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Un mini remaniement

Un mini remaniement
Par Eurosport

Le 15/11/2010 à 17:55

Après chaque week-end de Ligue 1, retrouvez les leçons et réflexions qui s'imposent à nous. Plus compact que jamais, le classement peine à offrir une hiérarchie claire. Celle-ci ne bouge qu'à la marge. Derrière Brest, leader au ralenti, Lille s'impose comme le nouveau dauphin. Même Lyon revient...

Tiens, qui a la meilleure attaque?
LE LOSC CARTONNE A NOUVEAU

Ce fut la grande histoire de l'automne 2009. En novembre-décembre, l'an dernier, Lille avait mis le feu à la Ligue 1 en inscrivant 23 buts en six matches, entre la 14e et la 19e journée. Ce week-end, le LOSC a réussi un carton dans cette lignée à Caen (2-5). Le trio Hazard-Gervinho-Sow, avec un triplé pour le dernier nommé, a détruit la défense normande. Les Lillois ont inscrit autant de buts à Caen que les huit autres équipes qui évoluaient en déplacement lors de cette 13e journée! Du coup, voilà les hommes de Rudi Garcia à la deuxième place et nantis, oh surprise, de la meilleure attaque, avec 22 réalisations. Car les Lillois n'ont pas attendu le carton de d'Ornano pour faire trembler les filets. Après un mois d'août poussif (1 but en 4 matches et trois 0-0 consécutifs), toutes compétitions confondues, Lille a toujours marqué au moins un but à chaque match. Cela fait 17 rencontres que ça dure. Une autre forme de série impressionnante. Mais Rudi Garcia prévient. Il n'est pas question d'une orgie offensive comparable à celle de la saison passée à la même époque. "On n'est pas près de revoir ça", juge l'entraineur nordiste. N'empêche. Le potentiel lillois dans ce domaine a de quoi inquiéter la concurrence. Sans maintenir l'infernal carburation d'il y a 12 mois, le LOSC a les moyens de prendre le pouvoir dès la semaine prochaine avec la venue de Monaco au Stadium Nord. Bon courage, Guy Lacombe.

6 matches pour recoller, 6 matches pour savoir?
LE MYSTERE LYON

Au soir de leur défaite à domicile face à Saint-Etienne (0-1, 7e journée), la tentation d'éliminer l'Olympique Lyonnais de la liste des prétendants pouvait être grande. Absurde. La saison dernière, Marseille était à 9 points de Bordeaux après 22 journées. On connait la suite. Lyon n'a plus perdu depuis ce maudit derby. Et l'étonnant scenario de ce championnat d'escargots (voir ci-dessous) a accéléré le retour de l'OL. Après sa victoire face à Nice dimanche soir (1-0), le club du président Aulas ne pointe certes qu'au 8e rang, mais à trois points seulement de la première place. Pour autant, le mystère reste entier. Lyon n'a plus perdu depuis 6 matches en L1 (4 victoires, 2 nuls), mais son jeu apparait plus pauvre aujourd'hui que lors de certaines défaites du mois de septembre. A l'exception de celle face à Lille, les récentes victoires rhodaniennes ont été obtenues contre des équipes situées entre la 13e et la 19e place. Difficile donc de situer vraiment cette équipe. Le mois qui vient devrait nous éclairer davantage. D'ici la trêve, soit lors des six prochaines journées, l'OL croisera notamment la route du Paris-Saint-Germain, de Marseille et de Montpellier, mais aussi d'Auxerre et Lens (dès dimanche prochain pour le RCL), deux équipes sur une pente ascendante. Comme Lyon.

La stat-clef: 4.
LA FRANCE, UN CAS A PART

C'est une tendance qui s'affirmait depuis déjà quelques semaines. Mais ce week-end, le phénomène a pris une nouvelle ampleur. Le Championnat de France n'a pas de patron. Au tiers de la saison, il n'y a que quatre points entre le leader, Brest, et le 12e, Toulouse. Cette curiosité fait de la Ligue 1 un cas unique en Europe. A titre de comparaison, en Allemagne, après 12 journées, Dortmund, leader, compte... 17 points d'avance sur le 12e, Wolfsburg. Idem en Espagne entre le Real et Osasuna. Les proportions sont un peu moins importantes en Angleterre (12 points entre Chelsea et West Brom) ou en Italie (11 entre le Milan et la Fiorentina), mais tellement plus importantes qu'en France. Pas sûr que cet embouteillage constitue un gage de qualité... Au moins, il y a du suspense. Le week-end prochain, le fauteuil de leader sera en jeu sur... 7 des 10 stades. Surréaliste, pour une 14e journée. A ce train-là, Arles-Avignon, invaincu depuis deux journées, va finir par revenir dans la course au titre.

La décla qui parle
FREDO LA DEPRIME

Est-ce le coup de moins bien de son équipe, qui n'a plus gagné en Ligue 1 depuis maintenant un mois et demi? Est-ce le temps pourri qui sévit ces derniers jours? Allez savoir. En tout cas, Frédéric Antonetti nous a fait un bon petit coup de déprime dimanche soir à l'Abbé-Deschamps. Lors de sa conférence de presse d'après-match, l'entraîneur rennais est apparu un peu au bout du rouleau. Lassé de tout. De son bourreau du soir, d'abord, l'AJA. "Auxerre, et c'est une équipe qui a la réussite, la chance depuis un an et demi. Leur marque de fabrique, c'est de ne rien faire et de vous planter deux flèches. Mais cela n'enlève pas leurs mérites aux Auxerrois, car ce n'est pas évident de tenir comme ça dans ses trente derniers mètres." Sur ce, s'en est suivi un couplet sur son ras-le-bol de lancer dans le grand bain des jeunes talents dont il ne récoltera pas durablement les fruits. "M'asseoir devant la télé le mardi ou le mercredi pour voir en Ligue des champions des joueurs que j'ai lancés, ça ne m'intéresse plus." Il faudra voir dans la semaine, lors de sa prochaine sortie, si Antonetti a retrouvé son ironie mordante, mais sans l'aigreur qui caractérisait ses propos dimanche. Peut-être la perspective du derby breton face à Brest suffira-t-elle à lui redonner un peu le sourire.

L'EQUIPE TYPE

Forte présence lilloise, évidemment. D'autres attaquants ont tiré leur épingle du jeu ce week-end, mais il était difficile de dissocier le trio Sow-Gervinho-Hazard, qui n'a sans doute pas fini de faire tourner les têtes cette saison. Avec eux, Yoann Cabaye complète la représentation lilloise dans notre 11 de la journée. Le LOSC est la seule formation à compter plus d'un joueur dans cette équipe. Au poste de gardien de but, Fabien Audard, impérial face au PSG même s'il a fini par céder, s'impose.

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