Gervais Martel est en colère. Depuis samedi soir, le président du Racing Club de Lens n'a pas digéré. La triste prestation de ses troupes face à Toulouse (0-1) n'est pas passée. "Merde, on est à Bollaert", a-t-il lancé à la sortie de la rencontre. Deux jours après, il est toujours furieux. Mais lundi, il est surtout agacé par un article paru dans L'Equipe ce matin, intitulé "Courage, fuyons...". Et il a décidé de prendre la parole dans une longue interview publiée sur le site du club pour répondre. Il défend d'abord l'organisation de son club : "En ce qui concerne les salariés grassement payés, il n'y a pas un poste qui est supplémentaire au club", dit-il. Assume ensuite le fait "d'être en première ligne" ("C’est le rôle d’un président"). Et met surtout les choses au clair sur les rumeurs qui l'annoncent sur le départ en cas de relégation.
Contrairement à ce qu'il avait déclaré il y a quelques semaines, le président laisse entendre qu'il ne quittera pas le RCL si celui-ci devait être rétrogradé en Ligue 2 : "Autant, il y a quelques semaines, j’ai dit que je n’avais pas envie de repartir dans une autre division. Autant aujourd’hui, je ne suis pas quelqu’un qui laisse tomber les gens en pleine tempête. Si d’aventure nous avons quelques difficultés, on ne va pas sauter dans la chaloupe". Profitant de l'occasion, il annonce qu'un permis de construire a été signé pour la rénovation du Stade Bollaert, comme preuve de sa bonne entente avec les instances politiques locales. Mais surtout, il affirme encore qu'il ne compte pas baisser les bras : " Je n’ai pas l’habitude de fuir, lance M. Martel. J’ai toujours assumé ce club depuis 23 ans ! Et je vais continuer à l’assumer seconde après seconde, heure après heure. Et si d’aventure, on était battu par meilleur que nous, on assumera ce qui se passera ensuite. Arrêtez de faire croire qu’il va y avoir un dépôt de bilan et que le club va repartir de je ne sais où… J’assumerai !"
Il espère bien voir son équipe avoir le même état d'esprit. Car si Lens est maintenant 19e du championnat à quatre points du premier non-relégable après ce septième match sans victoire consécutif, Martel y croit encore : "Il nous reste onze matches de championnat, c’est onze guerres dans le bon sens du terme. Ça veut dire 33 points à prendre ou à perdre (…) On est dans la tempête, mais j’ai bien l’intention en tant que capitaine du navire d’essayer de ramener ce navire à bon port et de le maintenir en Ligue 1. J'attends une réaction." Et il en est persuadé : aucun joueur n'a lâché le coach. "On a été nul mais personne n'a lâché l'entraîneur."
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