Entre le 6 juillet 2010, date où Bastia est administrativement relégué en CFA et le 1er mai 2012, où le club revient en Ligue 1, moins de deux ans se sont écoulés. Vingt-deux mois exactement pendant lesquels le Sporting a tout connu. Le pire, à savoir les batailles juridiques (jusqu'au CNOSF) pour débuter la saison 2010-2011 en National après la première descente de son histoire au troisième échelon depuis son accès au professionnalisme. Mais aussi le meilleur: deux montées successives agrémentées de deux titres de champion pour aujourd'hui évoluer devant un Furiani plein. Le club possède même le taux de remplissage le plus fort (88,9%) de Ligue 1.
Le point de départ de ce retour au plus haut niveau, c'est l'arrivée de neuf repreneurs locaux en octobre 2009. Parmi eux, Jean-Nöel Filippi, dont le père Jean-François avait été président du Sporting et l'oncle directeur sportif pendant l'épopée de 1978. Filippi a vu "tous ses repas de famille bercés d'anecdotes sur cette campagne européenne et sur le recrutement de Johnny Rep". "C'est la période charnière en termes de réactions, de décisions et de prise en main, raconte-t-il. Le club avait touché le fond. Des projets de reprise avaient avorté. Il n'avait plus de tête. Le public? 1500-2000 spectateurs en souffrance par rapport à l'avenir du club. Il fallait réagir."
"Dans un bureau caché, on pensait à la Ligue 1"
Le club est alors lanterne rouge de Ligue 2. Il engage Faruk Hadzibegic mais ne parvient pas, malgré une bien meilleure deuxième partie de saison, à se sauver. Pire, la DNCG décide sa rétrogradation en CFA. "Financièrement, le club n'était pas si malade que ça, se souvient Filippi. Mais il était à bout de souffle." L'effort des neuf hommes des mois durant crée un engouement. Et la région décide de mettre la main à la poche. "Consciente de la réalité sociologique du club, elle nous a accordé une aide exceptionnelle. Le Sporting était une institution et elle allait disparaître. Il y a eu une vraie prise de conscience."
Nous somme en août 2010 et le club corse découvre donc le championnat National. Frédéric Hantz est choisi pour diriger une équipe qui a besoin de stabilité et de sérénité. "C'était l'homme de la situation, explique Filippi. On avait besoin d'un climat de confiance et il a cette loyauté. C'est quelqu'un de simple dans son approche. Aujourd'hui, on peut dire que c'était une évidence." A tel point que Bastia retrouve de suite la Ligue 2 avec un record de points à la clé (91). "Hantz, c'est une réussite, confirme André di Scala, manager de l'équipe de Corse. Il a changé la façon des dirigeants de voir le football, d'anticiper les montées."
Mais la Ligue 2, le Sporting ne veut pas s'y attarder non plus. C'est un promu ambitieux. "Dans un bureau caché, entre nous, l'objectif c'était la Ligue 1, avoue Filippi. C'était peut-être présomptueux mais une évidence que la place du club était en L1". Des joueurs d'expérience (Rothen, Maoulida) arrivent. "C'est la crédibilité du coach et son discours qui les a convaincus". Le noyau dur reste et l'alchimie prend. Le 2 mai dernier, quelques jours avant le 20e anniversaire de la catastrophe de Furiani, le Sporting valide sa montée. Un symbole pour le club porte-drapeau de l'île.
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