Football - Ligue 1
27/06/2009 - 11:45Paris piétine encore
Le départ probable de Sébastien Bazin entretient encore le flou qui règne autour du PSG, désormais en quête d'un président. Si la révolution devrait se faire en douceur, elle traduit la difficulté du club à évoluer dans une structure stable et remet en question la stratégie de Colony Capital.
Beaucoup de bruit pour rien. C'est un peu le résumé de l'ère Colony Capital depuis que le fonds d'investissement américain est devenu l'actionnaire majoritaire du PSG. Les crises, qui n'ont jamais vraiment épargné le club de la capitale, continuent de se succéder, pas les titres. Les supporters parisiens, qui attendent depuis 1996 de remporter autre chose que la Coupe de France ou la Coupe de la Ligue, n'ont certainement pas fini de ronger leur frein. La saison prochaine semblait pourtant se dessiner dans un certain calme. La nomination rapide d'Antoine Kombouaré à la place de Paul Le Guen allait en tout cas dans ce sens. Mais, à moins d'une semaine de la reprise, Paris a trouvé le moyen de se retrouver une nouvelle fois sous les feux des projecteurs. En cette période de mercato, il aurait pu s'agir d'un transfert. Mais non, c'est pour un changement de président, le quatrième en seulement trois ans. A une semaine de la reprise de l'entrainement, et alors que Paris n'a toujours pas la moindre recrue, les supporters parisiens attendaient certainement une autre nouvelle.
Clerc à la place ?
Au moins, la révolution s'annonce calme même si tout reste relatif avec le PSG. Sébastien Bazin, l'homme de l'ombre qui a peu goûté la lumière des critiques d'une fin de saison ratée, a jugé bon de prendre du recul et les négociations concernant la venue de son successeur sont déjà bien entamées. Aucun candidat ne se dégage vraiment, même si le nom de Patrice Clerc, ancien président d'ASO, revient avec insistance. En tout cas, le profil recherché correspond à celui de Charles Villeneuve, nommé à la présidence parisienne il y a un an avant d'en avoir été évincé en février. Avec l'ambition personnelle en moins. "Il faut que la société (le PSG) soit à même de répondre aux engagements financiers et aussi d'investir dans un projet qui puisse porter le club au niveau d'ambitions qui m'a été exprimé lors de mon engagement. Je ne vois pas en effet comment nous pouvons continuer sur le mode de fonctionnement actuel de la société. Celui-ci doit être modifié sans plus de délai" , avait-il écrit dans la fameuse lettre adressée aux administrateurs du club qui avait scellé son départ. Son successeur est prévenu: il lui faudra assumer l'exposition due au statut de président du PSG et la frustration de ne pas être l'ultime décisionnaire des choix stratégiques du club, tâche qui restera dévolue à Bazin.
C'est là que se situe la limite de la stratégie de Colony Capital. Plus soucieux de ses intérêts financiers, l'actionnaire majoritaire du PSG continue de négliger celui du club. Au début du mois, le fonds d'investissement américain semblait pourtant enclin à prendre une nouvelle voie en annonçant une présence renforcée dans le capital du club, et notamment une rallonge du budget alloué aux transferts (15 à 20 millions d'euros, au lieu des 12 initialement prévus). Mais dernièrement, Bazin a reçu l'ordre de ne plus combler le déficit du PSG, ce qu'il avait encore fait cette saison en injectant pas loin de 10 millions d'euros. Paris va devoir trouver d'autres moyens, notamment en vendant des joueurs, pour assainir ses finances. C'est peut-être l'information la plus importante concernant le club de la capitale, bien plus que le départ de Bazin. "Bazin reste actionnaire ? Alors ça ne change rien !", confiait d'ailleurs un cadre de l'équipe, sous couvert d'anonymat, dans les colonnes du Parisien. Au moins, les joueurs ont intégré le fait qu'il y a beaucoup de bruit pour rien autour du PSG.

















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