A Toulouse, Saint-Etienne, Bordeaux ou encore Nantes, Elie Baup a toujours fait confiance à un onze-type. C'est la même chose à Marseille. Depuis qu'il a pris les rênes de l'OM, le coach à la casquette a très peu modifié son équipe de départ. Sept joueurs marseillais (Mandanda, Fanni, Nkoulou, Morel, Kabore, Valbuena et Gignac) ont ainsi débuté tous les matchs officiels depuis le début de la saison. Les seuls changements ont été opérés lorsque Baup n'avait pas le choix. Ainsi, Mbia, Amalfitano et Cheyrou sont sortis de l'équipe pour cause de suspension. Et André Ayew n'a pas fait le déplacement d'Europa League en Moldavie pour cause de blessure à la cheville. S'il n'avait pas eu à subir ces contrariétés, Baup aurait peut-être aligné cinq de fois de suite la même équipe...
BAUP A RAISON
Titulariser pratiquement toujours les mêmes joueurs présente plusieurs avantages. La mise en place d'un jeu collectif s'effectue plus rapidement. Or, Baup insiste tous les jours sur cet aspect. Le groupe prime sur l'individu. Une véritable obsession pour l'ancien consultant qui ne veut jamais insister sur la performance d'un joueur en particulier. "Je suis dans le travail au quotidien, fait-il souvent remarquer pour mieux faire comprendre sa philosophie de jeu. J'essaie de donner une dimension conséquente à notre collectif. Pour cela, il faut réussir à offrir des solutions au porteur du ballon. Et mettre du rythme dans notre jeu." Seule l'animation du jeu compte aux yeux du technicien olympien.
Cette stratégie commence à porter ses fruits. Si le jeu collectif des Marseillais est encore très loin de celui du Barça, il n'en demeure pas moins que l'OM montre un autre visage que la saison passée. "On se rend compte qu'il y a un groupe plus solidaire, relève Steve Mandanda. On fait plus les efforts les uns pour les autres. Forcément, c'est mieux." Garder les mêmes joueurs sur la pelouse permet aussi de créer de véritables automatismes entre eux. Le duo Kabore-Cheyrou est ainsi devenu une pièce maîtresse du puzzle phocéen. Et l'entente entre les trois milieux offensifs (Valbuena, André Ayew, Amalfitano) et Gignac se fait de plus en plus visible.
BAUP A TORT
Pour expliquer sa propension à ne pas faire tourner son effectif, Elie Baup joue la carte du physique. Pour lui, les Marseillais sortent d'une phase intense de préparation. Ils sont donc en pleine bourre. "Je sais que je peux me permettre de tirer sur la corde, avoue-t-il. Car on est en début de saison." Mais à trop vouloir utiliser les mêmes joueurs, le coach marseillais ne va-t-il pas les user trop rapidement ? En Moldavie, Baup aurait pu faire reposer plusieurs joueurs cadres. Mais il a préféré aligner son équipe-type, privée seulement de Cheyrou, suspendu, et André Ayew, blessé. Sous les ordres de Baup lorsqu'il évoluait à Saint-Etienne, Damien Perquis a connu l'exil prolongé sur le banc. Il raconte. "Dans son mode de fonctionnement, le coach faisait toujours confiance à onze type, témoigne-t-il. Si on prend les feuilles de match de l'époque, c'est toujours la même équipe qui débutait. Quand vous ne faites pas partie des onze, c'est compliqué..."
Arrivé cet été de Nantes, Florian Raspentino est pour le moment la seule recrue de l'OM. Il n'a disputé que 33 minutes depuis le début de la saison. "Je sais qu'il faut travailler pour gagner ma place, avoue le milieu de terrain marseillais. Contre Sochaux, j'ai joué deux minutes. C'est déjà bien pour une première. Mais je suis ambitieux. J'ai envie de gagner ma place au sein de l'équipe. Tout le monde va avoir sa chance. Après, il faut savoir la saisir. Il ne faut pas oublier que l'on joue quatre compétitions. J'espère pouvoir rentrer un peu plus dans l'équipe." Ne garder sous pression que 12 ou 13 joueurs n'est pas forcément une bonne solution. Car les autres joueurs peuvent se sentir exclus du système.
Si Elie Baup n'a jamais été un inconditionnel du turn-over, les circonstances marseillaises l'obligent aussi à poursuivre dans sa stratégie. Car beaucoup de joueurs ont quitté le navire olympien. Et seul un joueur est venu renforcer l'équipe. Mis à part Rafidine Abdullah, les jeunes sont encore trop tendres pour enchaîner les matches de Ligue 1. Baup semble donc condamné à croiser les doigts pour ne pas avoir de pépin dans son équipe. "Je vais me démerder", expliquait vendredi le coach marseillais. Et si c'était ça le système Baup ?





AFP




















