancer tranquille. Il constitue désormais une menace, donc une cible. Toutes les équipes vont vouloir le stopper. Il a prouvé qu'il avait de la ressource, dans des contextes bien différents. Le week-end prochain, c'est la lanterne rouge, Grenoble, qui viendra à la Mosson. Ce n'est pas le promu qu'il viendra défier, mais le deuxième du championnat. Ça change tout.















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