Football - Ligue 1
10/09/2010 - 08:38 - Mis à jour le 10/09/2010 - 10:10Toulalan panse ses plaies

Encore marqué par la Coupe du Monde, Jérémy Toulalan raconte dans L'Equipe qu'il a vécu "un été et un début de saison catastrophiques". Non retenu lors des deux derniers matches des Bleus, l'international aux 36 sélections aspire avant tout à "redevenir performant avec Lyon".
Il a décidé de parler. "Parce qu'il voulait que ça se calme". Parce qu'il "pensait que la meilleure réponse serait sur le terrain" et que "cela n'a pas été le cas". Parce que durant la trêve internationale, qui a vu l'équipe de France perdre contre la Biélorussie (0-1) et gagner en Bosnie (2-0) sans lui, "on n'a pas arrêté de poser des questions". Muré dans un silence assourdissant depuis deux mois, Jérémy Toulalan a vécu "un été et un début de saison catastrophiques". Dans les colonnes de L'Equipe, le milieu de terrain lyonnais confie "avoir besoin de passer à autre chose pour être serein". Autrement dit : tourner la page de Knysna, de cette fameuse grève du 20 juin, en pleine Coupe du monde, où sa responsabilité dans la rédaction du communiqué des mutins lui a valu d'être sanctionné. Suspendu un match, l'international aux 36 sélections "sait que (son) image a été écornée".
L'épisode sud-africain le fera "peut-être grandir, mais avec des cicatrices". Car la plaie n'est pas refermée. "Ça me touche, ça me marque, ça sera toujours là, mais je suis plus marqué par ce qui s'est passé en Afrique du Sud que par la sanction. Elle me touche, mais moins que le retour en France, les jours qui ont suivi, les vacances." Ses vacances ? Toulalan "n'est pas sorti" et "a eu du mal à trouver le sommeil". "Je passais mes journées sur le transat, à côté de la piscine, sans regarder la télé ni les lire les journaux." Rongé par un sentiment de culpabilité, l'ancien Nantais fuyait le regard du public. "J'ai mangé une fois dehors, dans une cafétéria Leclerc parce qu'on venait faire des courses, raconte-t-il. J'étais derrière un gros pot de fleur, dos à la salle et, de toute façon, je baissais la tête."
"Si j'avais été sélectionneur, je ne me serais pas pris"
Avec Lyon, Toulalan tarde à la relever. Son repositionnement s'est accompagné d'une fébrilité étonnante. "J'étais d'accord pour jouer en défense centrale", répond-il à ceux qui "reprochent ça au coach". Pour justifier son rendement, il évoque un contrecoup "plus psychologique que physique". "J'ai compris quelque chose cet été. Moi qui joue beaucoup au mental, je pensais que c'était 60% de la performance. Maintenant, je pense que c'est 70 à 80%." Mal dans sa tête, le Lyonnais n'a pas été retenu par Laurent Blanc pour les deux dernières sorties des Bleus. Le sélectionneur estimait qu'il n'était "pas incontournable à son poste". "Je n'étais performant, acquiesce l'intéressé. C'était logique qu'il ne me prenne pas. Cela m'a fait chier de ne pas être dans la liste, oui, mais cela ne m'a pas choqué. Si j'avais été sélectionneur, je ne me serais pas pris."
Pour retrouver grâce à ses yeux, Toulalan doit "redevenir performant avec Lyon". Samedi soir, à Valenciennes, il remontera d'un cran. Au milieu de terrain, où "il a plus de chances de trouver des repères". Mais il prévient : "A moyen ou au moins à long terme, je pense que je retournerai en défense." N'en déplaise à Laurent Blanc.















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