Il n’est pas facile pour un promu d’entamer sa saison après 33 ans d’absence en Ligue 1 contre l’Olympique de Marseille. Timoré en début de match, Reims s’est lâché en seconde période. Face à une équipe de Marseille qui a joué il y a trois jours en Europa League, la condition physique a été un point clé. Surtout, la gestion des temps faibles et des temps forts a fait pencher la balance vers le Sud. Le système d’Elie Baup a une nouvelle fois montré son efficacité et sa solidité malgré un passage à vide qui aurait pu coûter cher.
Le début de match a donné le ton. Reims n’espérait pas avoir la possession du ballon et ne l’aura jamais dans ce match. Marseille peut ainsi se mettre en place et construire ses actions. Bémol, malgré des transmissions appliquées et une maîtrise technique certaine, l’animation offensive est parfois trop prévisible. Les mouvements manquent de variété, le manque de profondeur pose problème pour mettre véritablement en danger la défense rémoise. André-Pierre Gignac est surtout redescendu bas pour toucher le ballon. La position très libre des trois milieux offensifs n’a pas été aussi criante cette fois-ci. Ainsi, en première mi-temps, André Ayew est resté sur son côté gauche avec une rigueur étonnante alors qu’il semblait enfermé. Pourtant, l’OM a réalisé des actions collectives de grande qualité, amenant à des situations dangereuses, mais cela n’a pas été assez régulier. L’activité de Mathieu Valbuena permet pourtant à Marseille d’avoir un appui sur toute la largeur et rapidement changer de côté si une solution le permet. Finalement, la présence de Morgan Amalfitano a manqué à cet OM qui n’a pas pu bénéficier de sa justesse technique et de ses ouvertures lumineuses.
Des phases de jeu intéressantes par intermittence
Jordan Ayew avait une belle chance de se mettre en avant. Pourtant, sa prestation a été médiocre tout au plus. Ses dix premières minutes annonçaient un bon match, ses déplacements dans la diagonale pour venir dans l’axe ont posé des problèmes à la défense champenoise. Par la suite, il a totalement disparu de la circulation et n’a jamais réussi à apporter de la vivacité à l’attaque olympienne qui en avait pourtant bien besoin. Finalement, son improductivité côté droit n’aurait pas eu un effet important si Azpilicueta était à 100%, mais le latéral droit espagnol n’avait pas les jambes pour monter à chaque offensive. Toujours dans une position de regista, Cheyrou a été plus à l’aise que lors des derniers matches, la circulation du ballon a été remarquable, il en a été un des artisans. Pour Kaboré également, il y a eu du mieux dans les transmissions et il a le mérite de tenter des passes parfois compliquées ce qui entraîne du déchet (32 ballons perdus pour Kaboré et Cheyrou). Marseille a donc réussi quelques phases de jeu intéressantes, mais l’inconstance ne permet pas, pour le moment, à Marseille de pouvoir s’asseoir sur un nombre important d’occasions si le réalisme ne suit pas.
L’OM n’hésite pas à prendre le contrôle du match et à se positionner haut pour mieux asphyxier son adversaire. Si on a pu noter lors des derniers matchs un manque de replacement défensif des trois milieux offensifs après les nombreux mouvements qui les poussent à ne plus être en place, cette fois c’est avant tout physiquement que les milieux n’ont plus tenu ce travail défensif. Kaboré et Cheyrou n’étant pas des récupérateurs dans l’âme, ils ratissent et récupèrent toutefois beaucoup de ballons (29 à eux deux sur ce match) mais ont des absences, que ce soit en terme de marquage, de pressing ou dans leur intervention. Quand la structure OM, quand cette base ne suit plus, l’équipe olympienne est alors vulnérable. Morel n’étant toujours pas capable de tenir son couloir gauche pendant tout un match, des possibilités de centrer, des espaces entre les lignes et les ballons dans la profondeur vont alors mettre en danger une défense marseillaise pas encore tout à fait au point.
Un équilibre attaque-défense qui tient sur un fil
Ne nous y trompons pas, c’est cette faculté à être imprévisible et à favoriser les échanges de position qui permet à l’OM d’être dangereux et de pousser l’adversaire à commettre des erreurs. Les occasions sont bien là (17 tirs, 8 cadrés), le réalisme ne l’a pas été cette fois-ci. Justement, si Reims avait su se montrer réaliste (14 tirs, seulement 4 cadrés), Marseille aurait dû courir après le score. Cette gestion du temps faible n’a pas forcément été bien gérée par les hommes d’Elie Baup quand on regarde les situations dangereuses concédées. Si les Champenois n’ont pas mis les occasions au fond, les futurs adversaires de l’OM ne seront pas toujours aussi maladroits devant le but. L’alchimie commence à prendre, la prestation collective reste correcte quand on voit comment Marseille a su faire le dos rond avant de s’imposer.
Cet équilibre entre la mise en place d’une attaque, la perte du ballon et la gestion du pressing pour le récupérer n’est pas encore au point. Elie Baup en a bien conscience, mais son projet de jeu passe par là. Marseille marquera des buts cette saison, en concédera aussi, mais cherchera toujours à mettre en avant le jeu : "On a une animation offensive forte, portée par quatre joueurs offensifs dans notre schéma de jeu, et quand on a des milieux relayeurs comme Benoît Cheyrou et Charles Kaboré qui viennent en plus ajouter une note offensive, des latéraux qui participent, tout cela forme une bonne dynamique offensive. C’est d’ailleurs ce pourquoi on a aussi un jeu que je considère un peu comme un jeu à risques, parce qu’on a une telle volonté d’aller vers l’avant, et il y a une telle animation offensive que parfois, on se retrouve dans des contres et des situations qui donnent des possibilités à l’adversaire d’atteindre de trop près notre but. Il va falloir corriger cela pour le prochain match."
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