Football - Ligue 1
27/11/2009 - 23:29L'énigme Kombouaré
Cinq mois après sa prise de fonction, Antoine Kombouaré n'a pas convaincu dans son costume d'entraineur du PSG, 13e de L1 avant de recevoir Auxerre samedi (19h00) lors de la 15e journée. Si sa stratégie et son discours font débat, l'entraineur parisien est aussi victime d'un contexte défavorable.
. UNE TACTIQUE BANCALE
Alors qu'on a déjà dépassé le tiers du championnat, Antoine Kombouaré est toujours à la recherche d'un schéma tactique fiable. Après avoir démarré la saison avec un 4-4-2, l'entraineur parisien a changé son fusil d'épaule pour passer à un 4-2-3-1. Sans plus de réussite. Le 4-4-2 manquait de percussion dans l'axe, principalement en raison du profil identique présenté par Claude Makelele et Jérémy Clément, deux récupérateurs qui ont du mal à se projeter vers l'avant. Dévolus aux ailes, Ludovic Giuly et Stéphane Sessègnon ont aussi affiché des limites à occuper les couloirs. L'ancien Monégasque n'a plus les jambes pour tenir 90 minutes à un poste particulièrement exigeant physiquement, tandis que le milieu béninois a eu trop tendance à repiquer dans l'axe, notamment pour pallier ce manque de percussion déjà évoqué. Et aussi par goût personnel.
C'est d'ailleurs ce qui a probablement poussé Kombouaré à passer à un 4-2-3-1. Mais Sessègnon n'est pas plus déterminant depuis qu'il est dans l'axe. Si l'ancien Manceau est en dessous du niveau affiché l'an passé, il n'est pas non plus mis dans les conditions idéales pour peser sur le jeu de son équipe. Dans ce schéma, utilisé à Marseille notamment, il y avait embouteillage dans l'axe car Paris ne dispose pas de véritables joueurs de couloirs dans son effectif. Aligné à gauche, Peguy Luyindula a fait ce qu'il a pu. Mais il n'a pas les qualités de vitesse et de dribble requises pour évoluer sur l'aile. Son alter-ego à droite, Christophe Jallet, a davantage fait parler ses qualités naturelles de défenseur que celle du contre-attaquant espéré par Kombouaré. Qui pourrait être tenté de mettre en place ce 4-4-2 en losange évoqué avant le début de la saison, et plutôt efficace dans le dernier quart d'heure au Stade Vélodrome.
. UN DISCOURS INEFFICACE
C'est peut-être encore plus inquiétant que le problème tactique. Depuis son arrivée, Antoine Kombouaré a voulu restaurer à Paris cette culture de la gagne qui était celle du PSG du temps où il était joueur. Cette époque où le club de la capitale savait gagner en jouant mal, profiter de la moindre erreur de l'adversaire et avoir la rigueur nécessaire pour ne pas en faire. Son discours va dans ce sens, ses colères dans le vestiaire également, mais la réalité du terrain est bien différente. Si l'on excepte le match face à Lille (3-0), Paris a pris au moins un but par match et affiche une défense laxiste plutôt que rigoureuse, à l'image du but concédé lors de la défaite à domicile face à Nice (0-1) avec un repli défensif inexistant.
Une réalisation de Loïc Rémy intervenue dans les derniers instants du match qui n'a fait que confirmer les difficultés du PSG à tenir un score. A Montpellier, à Monaco, à Toulouse ou face à Lyon, le club de la capitale a concédé des buts décisifs dans les dernières minutes. Un relâchement coupable qui contraste avec la volonté de vaincre que souhaite instaurer Kombouaré. "Ce qui est rageant, c'est que ce n'est jamais tout mauvais ou tout bon. Je suis toujours sorti frustré de nos matches. A Marseille, il n'y a peut-être que trois joueurs qui ont répondu à mes attentes", a-t-il lâché. L'impuissance de l'entraineur parisien à faire appliquer ses volontés est manifeste. Les joueurs ont peut-être aussi leur part de responsabilités. La chance aussi.
. UN CONTEXTE DEFAVORABLE
Depuis le début de la saison, le PSG n'a pas forcément subi une hécatombe au sein de son effectif. Mais il a cependant été privé à chaque match d'au moins un élément majeur de son onze de départ. Et si la défense parisienne a affiché autant de fébrilité, c'est surtout parce que Zoumana Camara a manqué les trois premiers mois du nouvel exercice sur blessure. Son remplaçant, Sammy Traoré, a plutôt bien démarré le championnat avant de connaitre une baisse de régime qui a coïncidé avec la chute du club francilien au classement. De retour face à Marseille, Camara a livré une prestation plutôt convaincante aux côtés de Mamadou Sakho en charnière centrale, malgré la défaite. La défense parisienne affichera peut-être un peu plus de sérénité quand son élément de base aura retrouvé le rythme.
L'autre grand absent parisien depuis le début de la saison s'appelle Guillaume Hoarau. Meilleur buteur du club de la capitale la saison passée avec 17 réalisations, le Réunionnais devait former avec Mevlut Erding un duo d'attaque redoutable, alliant vitesse et puissance. C'est dans cette optique que Paris avait déboursé 9 millions d'euros pour s'attacher les services du Sochalien, que Kombouaré souhaitait absolument, soit la quasi-totalité du budget consacré au recrutement. Ces deux joueurs n'ont évolué ensemble que pendant 19 minutes depuis la reprise, à Valenciennes (2-3). Et Hoarau, victime de pépins physiques à répétition, ne reprendra pas la compétition avant janvier. Un coup dur pour Paris et Kombouaré. Si la méthode tarde à porter ses fruits, c'est aussi parce que l'entraineur parisien n'a jamais pu aligner son onze de départ idéal.

















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