Bâti à coups de millions, le PSG 2012-2013 sera taillé pour survoler une Ligue 1 qui lui a filé sous le nez l'an passé. Mais, surtout, pour briller sur la scène européenne. En enrôlant Ezequiel Lavezzi, Thiago Silva et Zlatan Ibrahimovic, Paris s'est donné les moyens de ses nouvelles ambitions. Carlo Ancelotti ne s'en plaindra pas : il aura l'embarras du choix. Très vite, l'entraîneur italien sera confronté à un problème de riches.
LE SYSTÈME : Un 4-3-3 modulable
Le cadre est déjà défini : cette saison, le PSG "jouera toujours avec quatre défenseurs, trois milieux axiaux et trois attaquants, un dans l’axe et un sur chaque côté". Il y a une dizaine de jours, dans L'Equipe, Ancelotti avait clairement esquissé les contours de ce qui ressemble comme deux gouttes d'eau à un 4-3-3. Les deux premiers matches amicaux, face aux modestes autrichiens de Stegersbach (9-0) et au CSKA Moscou (2-2), ont amorcé la tendance : le système parisien sera pourvu d'un authentique buteur. Dans ce registre, Zlatan Ibrahimovic écrasera forcément la concurrence de Kevin Gameiro et de Guillaume Hoarau. L'expérience du système sans avant-centre ne sera a priori pas perpétuée. Ou alors, avec parcimonie, quand les circonstances l'exigeront. Car Ancelotti a suffisamment répété depuis le début de la préparation estivale combien son système n'était pas gravé dans le marbre. "Il pourrait y avoir des variantes", a prévenu l'Italien. Si bien que "parfois", le PSG "jouera peut-être avec un meneur de jeu derrière deux attaquants".
LE STYLE DE JEU : Du mouvement, rien que du mouvement
Comme tout technicien qui se respecte, Ancelotti voit au-delà du système. Son obsession ? L'animation. L'Italien attend que 2012-2013 marque un vrai tournant dans l'expression collective du PSG. Après une saison de rodage, le jeu parisien ne doit plus reposer sur les seuls éclairs individuels. "Le plus important, soulignait Carletto dans L'Equipe, ce seront les déplacements de nos joueurs entre les deux lignes adverses, celles des milieux et des défenseurs. Il faudra des bons mouvements avec la montée d’un milieu ou un ailier qui repique vers l’intérieur. C’est cette animation qui sera capitale, plus que la position théorique des attaquants." Claude Makelele, le bras droit d'Ancelotti, résume : Paris aspire à développer un "jeu rapide, simple et efficace". Bref, à cultiver cette fluidité qui lui avait manqué pour coiffer Montpellier au poteau. Ce n'est sûrement pas anodin si Javier Pastore évoluera un cran plus bas. Dans un rôle de relayeur, le stratège argentin sera censé élargir son terrain d'expression. Et donner du liant au jeu parisien.
LA CONCURRENCE : "Les meilleurs seront titulaires"
Pour conquérir sa place, il faudra jouer des coudes. Ancelotti le sait : la gestion de son effectif - pléthorique - lui promet des casse-têtes... et sûrement les recadrages qui vont avec. "Il faudra pouvoir tourner, gérer les temps de jeu, convient-il. A chaque match, il y aura seulement onze joueurs sur le terrain." L'ancien coach de Chelsea et de Milan promet que ses choix seront dictés par la réalité du terrain. En aucun cas par celle du carnet de chèques. "Les meilleurs joueurs seront titulaires", jure-t-il.
Au milieu de terrain, le trio Motta-Sissoko-Pastore devrait reléguer Bodmer, Chantôme, Matuidi et Verratti sur le banc. Du moins, dans un premier temps. Les cas les plus épineux concernent la charnière centrale et l'attaque. Derrière, la place de Thiago Silva - "l'un des meilleurs défenseurs du monde", dixit Ancelotti - ne se discute pas. Le Brésilien devrait être associé à son compatriote Alex. "C'est une bonne charnière", sourit Ancelotti. Le duo auriverde risque d'assombrir considérablement l'avenir de Mamadou Sakho dans la capitale. Officiellement, son entraîneur compte sur lui. L'international français ne l'entend pas de cette oreille. Il est prêt à faire ses valises pour ne plus cirer le banc. Sakho le côtoyait déjà lorsque la concurrence s'appelait Alex, Bisevac, Camara et Lugano. Avant même l'arrivée de Thiago Silva.
Dernière interrogation, et non des moindres : qui épaulera Zlatan Ibrahimovic aux avant-postes ? Les premiers pas d'Ezequiel Lavezzi se sont avérés convaincants. Face au CSKA, l'Argentin était aligné à gauche. Sur le territoire de Nene. Le Brésilien a donc dû s'exiler sur le flanc droit. La concurrence avec Jérémy Ménez s'y annonce explosive. En dépit de son rendement (21 buts et 11 passes décisives en 2011-2012), Nene ne bénéficiera d'aucun passe-droit. Carlo Ancelotti l'a mis en garde : "Dans un grand club, il y a de la concurrence."

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